Paul Manafort: 43 mois de plus en prison

Etats-UnisA nouveau condamné, l'ex-directeur de campagne de Donald Trump a vu sa peine passer de 47 à 90 mois d'emprisonnement.

L'ex-directeur de campagne de Donald Trump écope au total de sept ans et demi de prison.

L'ex-directeur de campagne de Donald Trump écope au total de sept ans et demi de prison. Image: Archive/AFP

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, devrait passer sept ans et demi derrière les barreaux après sa deuxième condamnation mercredi pour des malversations dans le cadre de l'enquête russe. Il a aussi été inculpé, pour fraude, à New York.

L'ex-consultant républicain de 69 ans a écopé à Washington d'une peine de 73 mois de détention pour avoir dissimulé des activités de conseil auprès d'Ukrainiens pro-russes et pour avoir demandé à des témoins de mentir à la justice.

Trente mois de cette sentence seront fusionnés avec la peine de 47 mois de prison que lui a infligée la semaine dernière un tribunal fédéral de Virginie pour des fraudes fiscales et bancaires, selon la décision de la juge Amy Berman Jackson.

Paul Manafort n'est «ni l'ennemi public numéro un, ni une victime», a-t-elle déclaré en soulignant que les faits jugés par son tribunal n'avaient rien à voir avec une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016. Ce sujet, au coeur des investigations du procureur spécial Robert Mueller, «n'a pas été soumis au tribunal. Point barre», a-t-elle dit.

«Mensonges répétés»

Dans sa décision, la magistrate a souligné les «mensonges répétés et sur plusieurs années» de Paul Manafort, destinés selon elle à «assurer le maintien de son train de vie» luxueux. «Il n'a pas été très franc avec moi non plus», a-t-elle remarqué, avant d'ajouter: «Le tribunal est l'un des endroits où les faits gardent leur importance».

La juge Jackson a notamment exprimé ses doutes sur les «remords» et les «excuses» exprimés devant elle par Paul Manafort. «Avant ce matin, il disait plutôt 'regardez ce qu'on m'a fait!'». Mercredi, l'ancien homme de réseau, bien connu des cercles du pouvoir à Washington, a au contraire déclaré: «Je suis désolé de ce que j'ai fait».

«Je ne peux pas changer le passé, mais je vous assure que le futur sera différent», a-t-il ajouté, assis dans son fauteuil roulant, en jurant avoir été changé par ses neuf mois de détention. Soulignant avoir déjà perdu ses «propriétés, liquidités, assurance-vie et actions», il a demandé à la juge Amy Berman Jackson de le laisser finir sa vie avec sa femme. Il reste désormais un espoir à l'ancien lobbyiste: le président Trump n'a pas exclu de le gracier.

Grâce présidentielle en question

Mais, comme pour doucher cette éventualité, l'Etat de New York a annoncé mercredi inculper Paul Manafort pour fraude, l'accusant d'avoir obtenu illégalement plusieurs millions de dollars de prêts. Ces poursuites menées par un Etat ne sont pas susceptibles d'être contrées par une grâce présidentielle, qui ne s'applique qu'au champ fédéral.

Le procureur Mueller s'était naturellement intéressé à Paul Manafort qui a dirigé pendant deux mois la campagne du milliardaire républicain à l'été 2016. Dans le cadre de ses investigations, il a découvert que le consultant avait dissimulé 55 millions de dollars sur des comptes offshore et menti à des banques pour obtenir des prêts. Ce sont ces fraudes qui ont été jugées en Virginie.

A Washington, Paul Manafort était poursuivi pour avoir omis de déclarer ses activités de conseil en Ukraine, en contravention des règles sur le lobbying, puis pour avoir tenté d'influencer des témoins. A la surprise générale, il avait accepté en septembre de plaider coupable dans ce volet.

Dans l'espoir d'une peine plus légère, il avait aussi accepté de coopérer avec l'équipe du procureur spécial Robert Mueller. La justice a toutefois établi que le lobbyiste avait violé cet accord de coopération et «délibérément» menti aux enquêteurs lors d'une dizaine d'interrogatoires.

Il a notamment essayé de les tromper sur ses contacts en 2016 et 2017 avec Konstantin Kilimnik, un ancien associé soupçonné d'être lié aux services de renseignement de Moscou. Il lui aurait transmis des sondages d'opinion pendant la campagne de 2016. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2019, 18h02

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