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Le Pen ou Macron, c'est «la peste ou le choléra»

Depuis lundi, le hashtag #SansMoile7mai s'est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)
Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)
AFP
Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)
Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)
Keystone
Nicolas Sarkozy a été éliminé dès le 1er tour de la primaire de la droite. Une gifle pour l'ancien président. (20 novembre 2016)
Nicolas Sarkozy a été éliminé dès le 1er tour de la primaire de la droite. Une gifle pour l'ancien président. (20 novembre 2016)
AFP
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La disqualification du héraut de la gauche anti-libérale Jean-Luc Mélenchon et du conservateur François Fillon, au premier tour dimanche de la présidentielle française, a laissé un goût amer à une cohorte d'électeurs qui refusent de choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, «la peste et le choléra».

Pléthore d'électeurs mélenchonistes y expriment leur rejet viscéral de l'extrême droite mais aussi du candidat centriste Emmanuel Macron, ancien banquier jugé ultra-libéral, qui continuera selon eux à faire progresser le vote Front National, le parti de Marine Le Pen, en accroissant les inégalités.

«Un second tour entre la peste brune et le choléra financier», résume sur Twitter Serge Vincent, qui se présente comme «acteur» et «syndicaliste» et ne se rendra pas aux urnes pour le second tour, le 7 mai. «Entre deux fascismes, je ne choisis pas. L'un amènera de toute façon l'autre au pouvoir», renchérit Corinne, militante pro-Mélenchon.

Un tiers des électeurs de Jean-Luc Mélenchon comptent s'abstenir lors du second tour, d'après un sondage de l'institut Ifop publié mardi soir.

Leur chef de file, fort de 20% des suffrages au premier tour de l'élection, a refusé d'appeler à voter contre Marine Le Pen, et ne dira pas pour qui il vote au deuxième tour.

Electrochoc nécessaire?

«Je suis tiraillée» entre l'abstention et le vote de «barrage» au FN, explique de son côté Vanessa Harounyan, enseignante à Marseille, la deuxième ville de France, où Mélenchon est arrivé en tête. «Marine Le Pen, je l'exècre, je la vomis, mais je me dis, est-ce que la France n'a pas besoin d'un vrai électrochoc ?», s'interroge cette militante.

Certes, de nombreux politiques de tous bords appellent à barrer la route à la candidate anti-immigration anti-euro au nom d'un «front républicain».

Mais l'unité contre Marine Le Pen est bien moins évidente qu'il y a 15 ans, quand son père Jean-Marie, avait été battu à plate couture au second tour face à Jacques Chirac avec moins de 18% des voix.

La consigne de vote pro-Macron lancée par le candidat déchu de la droite François Fillon se heurte à des résistances. D'autant que le conservateur n'a cessé d'attaquer le jeune centriste avant le premier tour en le présentant comme l'héritier de l'impopulaire président socialiste sortant François Hollande.

Plus d'un quart de ses partisans (27%) comptent s'abstenir ou voter blanc, écoeurés par sa défaite, selon le sondage Ifop: parti favori dans une course jugée «imperdable», il a chuté sur des soupçons d'emplois fictifs présumés au profit de sa famille.

Parmi les rétifs, le mouvement catholique conservateur Sens commun, grand soutien du candidat de droite qui promettait de porter haut ses valeurs familiales - après un quinquennat socialiste marqué par la légalisation du mariage gay.

«Comment choisir entre le chaos porté par Marine Le Pen et le pourrissement politique d'Emmanuel Macron?», se demandait dimanche le président de Sens commun, Christophe Billan.

Pour d'autres électeurs de droite, c'est sur le plan économique que le bât blesse. «Entre celle qui veut sortir de l'Europe et celui qui nous propose une Europe à la Juncker avec ses délocalisations vers des pays à 600 euros/mois (...), le vote blanc me semble la bonne solution», s'indigne «CYP92», un lecteur du Figaro sur le forum de ce quotidien de droite.

«J'y crois plus»

«Jamais je ne voterai Macron au second tour. Je pense qu'une abstention massive est vraiment préférable», tranche «Vilainjaloux», un autre commentateur.

Lui comme d'autres promettent ainsi de venir gonfler les rangs d'une population abstentionniste dégoûtée depuis longtemps de la politique française.

«J'y crois plus», lâche Francis Fauchère, un commerçant de gros au marché de Rungis, en banlieue parisienne, après avoir croisé Marine Le Pen dans les allées. «C'est comme tous les candidats: on les voit tous les cinq ans, ils promettent tous la même chose!»

Pour l'heure, les sondages prédisent un taux d'abstention de 27% au scrutin du 7 mai, et une victoire d'Emmanuel Macron (61%) contre Marine Le Pen (39%).

Visite du Palais de l'Elysée

(AFP)

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