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Marine Le Pen se disqualifie par ses ricanements et ses erreurs

Le débat Le Pen - Macron a tenu la France en haleine. L’Europe devait être au centre de cet échange, mais la forme a pris le dessus. Marine Le Pen s'est qualifiée par son agressivité et sa confusion.

On ne sent aucun respect ni estime réciproque entre les adversaires, qui sont souvent dans l’invective.
On ne sent aucun respect ni estime réciproque entre les adversaires, qui sont souvent dans l’invective.
AP

Tout de suite, le débat est tendu entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. La candidate du FN présente son rival comme le candidat de la mondialisation sauvage aux ordres de l’Europe libérale. Emmanuel Macron de rétorquer: «Vous êtes l’esprit de défaite. Je suis l’esprit de conquête de la France.» Sur la forme, les deux finalistes cherchent le corps à corps. Sur le fond, toutes les questions abordées tirent un fil vers l’Europe.

Après plus de deux heures trente, le ton est encore monté. De toute évidence, Marine Le Pen - qui a souvent ricané - cherche à faire sortir Emmanuel Macron de ses gonds. Et le candidat d'En marche est alors souvent sur la défensive. Il est quelque fois incapable de présenter son projet.

«Arrêtez de dire des bêtises Mme Le Pen!», lance Emmanuel Macron. «Calmez-vous M. Macron, ne soyez pas arrogant!», rétorque Marine Le Pen. Le débat devait être un moment-clé de la campagne. Il l’a été: confus, bruyant, biaisé et parfois hors norme à l'image de cette campagne. Même grotesque quand il vire à l'invective et au mensonge. Et Marine Le Pen d'ajouter: «Vous êtes le candidat à plat ventre!» Emmanuel Macron de rétorquer: «Vous êtes indigne. La France mérite mieux que vous!»

L'arrogance de Macron

L’Europe devait être l'enjeu de cette présidentielle 2017 qui dépasse la France. L’intérêt des Etats membres de l’Union européenne pour ce scrutin l’illustre. Durant ces 150 minutes de duel sur les deux grandes chaînes d’audience françaises (TF1 et France2), Marine Le Pen et Emmanuel Macron débattent sous le regard des Français. Mais aussi des Européens inquiets de la trajectoire de la France.

De toute évidence, Marine Le Pen a intégré sa défaite. Et a joué l'attaque comme une opposante. A aucun moment, elle ne se pose en présidente potentielle. Aucun respect, aucune estime entre les adversaires ne sont palpables. La faute en grande partie à Marine Le Pen qui a fait de l’invective répétée un angle d'attaque constant. Elle a ajouté à cette attitude peu présidentielle de la confusion sur les dossiers. A noter qu'Emmanuel Macron a frisé le code à deux ou trois reprises en risquant de se montrer arrogant face aux faiblesses de sa rivale.

Ce débat aura des conséquences

L’attente de ce débat était grande. Car il comportait un certain nombre d’originalités. Sa rareté: il n’y a eu que 7 débats d’entre-deux-tours depuis la naissance de la Ve République en 1958. C’est la première fois que les deux participants sont novices. C’est aussi une nouveauté de ne trouver aucun représentant d’un parti historique de gouvernement (les Républicains et le PS). Et c’est surtout la première fois qu’un candidat du FN y participe. En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre contre Jean-Marie Le Pen.

Il a souvent été analysé que les débats d'entre-deux tours n'avaient que peu d'influence sur le vote final. Il n'est probable que cette fois encore la présidentielle 2017 nous réserve une nouvelle surprise. Emmanuel Macron n'a pas été excellent ni surdominateur, mais il est apparu outillé et cohérent. Au contraire de Marine Le Pen, très confuse, agressive et qui a montré ses limites. Et qui a conclu dans un dernier ricanement caricatural.

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