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Le père du bébé palestinien brûlé vif succombe à ses blessures

Saad Dawabcheh, le père du bébé palestinien brûlé vif dans l'incendie de leur maison par des extrémistes juifs, a succombé samedi à ses blessures. La mère est elle entre la vie et la mort.

Deux Israéliens ont été jugés après la tragédie. L'accusé de 21 ans a été inculpé de meurtre, le second, âgé de 17 ans, de complicité de meurtre. (3 janvier 2016)
Deux Israéliens ont été jugés après la tragédie. L'accusé de 21 ans a été inculpé de meurtre, le second, âgé de 17 ans, de complicité de meurtre. (3 janvier 2016)
Reuters
Coup de filet de la police israélienne qui a arrêté ce dimanche 9 août plusieurs suspects liés à l'incendie criminel qui a coûté la vie à un bébé palestinien et son père. (9 août 2015)
Coup de filet de la police israélienne qui a arrêté ce dimanche 9 août plusieurs suspects liés à l'incendie criminel qui a coûté la vie à un bébé palestinien et son père. (9 août 2015)
Keystone
Depuis des années, des activistes d'extrême droite ou des colons se livrent en Israël et dans les Territoires palestiniens, sous le label du «prix à payer», à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens. (31 juillet 2015)
Depuis des années, des activistes d'extrême droite ou des colons se livrent en Israël et dans les Territoires palestiniens, sous le label du «prix à payer», à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens. (31 juillet 2015)
Keystone
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Le 31 juillet, son fils Ali, 18 mois, était mort lorsque des hommes masqués avaient lancé des cocktails Molotov dans leur petite habitation du village de Douma, entouré de colonies israéliennes dans le nord de la Cisjordanie occupée. Le décès d'Ali avait provoqué plusieurs jours d'affrontements entre Palestiniens, soldats et colons israéliens.

Sa mère Riham, 26 ans, presque entièrement brûlée au troisième degré, est toujours hospitalisée en Israël entre la vie et la mort. Son frère Ahmed, 4 ans, entame lui une lente convalescence. Les murs la maison incendiée avaient été couverts des mots «Vengeance» et «Prix à payer», signature habituelle des colons et activistes de l'extrême droite israélienne.

Ce «prix à payer» est celui qu'imposent des extrémistes juifs, qui agressent Palestiniens, Arabes israéliens et même soldats israéliens depuis des années. Ils disent répliquer aux destructions de colonies sauvages, pourtant illégales aux yeux de la communauté internationale comme de la loi israélienne, et aux décisions politiques israéliennes qu'ils jugent contraires à leur volonté de coloniser tous azimuts les Territoires occupés.

«Terroristes»

Longtemps impunis, ces activistes sont désormais dans le viseur du gouvernement de Benjamin Netanyahu, pourtant l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël. Décidées à juger ces «terroristes», selon les mots du premier ministre, les autorités ont placé, pour la première fois depuis des années, un extrémiste juif en détention administrative.

Ce régime, qui permet d'incarcérer des suspects sans inculpation et pour une période de six mois renouvelable indéfiniment, est traditionnellement réservé aux Palestiniens. Les autorités ont par ailleurs arrêté le jeune Meïr Ettinger, soupçonné d'être l'un des inspirateurs des récentes violences de l'extrémisme juif.

Si l'attaque de Douma a provoqué un tel émoi en Israël, c'est aussi parce qu'elle a eu lieu au lendemain d'une attaque au couteau menée par un extrémiste juif pendant la Gay Pride à Jérusalem, qui a tué une adolescente et blessé cinq personnes. Deux autres jeunes israéliens ont été arrêtés après l'attaque de Douma. Ils sont soupçonnés d'activités extrémistes, mais les autorités n'ont pas indiqué s'ils étaient ou non mis en cause pour la mort du nourrisson.

Funérailles

Les Palestiniens, qui raillent régulièrement l'inaction de la justice israélienne face aux extrémistes juifs, ont décidé de porter l'affaire à l'attention de la Cour pénale internationale (CPI). Samedi, le corps de Saad Dawabcheh, 32 ans, a été autopsié afin d'apporter de nouvelles preuves au tribunal de La Haye.

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies samedi après-midi pour ses funérailles à Douma, dans une nuée de drapeaux palestiniens. Toutes générations confondues, la foule venue du village ou des alentours et parsemée d'officiels et de journalistes, brandissait des photographies d'Ali et de la famille au complet.

(ats)

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