Pikachu dans la bataille identitaire des Hongkongais face à la Chine

PolémiqueNintendo a fâché toute une génération en abandonnant le nom cantonais du Pokémon en faveur du seul mandarin.

Pikachu, le plus illustre des Pokémon.

Pikachu, le plus illustre des Pokémon. Image: Keystone

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«Non à Pei-kaa-jau! Rendez-nous Bei-kaa-chyu!» Devant le consulat du Japon à Hongkong, les dizaines de manifestants scandant lundi ce slogan faisaient écho à la pétition signée par des milliers de fans de Pikachu fâchés contre Nintendo. La société japonaise est la cible de leur colère depuis qu’elle a abandonné, ce printemps, le nom cantonais du célèbre Pokémon au profit de sa prononciation en mandarin, langue officielle de la République populaire de Chine. Pour beaucoup, la mascotte jaune est ainsi devenue le symbole d’une insidieuse bataille identitaire.

«Pikachu existe à Hongkong depuis plus de vingt ans», analyse Sing Leung, l’un des organisateurs de la manifestation, sur le site de Hongkong Free Press. «Davantage qu’un jeu ou une BD, c’est la mémoire collective d’une génération!» Or, note son camarade Wong Yeung-tat, de Civic Passion, «nous sommes confrontés à beaucoup de tentatives pour faire disparaître notre culture. Notre génération ne peut plus se permettre de ne pas la protéger.»

La peur de disparaître

«Ces dernières années, les gens ont le sentiment que la spécificité de Hongkong disparaît peu à peu. La question du Pokémon, sans importance en soi, est devenue un grand enjeu parce que c’est très sensible. Dans le climat actuel, on y voit un exemple de la «contentinentalisation rampante», explique à la BBC Stephen Matthews, professeur de sciences humaines à l’Université de Hongkong. En effet, «la langue est peut-être le marqueur le plus important de la différence entre Hongkong et le reste de la Chine.»

Certes, la langue cantonaise est aussi parlée dans les provinces chinoises du Guangdong et du Guangxi, mais Hongkong utilise toujours les sinogrammes traditionnels, refusant d’adopter l’écriture chinoise simplifiée introduite par le régime communiste. D’ailleurs, en février, les autorités de l’ancienne colonie britannique ont reçu 10 000 plaintes en trois jours quand la télévision a diffusé une émission sous-titrée en chinois simplifié.

Dans la «région administrative spéciale» de Hongkong, on ne craint pas uniquement l’érosion de la démocratie. C’est toute une culture qui se sent menacée.

Créé: 01.06.2016, 17h39

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