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Plébiscite en vue pour le président Kagame

Vendredi, les Rwandais éliront leur président. Paul Kagame fait office de grand favori à sa propre succession.

Le président Paul Kagame a été réélu vendredi pour un troisième mandat avec 98,63% des voix, selon les résultats définitifs. Il dirige le pays d'une main de fer depuis 23 ans. (Samedi 5 août 2017)
Le président Paul Kagame a été réélu vendredi pour un troisième mandat avec 98,63% des voix, selon les résultats définitifs. Il dirige le pays d'une main de fer depuis 23 ans. (Samedi 5 août 2017)
AFP
Le président Paul Kagame, au pouvoir depuis 1994, a voté à Kigali ce vendredi. Sa victoire ne fait pas de doutes. (Vendredi 4 août 2017)
Le président Paul Kagame, au pouvoir depuis 1994, a voté à Kigali ce vendredi. Sa victoire ne fait pas de doutes. (Vendredi 4 août 2017)
AFP
Les «villages de la réconciliation» se sont depuis multipliés pour encourager la cohabitation entre victimes et bourreaux. Des projets communautaires ont été mis sur pied pour tenter de faire oublier les désirs de vengeance.
Les «villages de la réconciliation» se sont depuis multipliés pour encourager la cohabitation entre victimes et bourreaux. Des projets communautaires ont été mis sur pied pour tenter de faire oublier les désirs de vengeance.
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Quelque 6,9 millions de Rwandais sont appelés aux urnes vendredi pour un scrutin présidentiel promis à Paul Kagame, l'homme qui dirige le pays des mille collines d'une main de fer depuis 1994 et y brigue un troisième mandat de sept ans.

Visionnaire pour les uns, despote pour les autres, Paul Kagame, 59 ans, est opposé à deux candidats peu connus des Rwandais qui sont passés quasiment inaperçus dans une campagne de trois semaines phagocytée par le Front patriotique rwandais (FPR), parti contrôlant toutes les sphères de la société de ce petit pays de la région des Grands Lacs.

Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont acclamé mercredi Paul Kagame dans les rues de Kigali, lors de son dernier meeting avant l'élection, agitant des drapeaux rouge, blanc, bleu, les couleurs de son parti.

«Je soutiens le président Kagame, parce qu'il a arrêté le génocide (1994) et parce qu'il a apporté le développement au Rwanda», a déclaré à l'AFP un de ses partisans, Narcisse Ngendahimana, alors qu'un autre, Zainabu Mukashimyirimiza, souligne que Paul Kagame a «construit des écoles, fourni des soins de santé, des routes, de l'électricité».

Un seul parti d'opposition

Le contraste est saisissant avec les quelques centaines de personnes, à peine, qui ont assisté aux derniers meetings de ses concurrents Frank Habineza, président du seul parti d'opposition toléré dans le pays (Parti démocratique vert) et Philippe Mpayimana, candidat indépendant.

Ces derniers se sont plaints du peu de temps dont ils ont disposé pour lever des fonds et faire campagne. «Nous aurions voulu au moins deux mois. Vers la fin de la campagne, le nombre de personnes à nos rallyes a beaucoup augmenté», assure notamment Jean-Claude Ntezimana, secrétaire général du parti vert.

Lors d'un récent meeting, Frank Habineza a assuré à l'AFP que placarder les couleurs de son parti avait été un vrai défi: «On nous a dit qu'on ne pouvait pas mettre nos bannières ou drapeaux là où le FPR avait mis les siens, mais malheureusement le FPR a mis les siens partout!»

La victoire de Paul Kagame ne semble de fait faire aucun doute depuis le plébiscite par référendum en décembre 2015 - 98% des voix - d'une modification de la Constitution, critiquée par les observateurs, lui permettant de briguer un nouveau mandat de 7 ans et potentiellement de diriger le pays jusqu'en 2034.

Opposants réduits au silence

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché le génocide qui a fait 800'000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Il a d'abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d'être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.

M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

De nombreuses voix critiques ont été emprisonnées, forcées à l'exil et pour certaines assassinées. Des observateurs assurent que les candidatures de Frank Habineza et Jean-Claude Mpayimana ne sont qu'une «façade» à destination de la communauté internationale.

Selon Robert Mugabe, un des rares journalistes rwandais ouvertement critiques, «il n'y pas d'élection au Rwanda, juste un couronnement». Les 2343 bureaux de vote ouvriront de 07H00 à 15H00 (de 05H00 à 13H00 GMT).

(ats)

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