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Dispersion d'une marche antigouvernementale

Jeudi, la police a fait usage de gaz lacrymogène lors d'un cortège funéraire qui a tourné en manifestation contre le gouvernement.

Tensions après la présidentielle bolivienne.

La police bolivienne a dispersé jeudi au gaz lacrymogène une vaste marche antigouvernementale à La Paz, tandis que le Congrès discutait des moyens de sortir de la grave crise politique que connaît la Bolivie.

Des milliers de personnes portant les cercueils de cinq personnes tuées mardi dans des heurts étaient descendues d'El Alto, ville jumelle de La Paz considérée comme un bastion de l'ancien président Evo Morales.

Les manifestants favorables à Evo Morales, parti en exil au Mexique après avoir été contraint à la démission, protestaient contre la répression et contre le gouvernement de Jeanine Añez, présidente par intérim depuis le 12 novembre. Huit hommes avaient été tués par balles mardi au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre près de l'usine de distribution de carburant de Senkata à El Alto.

Les échauffourées avaient éclaté alors que l'armée et la police dégageaient l'usine, que des manifestants occupaient depuis la semaine dernière pour réclamer la démission de Jeanine Añez. En tout, huit personnes sont décédées, portant le bilan de la crise que vit la Bolivie depuis un mois à 32 morts, dont au moins 17 ont péri dans des heurts avec les agents de l'Etat.

«Justice!»

Jeudi, sur la place San Francisco, dans le centre de La Paz, les personnes qui portaient deux des cercueils, recouverts de fleurs et d'une wiphala (bannière multicolore des indigènes andins), ont été prises au milieu du nuage de gaz lacrymogène et ont dû les poser momentanément à terre.

«Justice!», «Justice!», clamaient les manifestants qui accusent les autorités d'avoir tiré, deux jours auparavant, sur les protestataires qui entouraient la raffinerie de Senkata, à quelques kilomètres de La Paz. Le gouvernement décline toute responsabilité dans ces décès pour le moment. «On nous a criblés de balles. C'était sanglant», a déclaré à l'AFP Rufino Copa, un agriculteur de 42 ans qui participait à cette manifestation contre Mme Añez.

«Nous demandons justice, nous ne voulons pas que cette dame soit présidente», a dit une femme indigène portant son bébé de huit mois sur le dos et demandant à rester anonyme par peur des représailles. Au moins 20 personnes ont été arrêtées, selon des journalistes de l'AFP.

Manifestations quotidiennes

Evo Morales, premier président indigène de Bolivie, a démissionné le 10 novembre sous la pression de manifestations de l'opposition et après avoir été lâché par l'armée. Il est ensuite parti en exil au Mexique.

La crise a commencé lorsque Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, a été proclamé vainqueur dès le premier tour de l'élection présidentielle. L'opposition a estimé qu'il y avait eu fraude et est descendue dans la rue. L'Organisation des États américains (OEA) a déclaré avoir observé des irrégularités dans le processus électoral.

Depuis la démission d'Evo Morales, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province. Le parlement bolivien examinait jeudi deux projets de loi visant à organiser de nouvelles élections présidentielle et législatives, un mois après le scrutin présidentiel du 20 octobre.

L'un émane de la présidente par intérim et l'autre du parti d'Evo Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), actuellement majoritaire dans les deux chambres. Outre l'annulation de la présidentielle, ils doivent permettre la mise en place d'un nouveau Tribunal suprême électoral (TSE) chargé de définir une date pour le nouveau scrutin.

Appel au dialogue

Jeanine Añez, sénatrice de droite de 52 ans, conserve la possibilité d'émettre un décret présidentiel pour convoquer des élections si opposition et majorité n'arrivent pas à s'entendre. Dans une vidéo, Jeanine Añez a déploré le bilan des violences et a lancé un nouvel appel au dialogue.

«Cela nous désole, parce que nous sommes un gouvernement de paix, et je demande que nous nous unissions pour nous réconcilier», a-t-elle dit. Elle a assuré que le gouvernement intérimaire était prêt à «commencer à dialoguer immédiatement» avec un soutien international et l'appui de l'Église bolivienne, mais n'a pas dit qui pourraient être les interlocuteurs du pouvoir.

Outre la nomination du nouveau TSE, les parlementaires doivent fixer la date des élections et décider si Evo Morales pourra y participer. Les États-Unis ont suggéré qu'Evo Morales reste à l'écart de ces élections que Washington souhaite «libres, justes et transparentes». Depuis son exil au Mexique, Evo Morales a répété avoir été victime d'un «coup d'État».

Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire bolivien a annoncé qu'il avait exprimé «son profond mécontentement» au gouvernement mexicain en raison des activités menées sur son territoire par Evo Morales, qui selon La Paz «contreviennent» à son statut de réfugié politique.

(AFP)

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