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OugandaLa police met brutalement fin à la mini Gay Pride

Une poignée de personnes s'étaient réunies à l'écart de la capitale de ce pays homophobe. Mais la fête a vite tourné court.

Les participants ont scandé des «Nous voulons la paix» quand ils ont été contraints par la police de quitter les lieux.
Les participants ont scandé des «Nous voulons la paix» quand ils ont été contraints par la police de quitter les lieux.
AP, Keystone

Une quarantaine de personnes s'étaient réunies discrètement, samedi, près du lac Victoria, en Ouganda, situé à une heure de Kampala. Leur but était de célébrer la Gay Pride dans ce pays notoirement homophobe, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les jeunes Ougandais, qui portaient des vêtements cintrés et colorés, brandissaient des drapeaux arc-en-ciel pendant que d'autres jouaient au volley-ball ou dansaient au son de la musique de fête.

«Je suis venu pour m'amuser et exprimer ma véritable personnalité pendant une journée», explique Michael, 19 ans, qui comme la plupart des participants a refusé de donner son nom de famille. «En public, je dois toujours me conduire normalement. C'est cool de pouvoir être moi-même, même si c'est pour un court moment.»

Mais le jeune homme peinait à cacher son inquiétude. «Je me sens un peu nerveux, seuls les braves sont ici. Les autres ont trop peur de venir, trop peur que leurs familles se rendent compte qu'ils sont gay.»

La police déboule à la fête

Au moment où les jeunes commençaient à se détendre, à blaguer et a se prendre dans les bras, un fourgon de police a fait son apparition. Les agents ont donné l'ordre d'évacuer. Kasha Jacqueline Nabagesera, militante des droits des homosexuels et fondatrice de Pride Uganda, a tenté de résister. «Nous n'avons pas besoin de la permission de la police pour aller à la plage, a-t-elle lancé. Nous sommes ougandais et nous avons payé pour entrer ici. Nous ne partirons pas.»

Les policiers ont donc usé de la force, obligeant les participants à monter dans leurs bus, qu'ils ont encadré par des véhicules placés devant et derrière.

Les jeunes, ne sachant pas s'ils étaient en état d'arrestation et où la police les emmenait, ont cédé à la panique. L'un d'eux a même sauté d'un bus en marche et s'est blessé en touchant terre. Le convoi de la police ne s'est pas arrêté pour lui.

Plus tard, ce dernier, a expliqué à l'AFP qu'il était fonctionnaire. «Je ne pouvais pas les laisser me conduire au commissariat de police. Je travaille pour le gouvernement. Je n'ai pas de contrat permanent. Je perdrais mon travail si j'étais arrêté à la Gay Pride.»

Mais, au final, les policiers ont levé leur escorte et les bus ont pu regagner Kampala.

Intimidations au quotidien

En août dernier, les organisateurs de la Gay Pride de Kampala avaient annoncé le «report» de l'événement, affirmant que le ministre de l'Ethique avait menacé d'arrêter tous les participants et suggéré qu'ils pourraient être violentés.

La décision avait été prise après une rencontre entre l'avocat des organisateurs Nicholas Opiyo, le ministre de l'Ethique Simon Lokodo et un représentant de la police.

L'homophobie est répandue en Ouganda. Harcèlement et intimidations sont le quotidien des homosexuels dans ce pays où se développe un christianisme évangélique particulièrement véhément à l'égard du mouvement LGBT.

AFP

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