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Les Occidentaux pressent Kiev et Moscou d'agir pour la paix

Les Occidentaux ont demandé samedi au président russe Vladimir Poutine des «actes» pour amener la paix en Ukraine. Ils ont aussi pressé Kiev d'accepter «les décisions nécessaires».

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré à Munich que la crise ne serait pas résolue à moins que son pays ne reçoive un soutien politique, économique et militaire de ses alliés d'Europe et d'ailleurs. (Samedi 7 février 2015)
Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré à Munich que la crise ne serait pas résolue à moins que son pays ne reçoive un soutien politique, économique et militaire de ses alliés d'Europe et d'ailleurs. (Samedi 7 février 2015)
AFP

Lors de la conférence de Munich ce samedi 7 février, la chancelière allemande Angela Merkel et le président François Hollande, tout juste revenus de cinq heures de négociations au Kremlin, ont concédé qu'ils n'étaient pas sûrs de réussir dans leur initiative de paix mais qu'il fallait aller au bout de cette «dernière chance».

«Il n'est pas certain que ces discussions aboutissent (...) mais cela vaut le coup d'essayer», a lancé Mme Merkel, alors que la situation semblait de nouveau très tendue sur le terrain.

Au moins cinq soldats ukrainiens et sept civils ont péri au cours des dernières 24 heures dans l'est. Les tirs de roquettes ont aussi repris sur Debaltseve, l'un des points chauds du front, au lendemain d'une courte trêve.

Conférence téléphonique

«Si ce n'est pas conclu demain, on poursuivra les discussions autant de temps que nécessaire mais on n'a pas beaucoup de temps», a-t-on ajouté, à la veille d'une conférence téléphonique entre MM Hollande, Poutine, Porochenko et Mme Merkel.

La semaine qui vient sera marquée par un voyage d'Angela Merkel aux Etats-Unis suivi, jeudi et vendredi, d'un conseil européen à Bruxelles où le dossier ukrainien sera en tête des préoccupations.

Vladimir Poutine a affirmé pour sa part que la Russie «ne comptait faire la guerre à personne». «Mais il y a, c'est certain, une tentative de freiner notre développement par différents moyens», a-t-il pointé en allusion aux sanctions occidentales qui étranglent son économie.

Croisée des chemins

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est voulu prudemment optimiste. «Nous estimons qu'il est tout à fait possible d'avoir des résultats et de tomber d'accord sur des recommandations qui permettront aux deux côtés de vraiment dénouer le conflit», a-t-il estimé.

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a demandé «à Moscou et Kiev de prendre les décisions nécessaires» pour avancer vers la rédaction d'un plan de paix. «Nous sommes à la croisée des chemins», a-t-il insisté.

Burkhalter rappelle le rôle de l'OSCE

Un engagement durable de tous les Etats est nécessaire pour rétablir la sécurité en Europe, a pour sa part déclaré Didier Burkhalter. Le conseiller fédéral a également mis l«accent sur le rôle que joue dans ce processus l«Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

M. Burkhalter a notamment déclaré: «Nous devons tout faire pour revenir à la logique de la désescalade». Le Neuchâtelois a rappelé que l«organisation a prouvé sa capacité à jeter des ponts entre les Etats et à maintenir le dialogue entre les parties en présence.

Il a aussi rappelé l«existence du groupe de personnalités éminentes issues de toutes les régions de l«OSCE. Il tiendra sa première réunion dimanche.

Le chef du DFAE a par ailleurs rencontré les deux autres membres de la troïka de l«OSCE, Ivica Dacic, ministre serbe des affaires étrangères et président en exercice de l«OSCE, ainsi que Frank Walter Steinmeier, ministre allemand des affaires étrangères. Ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l'est de l'Ukraine.

Appel au soutien

Confronté à une situation militaire et économique désastreuse, M. Porochenko est sous pression face aux séparatistes. Ils réclament plus d'autonomie et la prise en compte des gains territoriaux de ces dernières semaines dans les négociations.

Les appels, notamment aux Etats-Unis et dans l'est de l'Europe, à livrer des armes à l'armée ukrainienne afin de rééquilibrer le rapport de forces sur le terrain alimentent aussi toutes les passions, laissant craindre un engrenage funeste.

(ats)

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