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«Je sais que je ne pourrai plus rentrer chez moi»

La justice espagnole a émis mercredi un mandat d’arrêt national à l’encontre d’Anna Gabriel, l’ancienne députée catalane, réfugiée à Genève.

En Suisse, Anna Gabriel a reçu de nombreux messages de soutien.
En Suisse, Anna Gabriel a reçu de nombreux messages de soutien.
Laurent Guiraud

Malgré une citation à comparaître, Anna Gabriel ne s’est pas rendue devant la justice espagnole mercredi matin. Face à cette absence, la justice ibérique a émis un mandat d’arrêt limité au territoire national contre l’ex-députée indépendantiste catalane. Rencontre avec l’activiste.

La décision de la justice espagnole vous soulage-t-elle?

Pas vraiment. Un mandat d’arrêt limité à l’Espagne est déjà très grave. D’autant plus que je n’ai rien fait de contraire à la loi. J’ai effectivement pris parti pour la tenue du référendum sur l’indépendance lors d’interventions parlementaires ou d’interviews, mais je n’ai jamais eu recours à la violence. Le gouvernement et les médias nationaux m’avaient déjà déclarée coupable.

Berne a indiqué qu’a priori la Suisse ne vous extraderait pas. Cette déclaration a-t-elle eu une incidence sur la décision de la justice espagnole?

Je ne sais pas.

Cette décision change quelque chose pour vous?

Ce qui a changé c’est que je sais désormais que je ne peux plus rentrer librement chez moi. Ce qui est un énorme bouleversement dans ma vie.

Comptez-vous demander l’asile?

On reste attentifs aux mouvements de l’État espagnol et, si la persécution politique s’accentue, nous aurons encore plus de raisons valables pour faire une demande d’asile.

Les cinq autres personnes appelées à comparaître à Madrid pour délits de sédition et de rébellion sont ressorties libres. Regrettez-vous votre choix?

Non, le risque d’une détention était concret. Et il ne s’agit pas uniquement d’un engagement individuel. Ma responsabilité, c’est de dénoncer la situation qui règne en Espagne actuellement et les lacunes démocratiques de ce pays. Ça n’a pas été une décision facile à prendre. J’ai quitté mon travail, mes proches, ma famille, mais j’ai le sentiment qu’en partant je contribue à l’action démocratique.

Pourquoi avoir choisi de venir à Genève?

Pour sa valeur symbolique de ville internationale et parce que je voulais aller dans un pays où mes droits fondamentaux allaient être mieux garantis. Depuis que je suis ici, j’ai déjà reçu de nombreux messages de soutien de politiciens suisses et de citoyens solidaires.

Comment voyez-vous votre avenir à Genève?

Dans l’immédiat, je ne fais pas de plans. Je suis dans l’attente de l’évolution des décisions de la justice espagnole, mais dans le long terme, je prévois de reprendre ma thèse de doctorat sur le droit des peuples à l’autodétermination. Je compte également continuer à me battre pour l’indépendance de la Catalogne et pour les droits humains en général.

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