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Les premiers pas d'Emmanuel Macron

Alors que les législatives se profilent à l'horizon, le centriste a fait ses premiers pas en tant que président élu aujourd'hui.

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)
Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)
AFP
Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)
Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)
AFP
Le candidat ouvrier prône la semaine des 32 heures. Il avait rassemblé 1,15% des voix en 2012, soit bien moins que son prédécesseur au fort capital de sympathie Olivier Besancenot qui, en 2007, avait réuni 4,08% des voix.
Le candidat ouvrier prône la semaine des 32 heures. Il avait rassemblé 1,15% des voix en 2012, soit bien moins que son prédécesseur au fort capital de sympathie Olivier Besancenot qui, en 2007, avait réuni 4,08% des voix.
AFP
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Après sa large victoire saluée en Europe, le jeune centriste Emmanuel Macron a fait lundi ses premiers pas de président élu. Il est déjà tourné vers la bataille cruciale des élections législatives dans une France profondément divisée.

Avant la passation de pouvoir prévue pour dimanche, M. Macron a commémoré lundi aux côtés du président socialiste sortant François Hollande la victoire du 8 mai 1945. M. Hollande qui achève un mandat de cinq ans , a dit ressentir «beaucoup d'émotion» à lui donner «la marche à suivre».

Elu avec 66,1% des voix, celui qui espère rassembler sous sa bannière les «progressistes républicains» a reconnu dimanche n'avoir pas reçu «un blanc-seing» des électeurs. Le scrutin a été marqué par une abstention record et un score historique pour l'extrême droite (onze millions de voix).

Chantiers majeurs

Des chantiers majeurs attendent Emmanuel Macron, entré en politique en 2012 après avoir été banquier d'affaires: endiguer un chômage endémique (10%), faire face à une forte menace terroriste et relancer une Europe affaiblie. Il prévoit à cet égard de se rendre en priorité à Berlin, selon son entourage.

Le patronat français a accueilli avec soulagement son élection. Il l'attend toutefois sur ses capacités de réforme, notamment le droit du travail qui constitue au contraire une ligne rouge pour nombre de syndicats.

En guise d'avertissement, plusieurs milliers de personnes (1600 selon la police, 7000 à 10'000 selon les organisateurs) ont manifesté dans l'après-midi à Paris pour montrer leur détermination à lutter contre toutes les «régressions sociales». La police a signalé quelques jets de projectiles et de légères dégradations sur le mobilier urbain, et a procédé à une interpellation.

Sceller une majorité

M. Macron révélera après son investiture dimanche le nom de son Premier ministre. Celui-ci pourrait venir de la droite pour symboliser sa volonté de rassemblement, selon son entourage.

Emmanuel Macron a abandonné la présidence d' En Marche! dont Catherine Barbaroux est devenue présidente par intérim. Le mouvement sera renommé «La République en marche».

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. Pour accroître ses chances de rassembler le plus largement, Emmanuel Macron a assoupli la règle qui imposait à un candidat investi par En Marche! de renoncer à son parti d'origine.

«Ils pourront garder leur attachement (à un parti politique) s'ils le souhaitent. Mais ils doivent s'engager à soutenir la majorité présidentielle», selon Christophe Castaner, porte-parole de M. Macron. Les candidats d'En Marche! devraient être investis dans chacune des 577 circonscriptions d'ici jeudi midi, selon Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement.

Insatisfaction

La presse française soulignait la difficulté de la tâche, avec un mouvement jeune, sans expérience et sans implantation locale. Le quotidien de gauche Libération estime ainsi que «la forte abstention, malgré la menace de l'extrême droite, montre une insatisfaction vis-à-vis du nouveau président».

De fait, entre l'abstention record (25,44%) et un nombre historique de votes blancs et nuls (un peu plus de quatre millions), plus d'un Français sur trois a refusé le choix Macron/Le Pen.

La victoire de ce pro-européen convaincu a par contre été saluée par les dirigeants européens. La chancelière Angela Merkel a jugé lundi que le président élu porte les espoirs de «millions» de Français et d'Européens. Elle devait recevoir François Hollande lundi à Berlin pour un dîner privé.

Si Donald Trump lui a adressé ses félicitations par téléphone lundi, Vladimir Poutine l'a surtout exhorté à «surmonter la méfiance mutuelle» pour combattre le terrorisme.

Surmonter les divisions

Battue sans appel, Marine Le Pen, 48 ans, s'est félicitée du résultat «historique» de son parti. Elle a ouvert les hostilités en vue des législatives, se présentant comme «la principale force d'opposition».

Disqualifiés à l'issue du premier tour, le Parti socialiste et Les Républicains se réunissent chacun à partir de mardi pour tenter de surmonter leurs divisions et préparer leur revanche.

Le chef de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, fort de ses 19,58% des suffrages au premier tour, a aussi appelé les Français à se «fédérer» pour les législatives en vue de s'opposer au «nouveau monarque présidentiel».

(ats)

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