Honduras: le président nie tout pot-de-vin

Trafic de drogueJuan Orlando Hernandez, accusé d'avoir reçu des millions de dollars de pots-de-vin de narcotrafiquants par un procureur américain, dément.

Juan Orlando Hernandez à l'Assemblée générale de l'ONU le 25 septembre 2019 à New York.

Juan Orlando Hernandez à l'Assemblée générale de l'ONU le 25 septembre 2019 à New York. Image: AFP

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L'actuel président du Honduras Juan Orlando Hernandez a touché des millions de dollars de pots-de-vin de narcotrafiquants, y compris de l'ex-chef de cartel mexicain «El Chapo», a affirmé mercredi un procureur fédéral new-yorkais à l'ouverture du procès pour trafic de drogue d'un des frères du dirigeant.

«L'accusé était protégé par l'actuel président (du Honduras), qui a reçu des millions de dollars de pots-de-vin de narcotrafiquants, dont (Joaquin) Guzman El Chapo », a déclaré le procureur dans sa plaidoirie d'ouverture.

El Chapo «a personnellement remis un million de dollars à l'accusé, pour son frère (le président, ndlr)», a ajouté l'assistant du procureur, Jason Richman, au premier jour du procès de Juan Antonio «Tony» Hernandez Alvarado.

«Alice au pays des merveilles»

Des accusations «fausses à 100%, absurdes et ridicules», a réagi le président hondurien sur Twitter. «C'est encore moins sérieux qu'Alice au pays des merveilles».

Dans un document rendu public en août, l'accusation avait déjà affirmé qu'un narcotrafiquant hondurien, dont le nom n'est pas cité, avait contribué à hauteur de 1,5 million de dollars à la campagne présidentielle de Juan Orlando Hernandez en 2013. L'essentiel de l'argent aurait été consacré à graisser la patte de politiciens locaux afin qu'ils soutiennent la candidature de celui qui était alors président du Parlement hondurien.

Lors de son allocution devant l'Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre, Juan Orlando Hernandez, qui a été réélu en 2017, a dénoncé une «campagne de dénigrement menée par des narcotrafiquants, des gangs, des gens corrompus, des meurtriers et même des politiciens».

Au Honduras, plusieurs manifestations d'ampleur ont appelé à sa démission. Le président hondurien est un partenaire privilégié de Donald Trump, avec lequel il a conclu la semaine dernière un accord de coopération sur les demandes d'asile visant à freiner l'immigration clandestine.

Deux présidents impliqués

Outre l'actuel chef d'Etat du Honduras, les services du procureur fédéral de Manhattan, Geoffrey Berman, entendent démontrer lors du procès que son prédécesseur, Porfirio Lobo (2010-2014), a aussi bénéficié du soutien financier des narcotrafiquants.

Selon le document publié en août, le candidat Lobo aurait reçu, du même narcotrafiquant que celui mentionné pour Juan Orlando Hernandez, deux versements d'un million de dollars chacun lors de sa campagne présidentielle, en 2009.

Pour l'assistant du procureur Jason Richman, les deux hommes, qui sont issus du même parti, ont été «élus président grâce, au moins en partie, aux profits du trafic de drogue», a-t-il affirmé à l'audience.

A ce stade, aucun d'entre eux n'a été formellement inculpé par la justice américaine, même si les faits allégués sont bien passibles de poursuites pénales selon la loi fédérale américaine. Tous deux rejettent totalement les accusations dont ils font l'objet.

Cinq témoins

L'accusation prévoit de citer cinq témoins lors du procès de Tony Hernandez, frère du président hondurien. Pour l'un des 17 de leurs frères, Amilcar Hernandez, présent mercredi au tribunal fédéral de Manhattan, les accusations visant Tony Hernandez émanent de «criminels» et «sont le résultat de la lutte contre le narcotrafic» menée par le président, a-t-il expliqué à l'AFP.

Agé de 41 ans, Tony Hernandez, ancien député, avait été arrêté à l'aéroport de Miami en novembre 2018 et inculpé des chefs de trafic de drogue, possession d'armes à feu et faux témoignage. Selon le gouvernement américain, il était impliqué dans le trafic de drogue depuis 2004 au moins, et aurait participé pendant plus de 10 ans à la distribution de cocaïne.

Le procureur fédéral de Manhattan l'accuse aussi d'avoir été impliqué dans au moins deux assassinats entre bandes rivales entre 2011 et 2013. Il risque, en cas de condamnation à l'issue de ce procès prévu pour durer une dizaine de jours, au minimum cinq ans de prison et au maximum la perpétuité.

Depuis plusieurs années, une série de dirigeants politiques, actuels ou anciens, et de narcotrafiquants issus du Honduras ont été poursuivis, interpellés et certains condamnés à l'issue d'enquêtes coordonnées à New York. (afp/nxp)

Créé: 02.10.2019, 23h38

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