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Présidentielle américaineDonald Trump, la force brute qui a changé la campagne

Le candidat républicain a fait exploser le politiquement correct et est devenu incontournable.

Ce populiste s'est révélé être un formidable animal politique, porté par un égo surdimensionné.
Ce populiste s'est révélé être un formidable animal politique, porté par un égo surdimensionné.
Keystone

Six mois auparavant, personne ne lui donnait la moindre chance. Mais à coups de déclarations tonitruantes, Donald Trump a changé le cours de la campagne présidentielle américaine, fait exploser le politiquement correct et s'est imposé comme le républicain incontournable, au grand dam du parti.

Le milliardaire flamboyant de 69 ans, qui a construit sa fortune dans l'immobilier, n'a jamais occupé de fonction élective. Avant de se lancer dans la campagne, il était surtout connu pour les tours et casinos à son nom, ses divorces en une des tabloïds, et pour être l'animateur star de l'émission de télé-réalité «The Apprentice».

Mais ce populiste qui avait dans le passé déjà envisagé la course à la Maison Blanche s'est révélé être un formidable animal politique, porté par un égo surdimensionné.Il ose tout dire, et parfois n'importe quoi. Avec un instinct redoutable, il cogne là où ça fait mal. Il n'a aucun doute.

Promesses à tout va

S'il est élu, il promet la construction d'un mur à la frontière mexicaine, payé par le Mexique, pour empêcher l'immigration clandestine. Il veut expulser des Etats-Unis les 11 millions d'immigrés clandestins. Face au terrorisme, il parle d'interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis. Il «coupera rapidement la tête» de l'organisation djihadiste, État islamique et «prendra leur pétrole». Il admire Vladimir Poutine, «un leader fort». Dénonce le réchauffement climatique comme une invention des Chinois.

Il est charismatique, brutal, se pose en sauveur d'une Amérique selon lui moribonde et devenue la risée du monde.

Politiquement incorrect

Des milliers d'Américains, souvent modestes, malmenés par la mondialisation et se sentant trahis par les élites politiques, se précipitent à ses meetings. Donald Trump, toujours impeccablement habillé, fier d'être politiquement incorrect, dénonce «les idiots» dirigeant le pays, joue sur les peurs et promet de «rendre à l'Amérique sa grandeur», son slogan.

Il insulte copieusement ses concurrents: Ted Cruz est un type «méchant», «que personne n'aime», un «abruti» qui «couche avec Wall Street». Jeb Bush est «ridicule» et «pathétique». Hillary Clinton, pourtant invitée à son mariage, «ment comme une folle» et s'est «fait mettre» par Obama en 2008, ose même Trump. Bernie Sanders, lui, est «un désastre».

Il fascine, horrifie, amuse aussi. Et il en sort toujours gagnant: ses déclarations belliqueuses lui ont assuré une couverture télévisée supérieure à celle de tous ses concurrents républicains réunis.

Désarroi des leaders

Impuissants à trouver une alternative, alors qu'il est à quelque 36% des intentions de vote au niveau national, les leaders du parti républicain s'arrachent les cheveux.

«Opportuniste politique», «extraordinairement inculte», «charlatan», «égocentrique et creux», ont accusé récemment des plumes conservatrices dans un numéro spécial du magazine «National Review». Donald Trump, qui auto-finance sa campagne et se déplace dans son Boeing 757 privé, n'en a cure.

Le milliardaire à la chevelure blonde improbable a été démocrate jusqu'en 1987, républicain (1987-1999), membre du parti de la Réforme (1999-2001). Sous George W. Bush qu'il n'aime pas, il redevient démocrate (2001-2009), puis repasse républicain (2009-2011), indépendant, et à nouveau républicain (2012-2016).

Amateur de luxe

Né à New York, il était le quatrième des cinq enfants d'un gros promoteur immobilier new-yorkais. Après des études de commerce, il rejoint l'entreprise familiale en 1968. Son père l'aide à ses débuts avec «un petit prêt d'un million de dollars». En 1971, Donald Trump prend le contrôle de l'entreprise paternelle. Son père construisait des logements pour la classe moyenne à Brooklyn et Queens. Lui préfère les tours de luxe, les hôtels, casinos et golfs, de Manhattan à Bombay en passant par Miami ou Dubai.

Ce fan de catch était aussi jusqu'en 2015 co-propriétaire des concours Miss Univers et Miss America.

Trump a dans sa carrière intenté ou été la cible de dizaines de procès civils liés à ses affaires. Entre 1991 et 2009, quatre de ses casinos ou hôtels ont été placés sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

3 mariages et 5 enfants

Il s'est marié trois fois: deux mannequins, une actrice. Il a cinq enfants, sept petits-enfants. Il était dans les années 90 pour la liberté en matière d'avortement. Est contre le contrôle des armes à feu, après les avoir critiquées. Il veut lourdement taxer les importations chinoises.

Mais pour les détails de son programme, il faudra attendre. «Nous voulons être imprévisibles. Nous devons être des joueurs de poker, des joueurs d'échec», a-t-il récemment confié, expliquant qu'il ne voulait pas que les ennemis des Etats-Unis, où même leurs alliés, sachent ce qu'il pense.

AFP

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