Douze démocrates en colère contre Donald Trump

PolitiqueLe 4e débat démocrate de la campagne présidentielle américaine a donné lieu a un feu d’artifice d’attaques contre le président des Etats-Unis menacé de destitution.

Joe Biden et Elizabeth Warren lors du 4e débat pour l'investiture démocrate, qui s'est tenu mardi soir dans l'Ohio.

Joe Biden et Elizabeth Warren lors du 4e débat pour l'investiture démocrate, qui s'est tenu mardi soir dans l'Ohio. Image: KEYSTONE

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Ils étaient 12 hommes et femmes en colère mardi soir à Westerville, dans l’Ohio, sur la scène du 4e débat pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine de novembre 2020. Ils avaient un ennemi commun, Donald Trump, et une ambition partagée: mettre à profit un temps de parole limité et sortir du lot à quatre mois du premier scrutin dans l’Iowa.

Après plusieurs semaines difficiles pour sa candidature à la Maison-Blanche, Joe Biden a livré une performance plus solide que lors des précédents débats et l’a conclue en accusant Donald Trump d’avoir «arraché l’âme» des Etats-Unis. L’ancien vice-président de Barack Obama a néanmoins aussi été épargné par les attaques de ses adversaires qui semblent avoir conclu qu’il n’est plus leur principal rival pour l’investiture démocrate. Bernie Sanders, 78 ans, a pour sa part rassuré ses supporters sur son état de santé deux semaines à peine après sa crise cardiaque et a provoqué les éclats de rires du public en assurant: «Je me sens super bien.»

Pete Buttigieg, le plus jeune candidat à l’investiture démocrate, a multiplié les attaques incisives contre ses adversaires à commencer par Elizabeth Warren, la nouvelle favorite. La sénatrice du Massachusetts a d’ailleurs été le centre d’attention mardi soir et c’est elle qui a eu le plus de temps de parole. Elle a promis de battre «Donald Trump, Mike Pence (ndlr: le vice-président) ou quelle que soit la personne sur laquelle les républicains devront se rabattre», une référence implicite à la procédure de destitution au Congrès menaçant le président des Etats-Unis.

Moments savoureux

Le débat décousu a donné lieu à quelques moments savoureux dont la politique américaine a le secret. A commercer par un candidat milliardaire, Tom Steyer, qui a promu avec passion un impôt visant les grosses fortunes américaines. Cet engagement a incité Amy Klobuchar, l’une de ses adversaires pour l’investiture démocrate et l’une des meilleures candidates mardi soir, à souligner que «même le milliardaire ne défend pas les milliardaires». Le sénateur afro-américain du New Jersey, Corey Booker, a utilisé une question portant sur le monopole des géants de la Silicon Valley pour rappeler aux Américains qu’il était végétalien.

Quant à Beto O’Rourke, l’ancien représentant texan âgé de 47 ans a réussi à glisser un mot d’espagnol en parlant de l’arrivée des troupes russes dans le nord de la Syrie. Le candidat originaire d’El Paso, une ville qui a récemment été le théâtre d’une fusillade, a aussi été à l’origine de l’un des moments le plus passionnels du débat lorsqu’il a défendu face à Pete Buttigieg, 37 ans, son programme pour interdire les fusils d’assaut aujourd’hui en vente libre outre-Atlantique. «Si quelqu’un ne rend pas l’une de ces armes de guerre [...], cette arme leur sera confisquée», a martelé Beto O’Rourke.

Ce 4e débat apparaissait déjà comme décisif pour de nombreux candidats dont O’Rourke, car la dynamique de la course à l’investiture démocrate a changé ces dernières semaines. Elizabeth Warren, la sénatrice progressiste du Massachusetts âgée de 70 ans, a rattrapé l’ancien vice-président Joe Biden dans les sondages et a clairement distancé Bernie Sanders, son rival pour les voix de l’aile gauche du Parti démocrate.

Affaire ukrainienne

Joe Biden, 76 ans, est apparu combattif quelques heures après les remords exprimés par son fils Hunter sur la chaîne de télévision ABC. Hunter Biden est au coeur de l’affaire ukrainienne qui menace la présidence de Donald Trump mais aussi la candidature à la Maison-Blanche de son propre père. «J’ai donné l’opportunité à des personnes très immorales de faire du mal à mon père. Là, j’ai fait une erreur», a déclaré Hunter Biden à propos de son travail au sein de Burisma, un groupe ukrainien, à l’époque où Joe Biden était vice-président. «Donc je reconnais ma responsabilité. Ai-je fait quelque chose d’inapproprié? Non, à aucun moment.»

Donald Trump fait l’objet d’une enquête parlementaire pouvant mener à sa destitution à cause d’une conversation téléphonique le 25 juillet dernier, au cours de laquelle il avait demandé «une faveur» au président ukrainien et indiqué vouloir que Kiev s’intéresse de près aux activités de Hunter Biden en Ukraine.

Cette enquête parlementaire visant Donald Trump joue un rôle important pour les électeurs démocrates, comme le rappelle Tracy Ehlert, une représentante étatique démocrate de l’Iowa. «Quand je frappe aux portes de ma circonscription, les gens me parlent d’abord de leurs soucis en matière d’accès à la santé et à une éducation de qualité pour leurs enfants», explique-t-elle. «Et après cela, ils expriment leur désir de voir Donald Trump quitter la Maison-Blanche.»

«Quand je frappe aux portes de ma circonscription, les gens me parlent d’abord de leurs soucis en matière d’accès à la santé et à une éducation de qualité pour leurs enfants»

Tracy Ehlert soutient Elizabeth Warren. «Nous avons beaucoup de bons candidats pour l’investiture démocrate, il y en a même presque trop», poursuit l’élue en riant. «Je travaille dans le domaine de l’éducation préscolaire et pour moi il est très important d’avoir une candidate comme Elizabeth Warren qui a une approche globale de l’éducation des enfants dès leur naissance.»

Tracy Ehlert a été sollicitée par la campagne d’Elizabeth Warren pour contribuer à l’élaboration d’un projet pour l’éducation américaine. «A ceux qui disent qu’Elizabeth Warren est trop à gauche, je réponds que nous avons besoin d’idées radicales pour changer la situation que nous vivons actuellement, conclut l’élue de l’Iowa. Bien sûr qu’il nous faut de la stabilité, mais pour gagner en 2020, nous devons proposer une alternative claire au président actuel et je suis confiante qu’Elizabeth Warren peut battre Donald Trump.»

Créé: 16.10.2019, 06h52

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