Colère arabe autour des obsèques de Peres

JérusalemMahmoud Abbas est décrié par la rue palestinienne. Il était vendredi le seul président arabe aux funérailles du «boucher de Cana».

Poignée de mains controversée entre Netanyahou et Abbas (à g.).

Poignée de mains controversée entre Netanyahou et Abbas (à g.). Image: DR

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Furieux, ils crient à la trahison. De nombreux Palestiniens condamnent sur les réseaux sociaux la poignée de main échangée par leur président Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ce vendredi à Jérusalem, à l’occasion des funérailles de l’ancien chef de l’Etat hébreu, Shimon Peres.

Mahmoud Abbas est d’ailleurs le seul président arabe à avoir fait le déplacement pour assister aux obsèques de celui qui reçut en 1994 le Prix Nobel de la paix aux côtés de Yitzhak Rabin et de Yasser Arafat, un an après la signature des Accords d’Oslo. Même le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah de Jordanie se sont abstenus de venir en personne rendre hommage à Shimon Peres, alors que leurs deux pays ont signé des traités de paix avec l’Etat hébreu. C’est d’autant plus significatif qu’aux obsèques du premier ministre Yitzhk Rabin en novembre 1995, Le Caire et Amman étaient représentés par leurs deux chefs d’Etat.

Bien sûr, les temps ont changé. L’espoir de paix était réel dans les années 90, il n’en reste plus rien aujourd’hui. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne fait rien pour favoriser la naissance d’un véritable Etat palestinien et le président Abbas a perdu toute crédibilité auprès des siens.

Mais ce n’est pas l’unique raison de la colère à Ramallah, dans le reste des Territoires occupés et un peu partout dans le monde arabe. Tandis que l’Occident pleure en Shimon Peres un homme de paix, les Palestiniens se rappellent plutôt du «père de la bombe nucléaire» israélienne, artisan de la répression et de la colonisation juive durant la vingtaine d’années où il fut ministre de la Défense ou premier ministre. Surtout, on le surnomme «le boucher de Cana» en référence au massacre de 106 civils libanais dans le bombardement d’un camp de l’ONU en 1996, alors qu’il était à la tête du gouvernement israélien. «Maudite soit son âme!» a lâché cette semaine le ministre libanais Waël Bou Faour.

(24 heures)

Créé: 30.09.2016, 22h10

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