Israël menace la réunion Iran-Etats-Unis à Genève

NucléaireKerry et Zarif doivent rejoindre dimanche les discussions nucléaires qu’entament ce vendredi leurs deux adjoints.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Image: Reuters

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Rencontre sous haute tension demain à Genève. Wendy Sherman, la numéro 3 de la diplomatie étasunienne, y retrouve Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, pour tenter de dessiner les grandes lignes d’un accord historique sur le programme nucléaire iranien. Ils seront rejoints dimanche et lundi par leurs supérieurs, John Kerry et Mohammad Javad Zarif. Et si tout va bien, dès mardi ils élargiront aux représentants de Pékin, Moscou, Paris, Londres et Berlin. Un espoir cependant menacé par les manœuvres politiques du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, s’énerve-t-on à Washington.

Ce n’est pas un secret: l’équipe Obama met la pression maximum pour aboutir d’ici à la fin mars à un projet d’accord global avec Téhéran, qui pourra ensuite être peaufiné en vue d’une signature avant le 1er juillet. Ce texte garantirait la nature strictement civile et pacifique du programme nucléaire iranien, en échange d’une levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie de ce pays. Ce processus de normalisation serait encadré par le groupe 5+1, réunissant Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU), ainsi que l’Allemagne.

L'ombre de Netanyahou

Mais c’est compter sans la campagne de dénigrement menée par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour faire capoter un «mauvais accord», qui laisserait selon lui trop de latitude à l’Iran. Il va se rendre le 3 mars à Washington, où il est invité à s’exprimer devant le nouveau Congrès américain (dominé par les élus républicains) pour dire tout le mal qu’il pense des négociations iraniennes du président démocrate Barack Obama. Et cela, en pleine campagne politique israélienne, deux semaines avant les élections législatives du 17 mars, où le leader du Likoud pourrait perdre le pouvoir. Obama, lui, refuse de le recevoir, furieux de n’avoir même pas été averti de l’invitation au Congrès.

Ce n’est pas tout. Hier à Washington, Josh Earnest, le porte-parole de Barack Obama, fustigeait des «fuites» israéliennes distillées aux médias «pour déformer la position des Etats-Unis dans ces négociations» sur le nucléaire iranien. La veille, le New York Times avait affirmé que la Maison-Blanche veille à ne pas trop en dire à l’Etat hébreu, de peur que les secrets des pourparlers ne soient étalés sur la place publique, au risque de mettre Téhéran à cran et d’énerver l’opinion publique aux Etats-Unis.

Créé: 19.02.2015, 18h17

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