Israël-Palestine: trois alternatives à un Etat palestinien

Proche-Orient Donald Trump ne défendra pas la «solution des deux Etats», Israël et Palestine. C’est un tournant historique.

Un manifestant tend un drapeau binational, espoir d’une vie meilleure dans cette région.

Un manifestant tend un drapeau binational, espoir d’une vie meilleure dans cette région. Image: Reuters

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Nouvelle donne au Proche-Orient. A l’occasion de sa première rencontre avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la Maison-Blanche, le président américain a déclaré que la solution à deux Etats n’était pas la seule possible: «Je pourrais m’accommoder d’un ou de deux Etats.» Cette déclaration a de quoi surprendre: depuis des décennies, la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël est l’objectif prioritaire des Etats-Unis, médiateur historique dans le conflit. Officiellement, l’idée est toujours privilégiée par Benjamin Netanyahou, l’Organisation de libération de la Palestine et une grande partie de la communauté internationale.

Sondage

Quelle solution pour Israël et la Palestine?

Un Etat unique juif

 
9.1%

Un Etat unique binational

 
6.4%

Une Confédération

 
15.5%

Deux Etats indépendants

 
63.1%

Je ne sais pas

 
5.9%

1770 votes au total


Et sur le terrain? Plus de vingt ans après les accords d’Oslo (1994), l’espoir a cédé la place à un pessimisme généralisé. Le nombre de colons israéliens en Cisjordanie a triplé et personne ne voit comment les en déloger, l’Autorité palestinienne dispose d’une très faible légitimité au sein de sa population, et les points d’accrochage entre Israël et les Palestiniens, comme le statut de Jérusalem-Est ou le retour des réfugiés palestiniens, semblent inconciliables. Bien des observateurs jugent la solution à deux Etats dans l’impasse. Mais y a-t-il vraiment une alternative? Ce ne sont pas les propositions qui manquent.

L’Etat unique juif

Cette option est prônée par la droite nationaliste et religieuse israélienne, guidée par le ministre de l’Education, Naftali Bennett, qui appelle régulièrement à «étendre la souveraineté d’Israël en Cisjordanie». Dans ce scénario, soutenu par plus du tiers des juifs israéliens, l’Etat hébreu annexerait tout ou partie de la Cisjordanie tout en conservant son caractère juif. Afin d’éviter de se retrouver minoritaires, les Israéliens n’accorderaient pas de droits politiques aux Arabes, qui n’auraient qu’un statut de résident. Cette solution conduirait donc à «un Etat et deux systèmes, c’est-à-dire un Etat d’apartheid», dénonce Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine.

L’Etat unique binational

Dans ce scénario, Israël perdrait son caractère juif, et l’Etat devrait afficher une neutralité stricte vis-à-vis de la religion. Les citoyens auraient les mêmes droits fondamentaux mais seraient répartis en deux nationalités distinctes, avec des règles et des symboles propres. La plupart des services publics seraient gérés au niveau local. Une idée développée par l’éditeur français Eric Hazan et le documentariste israélien Eyal Si van dans leur essai Un Etat commun entre le Jourdain et la mer, paru en 2012. «La partition induite par la solution à deux Etats n’a aucun sens puisqu’il n’existe pas de territoire juif ou arabe au Proche-Orient, relève Eyal Sivan. Comme tout est imbriqué, on ne peut pas tracer une séparation ethnique: elle ne correspond à aucune géographie.» Cependant, on voit mal Israël accepter une «solution» où la population juive ne serait plus forcément majoritaire.

La Confédération

Un collectif israélo-palestinien a mis au point une troisième voie: «Deux Etats, une patrie». Basée sur le modèle de l’Union européenne, elle prévoit deux Etats parallèles, l’un juif, l’autre arabe, mais la fiscalité, l’économie et les ressources seraient gérées par une administration commune. Comme dans l’UE, les citoyens auraient la liberté de s’installer et de travailler là où ils le souhaitent. Les colons juifs pourraient rester en Cisjordanie et continueraient de voter pour le parlement israélien, mais ils devraient respecter les lois palestiniennes. De la même façon, les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient retourner vivre en Israël. «Aujourd’hui, les deux peuples ont chacun besoin d’une terre qui leur appartienne, estime Meron Rapoport, un écrivain israélien à l’origine de l’initiative. Mais dans cinquante ans, après une longue période de paix et de respect mutuel, ils pourront peut-être construire ensemble une confédération, comme en Suisse.»

Créé: 16.02.2017, 08h22

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