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Paris et Londres réaffirment leur ligne anti-Assad

Les chefs de la diplomatie française et britannique ont assuré dans une tribune publiée vendredi que Bachar el-Assad «ne peut par être l'avenir de la Syrie».

Pour la France et le Royaume-Uni, Bachar al-Assad ne peux pas assurer l'avenir de la Syrie.
Pour la France et le Royaume-Uni, Bachar al-Assad ne peux pas assurer l'avenir de la Syrie.
(photo d'archives), Keystone

La France et la Grande-Bretagne ont réaffirmé ce vendredi 27 février leur ligne anti-Bachar al-Assad en Syrie. Elles ont assuré que tout rétablissement des relations diplomatiques avec Damas provoquerait une radicalisation de l'opposition modérée et consoliderait le camp djihadiste.

La visite surprise d'une délégation parlementaire française en Syrie cette semaine a relancé le débat sur la nécessité de reprendre langue avec le régime syrien pour lutter plus efficacement contre l'Etat islamique (EI).

«Depuis le palais où il est reclus, Bachar al Assad ne se contente plus de faire la guerre à son propre peuple: il a lancé une démarche d'auto-réhabilitation», écrivent les chefs de la diplomatie française et britannique Laurent Fabius et Philip Hammond dans une tribune publiée notamment dans Le Monde et dans le journal arabe publié à Londres Al Hayat.

«Certains paraissent sensibles à ce discours: face à la terreur, disent-ils, l'injustice et la dictature seraient préférables au désordre», ajoutent les deux ministres. «En réalité, Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous disons non aux trois.»

Plus de 200'000 morts

Au total, plus de 200'000 personnes ont été tuées dans le conflit syrien, qui a commencé en mars 2011 sous la forme d'une contestation pacifique. Depuis les attentats de janvier à Paris, des diplomates et des membres des services de renseignements français s'interrogent sur les limites de la ligne adoptée par Paris.

Le député UMP, Jacques Myard, l'un des élus qui s'est rendu en Syrie, a déclaré qu'il était illusoire de vouloir régler la guerre civile en Syrie et la question de l'EI en isolant Bachar el-Assad.

«Longue liste de crimes»

Dans leur tribune, les deux ministres appellent à ne pas oublier la «longue liste de crimes de guerre et crimes contre l'humanité» commis par le régime Bachar el-Assad, l'utilisation présumée d'armes chimiques, les assassinats et les actes de tortures commis contre les populations civiles.

«Après 220'000 morts et des millions de déplacés, il est illusoire d'imaginer que la majorité des Syriens consentent à se placer de nouveau sous la coupe de celui qui les martyrise», estiment Laurent Fabius et Philip Hammond.

«Mettre fin à leurs espoirs d'un avenir meilleur avec une Syrie sans Bachar, ce serait radicaliser encore davantage de nombreux Syriens, pousser des modérés vers l'extrémisme et consolider un bastion djihadiste en Syrie.» Selon eux, la solution passe par la constitution d'un gouvernement d'unité, réunissant des membres de l'opposition et du régime.

(ats)

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