Le programme de Valls contre la «purge» Fillon

FranceFace à la gauche, le programme du candidat de la droite, François Fillon, est une «vaste purge», a dénoncé Manuel Valls.

Manuel Valls propose d'instaurer un salaire minimum européen variable suivant les pays. Image: Keystone

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Manuel Valls a présenté mardi un programme assumant l'héritage du quinquennat de François Hollande à trois semaines des primaires du parti socialiste. Il souhaite «refonder» l'Europe et permettre aux Français de «reprendre la main». Autre candidat déclaré, Vincent Peillon veut incarner le point d'équilibre du PS.

Doté d'un nouveau slogan («Une République forte, une France juste»), le programme de 50 pages présenté par Manuel Valls à la maison de la Chimie à Paris comporte notamment un important volet de réformes au niveau des 27 membres de l'Union européenne.

Il propose d'instaurer un salaire minimum européen variable suivant les pays (60% du salaire médian) ou d'encadrer dans un «corridor», avec un minimum et un maximum, les impôts sur les sociétés des Etats membres. Les multinationales du numérique comme Google ou Amazon seraient, elles, taxées là où leur chiffre d'affaires est réalisé.

L'ex-locataire de Matignon, qui veut une grande conférence pour «refonder» le projet européen, propose d'avancer avec les Etats volontaires faute d'accord à 27. S'il parvient à l'Elysée, M. Valls compte fermer définitivement la porte à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, qu'elle «ne doit pas et ne pourra pas intégrer».

Plus de gendarmes, plus de juges

En France, il ne compte ni modifier la durée légale du travail, ni accentuer la baisse du coût du travail, ni assouplir les règles du marché du travail, ni réduire la part de la dépense publique dans le produit intérieur brut (PIB).

En matière de sécurité, il veut créer au moins un millier de postes par an au sein des forces de l'ordre ainsi que 10'000 nouvelles places dans les prisons alors que la population carcérale déborde. Il désire aussi que le salaire des enseignants augmente et entend financer un «revenu décent» d'environ 800 euros fusionnant les minimas sociaux.

Autres propositions: un service civique obligatoire de six mois et la division par deux en cinq ans de l'écart salarial hommes-femmes.

En tête des sondages pour la primaire (22 et 29 janvier), son horizon budgétaire est tempéré: maîtriser les déficits sous la barre européenne de 3% du PIB sans tenter de s'approcher de l'équilibre, jugeant «inopportun» de vouloir réduire le déficit «à marche forcée».

Tous contre Fillon

Les quatre candidats socialistes qui s'affronteront au premier tour le 22 janvier, aux côtés des écologistes François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias et de la présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, ont déjà tracé les limites du champ de bataille de la primaire et désigné l'adversaire numéro 1: François Fillon.

Le candidat de la droite prévoit une «vaste purge», a déclaré mardi Manuel Valls aux journalistes. «Le programme de la droite, c'est punir les Français, c'est donc une mécanique implacable de la désunion comme notre pays n'en aurait jamais connue au cours des dernières décennies», a-t-il ajouté.

Peillon prône le compromis

Sans renier lui non plus l'héritage de François Hollande, Vincent Peillon a également fait étalage de son programme mardi à Paris. Signe de sa volonté de ménager un compromis entre les tendances divergentes au sein du PS, le député européen et professeur à l'Université de Neuchâtel souhaite amender la loi Travail, contestée par une partie de la majorité, mais sans toutefois la supprimer.

L'ex-ministre de l'éducation nationale, évincé du gouvernement en 2014, a bâti son programme en moins d'un mois après la renonciation de François Hollande. Il promet d'instaurer une «bouclier fiscal pour les plus modestes».

Montebourg se compare à Hugo

Arnaud Montebourg doit de son côté présenter mercredi son programme économique et sa stratégie pour l'emploi. L'ancien ministre de l'économie veut notamment redonner du pouvoir d'achat aux «classes populaires», a-t-il proclamé mardi sur les ondes de la radio RTL.

Il souhaite un «revenu universel d'existence» qui atteindrait à terme 750 euros par mois. «Je suis un peu comme Victor Hugo lorsqu'il exaltait le travail fier», a-t-il dit sur RTL. «Je crois à la société du travail parce que c'est l'outil de la dignité du citoyen». (ats/nxp)

Créé: 03.01.2017, 13h17

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