La question migratoire au centre des discussions

DiplomatieEn pré-campagne pour les européennes, Emmanuel Macron a reçu Angela Merkel à Marseille pour trouver des solutions aux problèmes de l'UE.

Angela Merkel et Emmanuel Macron désirent que l'UE continue à oeuvrer dans la même direction.

Angela Merkel et Emmanuel Macron désirent que l'UE continue à oeuvrer dans la même direction. Image: Keystone

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Déjà en campagne pour les élections européennes de 2019, Emmanuel Macron a retrouvé Angela Merkel vendredi à Marseille. Il espère consolider son «arc progressiste» face aux nationalistes antimigrants qui progressent en Europe, et jusque dans le gouvernement allemand.

«L'Allemagne et la France ont la même approche des problèmes (...) Nous devons continuer à oeuvrer pour la souveraineté de l'Europe», a déclaré la chancelière allemande après avoir été chaleureusement accueillie par le président français au palais du Pharo, avec une vue imprenable sur le Vieux-Port de Marseille.

Les deux dirigeants devaient passer quatre heures ensemble pour parler en tête à tête, puis avec leur équipe et enfin autour de l'une des plus belles tables marseillaises. Au programme: de nombreux sujets de l'actualité européenne, comme les migrations, la défense commune, le Brexit ou l'avenir de la zone euro.

Ces questions migratoires, «la ville de Marseille les connait ô combien, comme toute la Méditerranée», a estimé Emmanuel Macron. Port d'accueil depuis des siècles, Marseille est «un lieu propice pour discuter de cette question», a abondé Angela Merkel.

Une chance et pas une crainte

En arrivant au Pharo, les deux dirigeants sont d'ailleurs passés près de l'Aquarius, le bateau de l'ONG SOS Méditerranée, qui s'est retrouvé au coeur des disputes européennes pour accueillir les migrants cet été. Jeudi, SOS Méditerranée a appelé «urgemment à un sursaut du couple franco-allemand» pour parvenir à «un mécanisme pérenne de débarquement» des migrants secourus en mer Méditerranée.

Emmanuel Macron a insisté sur la volonté de faire de cette question migratoire «une chance et pas une crainte» en Europe alors que la chancelière est de nouveau fragilisée au sein de sa coalition au terme d'une passe d'armes sur l'immigration jeudi avec son ministre de l'Intérieur.

Horst Seehofer, président du très conservateur parti bavarois CSU, a affirmé que «la question migratoire est la mère de tous les problèmes» en Allemagne. Il a dit comprendre les manifestations antimigrants de Chemnitz qui ont donné lieu à des violences. Des débordements qui «ne sont pas tolérables», a rétorqué la chancelière.

Le tour d'Europe de Macron

Avant d'arriver à Marseille, Emmanuel Macron avait parachevé jeudi au Luxembourg une tournée européenne qui l'a conduit à rencontrer sept dirigeants en sept semaines.

Le président français et les Premiers ministres belge Charles Michel, néerlandais Mark Rutte et luxembourgeois Xavier Bettel ont fait bloc pour défendre une Europe «progressiste» contre le «repli nationaliste», clivage que Paris veut mettre en avant pour les élections européennes de mai.

Ils ont décidé de proposer ensemble au Conseil européen du 20 septembre des solutions plus concrètes pour réduire l'arrivée de migrants.

Leur idée-phare est d'octroyer d'importantes aides financières aux pays africains d'origine ou de transit qui en échange, comme le font déjà Turquie et Libye, limiteraient le passage des migrants en Europe. Charles Michel a même parlé d'un «plan Marshall pour l'Afrique».

Globalement, M. Macron et ses alliés veulent une gestion coordonnée des migrants, laissant la porte ouverte aux réfugiés au nom du devoir d'asile, mais plus efficace pour renvoyer chez eux les migrants économiques.

Combat des chefs

Décidés à fermer plus étroitement leurs frontières, l'Italie du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini et la Hongrie du premier ministre Viktor Orban, ont désigné le président français comme leur principal adversaire. Rôle qu'il a aussitôt endossé.

Emmanuel Macron veut aussi faire émerger un nouveau mouvement politique progressiste en Europe d'ici la fin de l'année et, comme en France, recomposer le paysage politique européen. Pour y parvenir, il compte sur une scission du Parti populaire européen (PPE), principal parti du parlement, qui regroupe des partis conservateurs allant des chrétiens-démocrates d'Angela Merkel au Fidesz de Viktor Orban. (ats/nxp)

Créé: 07.09.2018, 19h15

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