Comment refonder l’UE? Chacun des 27 Etats a ses propres priorités!

Après le BrexitDans une étude, les visions nationales de l’Union européenne se précisent. De quoi faire dessiner l’Union de demain?

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Que veulent les Européens? Après le Brexit britannique, le Conseil européen et la Commission vont devoir proposer un projet de relance de l’UE à vingt-sept. Dans un contexte politique difficile, puisque la défiance des peuples à l’égard de Bruxelles va grandissante. Pour mieux comprendre les différentes perceptions et priorités des Etats membres et de leur opinion, une étude réalisée entre 2014 et 2016, intitulée «Building bridges between national perspectives on the European Union» (Construire des ponts entre les perspectives nationales sur l’UE), vient d’être publiée. Elle est le fruit d’un travail d’experts des affaires européennes des différents pays, placés sous la direction de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il en résulte plusieurs profils de membres de l’UE, qui pourraient inspirer des politiques susceptibles de susciter l’adhésion des opinions.

Souveraineté et marché.

Pour l’Autriche, petit pays tourné vers l’exportation (à 70% avec les pays de l’UE), le marché unique est essentiel. Pour 58% des Autrichiens, la libre circulation des personnes et des bien l’est tout autant. Avec l’élargissement, l’Autriche a par ailleurs gagné une position stratégique sans les affaires entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en terme d’identité, les Autrichiens se disent europhiles, ils sont eurosceptiques.

La République tchèque a peu à peu rejoint cette ligne. Son économie a pourtant gagné 1,1% de croissance annuelle en plus en étant membre de l’UE. Les Tchèques sont attachés à la libre circulation et à la possibilité d’aller étudier et travailler dans d’autres Etats membres, mais l’euroscepticisme progressant, ils sont devenus partisans d’une Europe des nations, après avoir soutenu une plus grande intégration.

Le Danemark, qui a refusé l’euro, rejette aussi l’Europe fédérale et tout projet d’intégration politique. En revanche, les Danois soutiennent les politiques communes de sécurité ou d’environnement. Champions de l’euroscepticisme, ils sont néanmoins pragmatiques en bien des domaines: ils rejettent l’union bancaire ou une politique commune de migration, mais sont pour un marché unique du digital ou une Europe de l’énergie.

Se rangent aussi dans cette catégorie: La Hongrie, les Pays-Bas.

Puissance politique.

En Allemagne, qui a pris le leadership politique européen, une meilleure intégration économique passe par un respect des règles communes. Et l’idée que la stabilité politique et économique du pays dépend de ses voisins, a conduit l’Allemagne à développer un projet d’intégration pragmatique, que la crise grecque et celle des migrations, a dessiné tant bien que mal.

Petit pays qui profite de la localisation de nombreuses institutions européennes à Bruxelles, la Belgique souhaite plus franchement une plus grande intégration et une Europe fédérale. Les Belges ont d’ailleurs une meilleure opinion des institutions européennes que de leur gouvernement et parlement nationaux. Pour eux, résoudre la crise économique et sociale en Europe est prioritaire. A cette fin, ils militent pour une augmentation du budget européen.

En France, le projet européen en tant que tel n’est pas remis en cause. Il est vu comme un moyen pour la France de garder son influence politique et sa place parmi les puissances économiques. Pour une majorité de dirigeants, l’euro implique une convergence économique de la zone. Les Français défendent donc une plus grande intégration fiscale et sociale et une politique migratoire commune.

La Bulgarie, qui reste l’Etat le plus pauvre de l’Union, souhaite elle aussi une plus grande intégration. Vu de Sophia, les questions d’énergie, d’asile et de migration doivent être traitées au niveau européen. Si les Bulgares sont critiques sur leurs gouvernements de la période de transition, ils ont comme les Belges, une bien meilleure opinion des institutions de l’UE.

L’Estonie est comme les autres pays baltes pour une plus grande intégration politique et économique. Tallinn a pris ainsi pris la tête des partisans d’un marché unique digital et pousse à une politique énergétique et de sécurité commune, pour se protéger et ne plus dépendre du voisin russe.

Se rangent aussi dans cette catégorie: l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Lituanie, la Lettonie, la Roumanie.

Espoir de paix et de prospérité.

Pour la Croatie, l’UE est à la fois une garantie de paix et de prospérité. A ses yeux, il est donc prioritaire d’intégrer les autres pays qui ont connu le désastre de la guerre des Balkans. Pour les Croates, la mobilité et l’éducation doivent renforcer le sentiment européen. Pour eux, développer les standards européens et les projets communs doivent rendre l’UE plus fonctionnelle.

A Chypre aussi, la paix reste au cœur du projet européen. L’espoir va même au-delà: l’UE doit permettre une réunification entre la partie turque et grecque.

Hésitation et statu quo.

Pour la Pologne, le marché unique a été synonyme de croissance et d’investissements étrangers. L’UE et l’OTAN lui ont garanti la sécurité face à la Russie. Plus d’intégration servirait son ambition de prendre sa place parmi les grands Etats de l’UE, mais ce sentiment est en recul. La peur des dégâts supposés d’une entrée dans la zone euro et la crise migratoire ont gelé cette ambition.

Se rangent aussi dans cette catégorie: la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.

Créé: 30.06.2016, 13h27

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