Regain de violence à l'heure du retrait des troupes de l'OTAN

AfghanistanLes talibans frappent tandis que Kaboul donne son feu vert au maintien d’une force résiduelle étrangère en 2015.

Des proches des victimes de l'attaque à la bombe écoutant le discours du chef Afghan.

Des proches des victimes de l'attaque à la bombe écoutant le discours du chef Afghan. Image: Keystone

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Carnage. En Afghanistan, un attentat suicide au cours d’un match de volley-ball a coûté la vie à au moins 57 personnes dimanche. Plus de 60 autres ont été blessées. Cette attaque, revendiquée par les talibans du réseau Haqqani, s’est déroulée au moment où le Parlement afghan adoptait un accord de sécurité avec les Etats-Unis et l’OTAN pour prolonger la présence de troupes occidentales dans le pays après 2014.

Le kamikaze, vêtu d’un long châle, le traditionnel «patou» afghan, s’est faufilé dans la foule à moto. Des centaines de personnes étaient rassemblées pour l’occasion dans la province Paktika, près de la frontière avec le Pakistan. L’homme a pris le temps de descendre de son engin avant de se faire exploser, selon un témoin de la scène. Cet attentat, le plus meurtrier depuis trois ans dans le pays, montre l’ampleur de la tâche qui attend le nouveau président afghan, Ashraf Ghani, alors que dans un mois les forces gouvernementales sont censées défendre seules le pays face à l’insurrection. M. Ghani, à qui les rebelles reprochent d’avoir donné le feu vert au maintien d’une force résiduelle en Afghanistan, a vivement condamné cet attentat «inhumain et contraire à l’islam».

L’accord de sécurité signé au moment du drame autorise près de 12 500 soldats étrangers – essentiellement américains – à rester sur le territoire afghan après le départ des troupes de l’OTAN à la fin de l’année. Dès 2015, cette force sera affectée au soutien et à la formation de l’armée afghane. Mais comme l’a révélé le New York Times ce week-end, la mission des troupes de Washington ne s’arrêtera pas là. Barack Obama a décidé d’autoriser ses hommes à aller au-delà de l’assistance et à combattre directement les rebelles en cas de menaces, y compris à l’aide d’avions de combat et de drones.

Selon le quotidien américain, ce changement de stratégie est en partie lié à l’avancée rapide du groupe État islamique (Daech) en Irak. On reproche en effet au président américain d’avoir retiré ses troupes d’Irak avant que l’armée irakienne ne soit préparée à faire face à des attaques islamistes.

A l’approche du retrait des forces de l’OTAN déployées depuis 2001 en Afghanistan, les insurgés multiplient leurs attaques. Leurs cibles: les civils et surtout les forces de sécurité afghanes afin de les affaiblir et de décourager les vocations militaires au sein de la population.

Depuis début de janvier, au moins 4634 policiers et soldats afghans ont été tués dans des attaques et combats, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2013, a annoncé Washington. Ce qui fait craindre une nouvelle escalade de la violence au terme de l’actuelle mission de l’OTAN. (24 heures)

Créé: 24.11.2014, 19h04

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