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FranceLe remaniement gouvernemental se fait désirer

Le nouveau gouvernement français qui devait être présenté mardi soir reste encore inconnu. En jouant la montre, il a suscité les critiques de l'opposition qui dénonce une «mascarade».

Le gouvernement français jouant sur la montre concernant son remaniement, a suscité l'émoi chez ses opposants.
Le gouvernement français jouant sur la montre concernant son remaniement, a suscité l'émoi chez ses opposants.
Bertrand Guay, AFP

L'annonce d'un nouveau gouvernement français devant, espère l'exécutif, lancer un «nouveau chapitre du quinquennat» se faisait toujours attendre mardi soir. L'absence d'indication sur un éventuel timing a suscité les critiques de l'opposition qui a dénoncé une «mascarade».

Le remaniement se fera «sans que le premier ministre ne donne sa démission et celle de son gouvernement», a finalement annoncé en soirée l'Elysée. Mais la présidence n'a pas précisé si ce remaniement, consécutif à la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb il y a une semaine, serait annoncé mardi soir ou ultérieurement.

Drôle de séance à l'Assemblée nationale. Les questions au gouvernement, incertaines dans l'attente du remaniement, ont finalement bien eu lieu. L'occasion d'une nouvelle passe d'armes entre le patron du groupe Les Républicains Christian Jacob et le premier ministre Edouard Philippe.

«Jusqu'à quand cette mascarade va-t-elle continuer?», a lancé M. Jacob à son ancien collègue du groupe LR, qui a ironisé en retour sur la «fébrilité» de l'opposition. Le vice-président de LR Damien Abad a ironisé de son côté sur «la Macronie asséchée», en peine de «trouver des femmes et des hommes capables de créer ce second souffle».

Dans une ambiance électrique, des députés d'opposition s'en donnaient à cœur joie, lançant des appels à la «démission» ou relevant bruyamment l'absence de Jacques Mézard, donné partant du gouvernement, pendant que son secrétaire d'Etat Julien Denormandie répondait au micro.

Toujours pas de ministre de l'Intérieur

La France n'a pas de ministre de l'Intérieur à plein temps depuis la démission de Gérard Collomb, mardi dernier. Dans la matinée, Edouard Philippe - qui assure l'intérim - s'est entretenu pendant près d'une heure et demie avec Emmanuel Macron à l'Elysée. Mais il n'a pas présenté sa démission, scénario pourtant envisagé par de nombreux acteurs. Rien n'a filtré de cet entretien et de nombreux ministres semblaient eux-mêmes dans le flou sur le nouveau gouvernement.

L'hypothèse d'une démission en bloc du gouvernement mardi puis de l'annonce d'une nouvelle équipe en fin de journée est devenue de plus en plus incertaine. Certaines sources gouvernementales évoquent désormais l'annonce d'un nouveau gouvernement mercredi matin, jour du Conseil des ministres suivi du départ de M. Macron pour une visite en Arménie jusqu'à vendredi.

«Prise de conscience»

Le remaniement, précipité par le retour à Lyon de Gérard Collomb, montre «une prise de conscience de la part du président de la République», assure au contraire le député LREM Hugues Renson: «Nous avons besoin de relancer la machine et le président est très attentif à l'état de l'opinion et aux préoccupations des Français», dit-il.

Pour remplacer Gérard Collomb, l'exécutif pourrait être tenté de faire confiance à un expert, sur le modèle de Jean-Michel Blanquer à l'Éducation. Ont été cités les noms du procureur de Paris François Molins - visage connu des Français depuis les attentats de 2015 -, de la directrice de la PJ Mireille Ballestrazzi, de Jean Castex, un haut fonctionnaire qui a servi Nicolas Sarkozy à l'Élysée, ou de l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard.

Mais de sources concordantes, le choix du prochain ministre de l'Intérieur s'est avéré plus compliqué que prévu, faute de candidats disposant du profil recherché par Matignon et l'Elysée, et prêts à accepter le poste. Parmi les politiques, sont évoqués les noms de Christophe Castaner, Jean-Yves Le Drian ou Gérald Darmanin.

Parmi les sortants possibles, figurent Françoise Nyssen (Culture), Jacques Mézard (Cohésion des Territoires) ou Stéphane Travert (Agriculture). Les centristes du MoDem pourraient récupérer un ou deux portefeuilles, comme Marc Fesneau, leur chef de file à l'Assemblée, pressenti, entre autres, pour l'Agriculture.

ats

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