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DiplomatieUne rencontre Trump-Rohani toujours espérée

Alors que les tractations se multiplient à New York, les deux dirigeants n'ont pas fermé la porté à une rencontre.

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)
Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)
Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)
AFP
En vue d'un accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran, le secrétaire d'Etat américain John Kerry va retrouver à Lausanne son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. (15 mars 2015)
En vue d'un accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran, le secrétaire d'Etat américain John Kerry va retrouver à Lausanne son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. (15 mars 2015)
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Toujours pas de percée entre les Etats-Unis et l'Iran malgré l'intense frénésie diplomatique à l'ONU: la balle est mercredi dans le camp de Donald Trump et Hassan Rohani pour esquisser une sortie de crise.

Vont-ils la saisir? Mardi soir, le président français Emmanuel Macron, qui a multiplié les va-et-vient pendant deux jours entre ses homologues américain et iranien, a estimé que «les conditions d'une reprise rapide des négociations» avaient «été créées». «Il appartient maintenant à l'Iran et aux Etats-Unis d'Amérique de se saisir de ces conditions», par une «rencontre» Trump-Rohani ou par un processus plus «progressif», a-t-il lancé.

Avant de repartir dans la nuit de New York, Emmanuel Macron a toutefois lancé un dernier appel pour qu'un tête-à-tête, qui serait historique entre les deux pays ennemis, puisse avoir lieu cette semaine lors de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU. Si le dirigeant iranien «quitte le pays sans rencontrer le président Trump, honnêtement ce sera une occasion perdue car il ne reviendra pas avant plusieurs mois», a martelé le chef de l'Etat français.

Un tel face-à-face, le premier à ce niveau depuis la révolution islamique de 1979 et la rupture des relations américano-iranienne qui a suivi, viserait à faire retomber la tension, qui n'a cessé de monter ces derniers mois et est à son comble depuis les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes, attribuées par les Occidentaux à Téhéran.

Ces derniers jours, les dirigeants américain et iranien ont soufflé le chaud et le froid, affirmant leurs divergences, échangeant parfois des menaces, mais sans jamais fermer catégoriquement la porte à une entrevue.

Affaire ukrainienne

«Ils voudraient négocier. Cela est une bonne chose mais nous ne sommes pas encore tombés d'accord», a déclaré mardi le président américain, toujours friand de rencontres «historiques». Mercredi après-midi, il doit clôturer sa participation à la grand-messe diplomatique mondiale par une conférence de presse.

Mais face aux représentants des 193 membres des Nations unies, l'hôte de la Maison Blanche a aussi promis de «durcir» les sanctions «tant que l'attitude menaçante de l'Iran continuera». Son homologue iranien doit prononcer mercredi matin son discours à la prestigieuse tribune de l'Assemblée générale, au cours duquel il doit détailler son projet régional de «Coalition pour l'espoir» déjà critiqué par l'Arabie saoudite.

Mais il a déjà adressé un message en estimant sur la chaîne de télévision Fox News, l'un des médias préférés du milliardaire républicain, que Donald Trump devait créer «un climat de confiance mutuelle» s'il espérait véritablement dialoguer. Or, a-t-il rappelé, c'est lui qui a décidé du retrait de Washington de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, négocié pendant de longues années.

Mais si cette confiance est «rétablie» par l'allègement des sanctions américaines, Hassan Rohani s'est dit prêt à négocier d'autres accords avec les Etats-Unis. Lors d'une rencontre avec Hassan Rohani, Emmanuel Macron l'a exhorté à saisir une opportunité unique. Si le dirigeant iranien «quitte le pays sans rencontrer le président Trump, honnêtement ce sera une occasion perdue car il ne reviendra pas avant plusieurs mois», a lancé le président français.

Mardi matin, face aux représentants des 193 membres des Nations unies, l'hôte de la Maison Blanche avait multiplié les mises en garde à Téhéran, sans ébaucher de nouvelles pistes. «Tant que l'attitude menaçante de l'Iran continuera, les sanctions ne seront pas levées, elles seront durcies», a-t-il lancé, estimant que tous les pays avaient «le devoir d'agir».

Merkel, Abe et Johnson multiplient aussi les rencontres

Si cette confiance est «rétablie» par l'allègement des sanctions américaines, Hassan Rohani s'est dit prêt à négocier d'autres accords avec les Etats-Unis. Outre Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe ont aussi multiplié les rencontres et les démarches pour rapprocher Donald Trump et Hassan Rohani.

Preuve de l'intense activité diplomatique sur ce dossier, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a rencontré le président iranien pendant une heure, et le Pakistan a affirmé avoir été chargé par d'une médiation par Donald Trump. «Il m'a demandé si nous pouvions contribuer à une désescalade de la situation et peut-être obtenir un nouvel accord» nucléaire, a déclaré le Premier ministre Imran Khan.

Mais la tension restait palpable. Mardi, l'Iran a rejeté le «réquisitoire irresponsable» de Berlin, Londres et Paris, qui ont accusé la veille Téhéran d'être responsable des attaques en Arabie saoudite. «Les Etats-Unis ne cherchent le conflit avec aucun pays. Nous voulons la paix, la coopération et une relation productive avec tout le monde», a encore dit Donald Trump. «Mais je défendrai toujours les intérêts de l'Amérique».

Mise en garde sur Hong Kong

Comme l'an dernier, le président américain a défendu sa vision du monde: «L'avenir n'appartient pas aux mondialistes. L'avenir appartient aux patriotes», a lancé le milliardaire républicain, qui court toujours après une percée diplomatique de taille qui viendrait valider sa «méthode».

Le 45e président des Etats-Unis s'est montré particulièrement ferme sur la Chine. «Pendant des années, les abus» de Pékin dans le commerce international «ont été tolérés, ignorés, voire encouragés», a-t-il dénoncé. «En ce qui concerne l'Amérique, ces temps sont révolus».

Il a aussi assuré regarder «de très près» la manière dont la Chine gère la crise à Hong Kong. «Le monde s'attend fermement à ce que le gouvernement chinois respecte son traité contraignant» et «protège la liberté» et «le mode de vie démocratique» de l'ex-territoire britannique.

Donald Trump a pris la parole juste après l'un de ses admirateurs déclarés, le Brésilien Jair Bolsonaro, qui a affirmé à la tribune qu'il était «faux» de dire que l'Amazonie appartenait au patrimoine de l'humanité, accusant certains pays de se comporter de façon «coloniale» à l'égard du Brésil.

Autre «ami» de Donald Trump, le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont la journée à l'ONU a été parasitée par la décision spectaculaire de la Cour suprême britannique, qui a annulé sa décision de suspendre le Parlement à l'approche du Brexit.

Jamais avare en compliments envers «Boris», Donald Trump s'est dit convaincu, lors d'un tête-à-tête avec ce dernier, qu'il sortirait de cette passe difficile. Réaffirmant sa conviction que le Brexit devait être mené à bien, il a estimé que ce serait «terrible» si ce n'était pas le cas. Et il a de nouveau promis de conclure un «magnifique» accord commercial avec Boris Johnson après la sortie de l'Union européenne.

AFP

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