La réponse à Ebola a «échoué», selon MSF

RDCL'épidémie n'est toujours pas «sous contrôle» après sept mois. Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce la situation, ainsi que les attaques contre les travailleurs de santé.

40% des décès sont observés dans les communautés et aucune indication n'explique 35% des infections.

40% des décès sont observés dans les communautés et aucune indication n'explique 35% des infections. Image: Keystone

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La communauté internationale «a échoué» à répondre à Ebola en RDC, selon MSF qui dénonce aussi une «militarisation» face au virus. Cette combinaison a abouti à plus de 30 attaques contre le personnel de santé en un mois, a dit à Genève la présidente de l'ONG.

Les travailleurs de santé sont «de plus en plus» ciblés, a dit devant la presse Joanne Lieu, de retour de la République démocratique du Congo (RDC) où l'organisation a dû suspendre ses activités sur deux sites. Médecins Sans Frontières (MSF) discute actuellement sur les moyens de revenir dans ces deux zones. «Nous ne savons pas qui sont les agresseurs», affirmé la présidente internationale de MSF.

Alors même que les instruments pour lutter contre Ebola sont plus importants que jamais, l'épidémie n'est toujours pas «sous contrôle» après sept mois. Or, plus de 80'000 personnes ont été vaccinées et de nouveaux médicaments ont été utilisés. Mais 40% des décès sont observés dans les communautés et aucune indication n'explique 35% des infections.

Au total, 907 cas probables et confirmés et plus de 560 décès ont été identifiés. MSF ne cible pas directement l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mais déplore que les acteurs n'aient pas réussi à convaincre les communautés de l'importance d'une prise en charge. La participation à ce dispositif à la taille considérable n'a pas été aussi utile que l'organisation le souhaitait, dit Mme Liu.

Conséquence, les violences d'individus et les assauts de groupes armés ont été nombreux récemment. Il serait toutefois «trop facile» de blâmer les communautés. Celles-ci «ne sont pas le problème», selon la présidente.

Appel pour davantage de vaccins

Mme Liu et Ousmane Sène, le responsable du site de Butembo attaqué il y a quelques semaines, dénoncent une «militarisation» de la réponse. Au début, peu de membres des forces armées étaient présents, mais la situation a ensuite changé, a expliqué M. Sène.

Certains malades ont été contraints par l'armée de se rendre dans un centre de soins. La majorité de la population ne comprend pas pourquoi elle n'a pas accès au vaccin utilisé seulement pour les contacts et les contacts des contacts de personnes affectées. Mme Liu souhaite que davantage de doses puissent être rapidement validées.

«Il faut offrir» davantage qu'un centre de prise en charge loin de leurs proches, affirme Mme Liu. Et prendre en compte davantage les besoins de la population. Dans les sites où elle reste active, MSF est en train de réajuster son dispositif pour une approche pour lier lutte contre Ebola à la réponse plus large sur la santé.

L'OMS «optimiste»

De son côté, l'OMS s'est dite jeudi «optimiste» au vu des progrès de la lutte contre Ebola dans l'est du pays. «Sur les 19 zones de santé touchées par l'épidémie, plus de la moitié n'ont pas enregistré de nouveaux cas depuis 21 jours, ce qui nous encourage beaucoup même si nous devons rester prudents», a déclaré à la presse à Kinshasa la Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique en visite en RDC.

L'épidémie a également pu être contenue à l'intérieur de la RDC sans toucher les pays voisins, a-t-elle précisé. Mme Moeti fait partie de la délégation de l'OMS conduite par son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, venue faire le point de la situation de l'épidémie d'Ebola en RDC. (ats/nxp)

Créé: 07.03.2019, 11h33

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