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Un reporter américano-iranien jugé pour espionnage

Le procès d'un journaliste du «Washington Post» détenu depuis 10 mois en Iran s'est ouvert mardi. Il est accusé d'espionnage.

Le reporter irano-américain Jason Rezaian comparaît avec son épouse, Yeganeh Salehi, également journaliste.
Le reporter irano-américain Jason Rezaian comparaît avec son épouse, Yeganeh Salehi, également journaliste.
(photo d'archives), Keystone

Le correspondant du Washington Post en Iran a comparu mardi devant un tribunal spécial de Téhéran. Arrêté en 2014, Jason Rezaian est accusé d'espionnage. En pleine négociation sur le nucléaire, ce procès pourrait raviver les tensions entre Téhéran et Washington.

Jason Rezaian est «poursuivi pour espionnage pour avoir recueilli des informations confidentielles (...) et les avoir transmises à des gouvernements hostiles, pour avoir écrit une lettre à (Barack) Obama et pour des actes contre la sécurité nationale», a déclaré son avocate, Leïla Ahsan, à l'agence Tasnim. La défense réfute des charges sans «preuves établies».

Le procès se tient à huis clos devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. La première audience a débuté à 10h00 locales (7h30 en Suisse) et s'est achevée après trois heures de débats, selon l'agence de presse liée au pouvoir judiciaire, Mizanonline. Cette cour spéciale juge les affaires politiques ou touchant à la sécurité nationale.

Le journaliste de 39 ans s'est vu signifier les charges qui pèsent contre lui, a ajouté l'agence. Il n'a pas présenté sa défense. Aucun détail n'a été donné sur la date de la prochaine audience. Selon les médias, il comparaît aux côtés de son épouse, Yeganeh Salehi, également journaliste, et d'une photographe de presse.

Perdu 20 kg

Jason Rezaian travaillait pour le quotidien américain depuis 2012. Il a été arrêté avec son épouse à leur domicile au soir du 22 juillet 2014. La troisième accusée, dont le nom n'a pas été divulgué, avait aussi été arrêtée ce soir-là.

Les deux femmes ont été depuis libérées sous caution, mais le journaliste du Post est resté détenu à la prison d'Evine, dans le nord de la capitale. Selon son frère, Ali Rezaian, il aurait perdu près de 20 kg.

Pas la double nationalité

Son incarcération avait provoqué de nouvelles tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis la Révolution islamique de 1979. L'ambassade de Suisse à Téhéran fait le lien entre les deux pays.

Le président américain Barack Obama avait appelé en mars le gouvernement iranien à libérer le journaliste. En mai, le Sénat américain a adopté une résolution réclamant la mise en liberté de trois Américains détenus en Iran, dont Jason Rezaian. Mais Téhéran ne reconnaît pas la double nationalité et affirme que le dossier est purement iranien.

Le frère du journaliste avait annoncé lundi que sa famille n'avait pas été autorisée à assister au procès. «Je pense que la seule raison imaginable expliquant pourquoi son procès sera fermé, c'est d'éviter que l'on voie l'absence de preuves», a déclaré Ali Rezaian.

Un pion dans les luttes internes

Le Washington Post a lui aussi dénoncé lundi le huis clos qui prive le procès de «l'attention qu'il mérite». Jason Rezaian «est totalement innocent des accusations, y compris d'espionnage, portées à son encontre», écrivait le quotidien dimanche. Le journaliste semble être un «pion dans les luttes internes» à Téhéran.

L'Iran et les grandes puissances se sont donné jusqu'au 30 juin pour conclure un accord historique sur le programme nucléaire controversé iranien. Les discussions ont été relancées après l'élection en juin 2013 du modéré Hassan Rohani à la présidence iranienne.

Mais elles sont critiquées par la frange conservatrice du régime. Celle-ci dénonce des concessions accordées aux Occidentaux et un éventuel rapprochement politique avec les Etats-Unis, ennemis historiques de la République islamique.

(ats)

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