Réprobation mondiale face à l'escalade de la violence

Proche-Orient La communauté internationale a vivement réagi après les violences qui ont fait plus de 50 morts et des centaines de blessés lundi à Gaza.

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La communauté internationale a réprouvé lundi l'usage excessif de la force par l'armée israélienne à la frontière avec Gaza. De violents affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens ont fait une cinquantaine de morts et des milliers de blessés du côté palestinien. Aucune victime côté israélien.

«Exécution choquante»

«Nous voyons une multiplication des conflits, les vieux conflits semblent ne jamais mourir. Je suis particulièrement inquiet aujourd'hui au vu des nouvelles de ce qui se passe à Gaza, avec un nombre élevé de personnes tuées», a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Une telle inquiétude est partagée par le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale, qui se dit «gravement préoccupé par le fait que de nombreuses personnes décédées ou blessées ne semblaient représenter aucune menace imminente au moment où elles ont été abattues». Et le comité de dénoncer l'usage «disproportionné» de la force par Israël contre les manifestants palestiniens.

Les Etats-Unis ont bloqué lundi l'adoption d'un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à une enquête indépendante sur les événements meurtriers dans la bande de Gaza, selon des sources diplomatiques.

A Genève, le Haut commissaire aux droits de l'homme a dénoncé «l'exécution choquante» des Palestiniens à Gaza et répété qu'Israël doit «mettre un terme» à celle-ci. Zeid Raad al-Hussein a aussi à nouveau appelé à poursuivre les responsables.

Même son de cloche auprès d'Amnesty International. «Nous assistons à une violation abjecte du droit international et des droits de l'Homme à Gaza», a dénoncé l'organisation sur Twitter. «Ceci doit cesser immédiatement».

«Eviter toute nouvelle escalade»

L'Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomate Federica Mogherini, a demandé «à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires». Elle a également mis en garde contre «toute nouvelle escalade» dans une situation «complexe et déjà très tendue» qui rendrait «les perspectives de paix encore plus éloignées».

«Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l'usage de la force», a-t-elle poursuivi. Et «le Hamas (le mouvement au pouvoir à Gaza, ndlr) et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu'elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d'autres fins».

Ignazio Cassis préoccupé

La France ou encore la Suisse lui ont emboîté le pas. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s'est dit «profondément préoccupé par l'escalade de la violence au Proche-Orient et le nombre de morts». Il a appelé sur son compte Twitter toutes les parties à la retenue.

Le ministère des affaires étrangères français a exhorté les autorités israéliennes au «discernement» et à la «retenue dans l'usage de la force». Il a également jugé «urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d'une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions».

Le président français Emmanuel Macron a «condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants» palestiniens à Gaza, lors d'entretiens téléphoniques lundi soir avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdallah II, selon un communiqué de l'Elysée.

«Terrorisme d'Etat»

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi Israël de «terrorisme d'Etat» et de «génocide», après la mort d'une cinquantaine de Palestiniens tués par l'armée israélienne à Gaza.

«Israël sème le terrorisme d'Etat. Israël est un Etat terroriste», a déclaré M. Erdogan à des étudiants turcs à Londres, dans un discours retransmis à la télévision. «Ce qu'Israël a fait est un génocide. Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d'où qu'il vienne, d'Israël ou d'Amérique», a ajouté le chef de l'Etat dont le pays a rappelé pour consultations ses ambassadeurs en Israël et aux Etats-Unis après le «bain de sang», selon le vice-Premier ministre Bekir Bozdag.

L'Afrique du Sud a aussi rappelé son ambassadeur en Israël, et ce «jusqu'à nouvel ordre», en raison des violences contre les Palestiniens.

Transfert désapprouvé

«La France désapprouve la décision américaine de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Cette décision contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations Unies», peut-on encore lire dans texte du Quai d'Orsay.

Une telle désapprobation est partagée par de nombreux pays, notamment la Grande-Bretagne, la Russie, la Turquie, le Maroc ou encore l'Egypte. Et bien évidemment les autorités palestiniennes.

«Avec cette mesure, le gouvernement américain renonce à son rôle dans le processus de paix et insulte le monde, le peuple palestinien, la nation arabe et musulmane. Il crée des tensions et de l'instabilité», a déclaré pour sa part Nabil Abou Rdeine, porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Concernant les violences près de la frontière, le gouvernement palestinien, basé en Cisjordanie occupée, a accusé Israël de commettre un «horrible massacre». Le porte-parole du gouvernement, Youssouf al-Mahmoud, a exigé une «intervention internationale immédiate». (ats/nxp)

Créé: 14.05.2018, 23h03

La Maison Blanche condamne le Hamas

La responsabilité des morts survenues lundi à Gaza incombe «entièrement» au mouvement Hamas, a déclaré lundi un porte-parole de la Maison Blanche. Emmanuel Macron s'engage pour sa part à prendre contact avec l'ensemble des acteurs du conflit.

«Nos avons été tenus informés des violences qui se sont produites aujourd'hui à Gaza», a déclaré à Washington Raj Shah lors d'un point presse. «La responsabilité de ces morts tragiques incombe intégralement au Hamas. C'est intentionnellement et avec cynisme que le Hamas provoque cette réaction», a-t-il ajouté.

A Paris, le président français Emmanuel Macron s'est engagé à parler «à tous les acteurs de la région dans les prochains jours», a indiqué l'Elysée.

Quant au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, il a indiqué depuis Ramallah, devant la direction palestinienne, que «les Etats-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient». Il a annoncé trois jours de deuil dans les Territoires palestiniens.

Faisant référence au plan de paix promis par le président américain Donald Trump mais qu'il n'a pas encore dévoilé, Mahmoud Abbas a encore déclaré: «Nous n'accepterons rien de leur part, nous n'écouterons rien venant d'eux».
Il a enfin annoncé que les manifestations allaient se poursuivre et appellé les Gazaouis à revenir mardi près de la barrière qui sépare l'enclave d'Israël.

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