Rohani refuse toute rencontre avec Trump

Nucléaire iranienLe président iranien a balayé l'éventualité d'une rencontre à New York cette semaine, alors que Washington a durci les sanctions à l'encontre de son pays mercredi.

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Les Etats-Unis ont renforcé mercredi leur pression économique sur l'Iran, au risque d'éloigner une sortie de crise esquissée par les Européens qui multiplient les efforts pour une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani. Ce dernier a rejeté toutes négociations tant que les sanctions ne seraient pas levées.

«Au nom de ma nation, j'aimerais annoncer que notre réponse à toute négociation tant qu'il y aura des sanctions est négative», a lancé M. Rohani. Aux Européens qui appelaient à une rencontre entre lui et Donald Trump, il a répondu: «les photos souvenir sont la dernière étape d'une négociation, pas la première».

«Plutôt qu'un simulacre de négociations, vous pourriez revenir à la réalité des négociations», a-t-il lancé aux Américains, mettant fin à tout suspense sur la possibilité d'un tête-à-tête historique dès cette semaine à l'ONU.

Respecter les accords d'abord

Le président iranien, dont le discours était très attendu après deux jours d'intenses ballets diplomatiques à New York pour faire retomber la tension, à son comble entre Téhéran et Washington, a dit ne pas croire à la sincérité de la volonté de dialogue américaine.

«Pour que des pourparlers puissent être engagés, il faut respecter les accords», a-t-il martelé, alors que Donald Trump a claqué la porte en 2018 du pacte international de 2015 sur le nucléaire iranien.

Cet accord censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique «était un minimum pour vous, pour nous», a reconnu Hassan Rohani. «Si vous en souhaitez davangage, vous devez donner davantage.»

Sociétés chinoises sanctionnées

Le locataire de la Maison Blanche l'avait de son côté solennellement promis mardi devant l'Assemblée générale de l'ONU: Washington va «durcir» les sanctions «tant que l'attitude menaçante de l'Iran continuera».

Et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est passé à l'acte sans attendre, annonçant mercredi des sanctions contre des sociétés chinoises accusées de «transporter sciemment du pétrole depuis l'Iran» en «violation» de l'embargo américain.

«Nous disons à la Chine, et à tous les pays: 'sachez que nous allons sanctionner toute violation de nos sanctions visant chaque activité'», a-t-il lancé.

Un face-à-face Trump-Rohani, le premier à ce niveau depuis la révolution islamique de 1979 et la rupture des relations américano-iraniennes qui a suivi, viserait à faire retomber la tension, qui n'a cessé de monter ces derniers mois et est à son comble depuis les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes, attribuées par les Occidentaux à Téhéran.

Ryad doit laisser le Yémen

Hassan Rohani a demandé dans ce contexte à l'Arabie saoudite d'arrêter ses opérations militaires au Yémen. «La sécurité de l'Arabie saoudite sera garantie avec l'arrêt de l'agression au Yémen plutôt qu'en invitant des étrangers» à y intervenir, a-t-il déclaré. L'Arabie saoudite est à la tête d'une coalition de pays arabes qui interviennent militairement au Yémen depuis 2015. En soutien du gouvernement yéménite, cette coalition combat les rebelles houthis, soutenus de leur côté par l'Iran. La guerre menée par ces différentes parties contribue au Yémen à ce que l'ONU a qualifié de pire crise humanitaire au monde.

Les Houthis ont revendiqué les attaques le 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes. Les Saoudiens, les Etats-Unis et les Européens ont accusé l'Iran de porter une responsabilité dans ces raids, ce que Téhéran a démenti.

Pour une «coalition de l'espoir» Lors de son discours, Hassan Rohani a proposé aux pays de la région du Golfe, dont l'Arabie saoudite, de créer une «coalition de l'espoir» qui apporterait la sécurité et la coopération à un niveau régional. Cette coalition reposerait sur les principes de non-agression et de non-interférence, avait précisé en début de semaine le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. «La sécurité de la région sera assurée lorsque les troupes américaines en seront parties», a jugé le président iranien. (ats/nxp)

Créé: 25.09.2019, 21h23

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