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Etats-UnisRomney: «Un horrible abus de confiance»

Le républicain Mitt Romney avait annoncé qu'il voterait en faveur de la destitution du président américain. Et il l'a fait.

Destitution: l'enquête contre Trump.

Il s'attendait à être «dénoncé avec vigueur», cela n'a pas tardé. En votant en faveur de la destitution de Donald Trump, le sénateur républicain Mitt Romney s'est attiré les foudres du président américain, avec lequel il entretient une relation ambiguë. «Le président s'est rendu coupable d'un horrible abus de confiance», d'une «agression flagrante» contre nos valeurs: le parlementaire modéré de l'Utah n'a pas mâché ses mots mercredi en expliquant pourquoi «sa foi» mormone l'obligeait à sortir des rangs républicains.

Jamais dans l'histoire des Etats-Unis un sénateur n'avait voté pour destituer un président de son propre parti, ni en 1868 lors du procès d'Andrew Johnson ni en 1999 lors de celui de Bill Clinton.

Offense significative

La décision de Mitt Romney, «la plus difficile» qu'il ait jamais eu à prendre, n'a pas changé l'issue du procès, mais a un peu gâché la fête pour Donald Trump qui aurait aimé pouvoir afficher l'unité de sa majorité. L'hôte de la Maison Blanche n'a pas laissé passer l'affront. «Je n'aime pas les gens qui utilisent leur foi pour justifier leurs mauvaises actions», a-t-il glissé jeudi lors d'un petit-déjeuner de prières.

L'offense est d'autant plus significative que Mitt Romney n'est pas un poids-plume dans le parti: en 2012, ce républicain bon teint, au ton et positions modérés, avait porté les couleurs républicaines face à Barack Obama, sans succès.

Sur Twitter, Donald Trump s'est empressé de rappeler cette défaite, tout en repoussant une vidéo dans laquelle Mitt Romney est jugé «mielleux, fuyant, sournois». «Il a essayé d'infiltrer l'administration Trump comme secrétaire d'Etat, mais sa couverture est tombée», dit une voix off.

«Crétin prétentieux»

En effet, si l'ancien gouverneur du Massachusetts s'est régulièrement élevé contre Donald Trump, il a aussi su se montrer laudateur. En 2016, au moment de constituer son gouvernement, Donald Trump l'avait reçu à deux reprises pour discuter du poste de chef de la diplomatie américaine.

Mitt Romney, qui avait qualifié le candidat de «charlatan» et d'«imposteur» pendant la campagne, était allé à Canossa devant les caméras, avant d'être rejeté au profit du PDG d'ExxonMobil, Rex Tillerson... que Donald Trump venait juste de rencontrer.

La suite a des airs de montagnes russes. «Je soutiens une grande partie de ce que le président a fait, j'ai voté avec lui 80% du temps», a souligné mercredi Mitt Romney. Mais à l'automne, le président l'avait qualifié de «crétin prétentieux» après qu'il eut exprimé son «trouble extrême» face à l'appel téléphonique lors duquel Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival démocrate Joe Biden.

Mitt Romney s'était ensuite fait discret, assurant au journal Salt Lake Tribune avoir des relations «cordiales et coopératives» avec l'impétueux milliardaire.

«Note de bas de page»

Elu en 2018 dans l'Etat de l'Utah, acquis aux républicains, son mandat court jusqu'au 1er janvier 2025. Agé de 72 ans, ce multimillionnaire qui a fait fortune à la tête d'un fonds d'investissement a clairement dit ne plus nourrir d'ambition présidentielle et son échappée solitaire ne devrait pas avoir d'incidence sur sa fin de carrière.

Mais il risque d'essuyer de nombreuses vexations. Le fils du président, Donald Trump Junior, a appelé le Grand Old Party à l'exclure, une convention de conservateurs a fait savoir qu'il ne serait pas invité à son assemblée annuelle et même dans l'Utah, la fronde s'est levée.

L'élu local Tim Quinn a introduit récemment une proposition de loi pour autoriser les électeurs à rappeler leurs sénateurs. Il a assuré avoir reçu de nombreux appels et emails de soutien après le vote de Mitt Romney.

Laisser sa marque

A l'inverse, son «courage» a été loué par les démocrates. «Alors que de nombreuses personnes se demandaient s'il restait de l'honneur dans la vie publique, Mitt Romney s'est levé», a ainsi tweeté le sénateur Chris Murphy.

Faute d'avoir réussi à entrer à la Maison Blanche, Mitt Romney a peut-être trouvé un moyen de laisser sa marque. «Nous sommes tous, au mieux, des notes de bas de page dans les annales de l'Histoire», a-t-il déclaré mercredi. «Mais dans le pays le plus puissant au monde, la Nation qui a créé la liberté et la justice, cette distinction devrait suffir à tout citoyen».

(AFP)

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