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Ruée vers la naturalisation pour contrer Trump

María Orozco n'en peut plus du discours anti-immigrants de Donald Trump.

Beaucoup d'Hispaniques veulent obtenir leur passeport d'ici novembre pour avoir le droit de voter.
Beaucoup d'Hispaniques veulent obtenir leur passeport d'ici novembre pour avoir le droit de voter.
Keystone

Comme des milliers d'Hispaniques, cette Mexicaine s'est lancée dans une course contre la montre pour acquérir la citoyenneté américaine et voter.

«Je me sens menacée par la situation politique», a raconté Mme Orozco, 36 ans. Elle a déjà la carte de résident permanent, la célèbre «green card». Elle offre «une certaine sécurité, mais les lois sur l'immigration changent constamment et je ne sais ce qui peut advenir si c'est Donald Trump qui gagne», a-t-elle fait valoir.

Le magnat de l'immobilier déclame depuis le début de sa campagne une rhétorique agressive envers les immigrés d'Amérique latine, affirmant notamment que s'il était élu, il expulserait les onze millions de sans-papiers, pour l'essentiel des Hispaniques.

Il a promis qu'il obligerait le Mexique à payer la construction d'un mur gigantesque le long de la frontière pour endiguer le flux de clandestins, et a traité les Mexicains en situation irrégulière de violeurs, trafiquants de drogue et criminels.

«Je veux voter contre Trump»

«En quinze ans de vie ici, je n'ai jamais senti un climat politique aussi hostile», a relevé Maria Orozco, scénariste qui réside à Los Angeles, avant de conclure: «Je veux voter contre Trump». Elle est loin d'être la seule.

A travers les Etats-Unis, où vivent au total plus de 54 millions d'Hispaniques, ceux pouvant prétendre à la nationalité se mobilisent par milliers pour préparer leur dossier. Ils ont jusqu'en mai seulement, sachant qu'il faudra ensuite cinq mois de procédure, puis s'inscrire sur les registres pour pouvoir voter le 8 novembre.

D'après le gouvernement Obama, quelque 8,8 millions de personnes sont aptes à obtenir la citoyenneté, dont 2,7 millions de Mexicains. Il y a déjà 13 millions d'électeurs d'origine hispanique qui devraient participer au scrutin de novembre.

La Californie, Etat le plus peuplé des Etats-Unis, où vit la majorité de la population d'origine latino-américaine - qui vote traditionnellement pour des candidats démocrates - a reçu le plus grand nombre de demandes de citoyenneté.

Des millions

Rien que dans le comté de Los Angeles, la métropole du sud-ouest des Etats-Unis aux 10 millions d'habitants, 750'000 personnes présentent les critères requis pour une naturalisation.

Les regards se tournent toutefois surtout vers le Nevada voisin, le Colorado (ouest), le Nouveau-Mexique (sud-ouest) et la Floride (sud-est), des Etats où le vote peut basculer d'un camp à l'autre et où l'impact des Hispaniques pourrait s'avérer déterminant.

«Nous avons toujours agi en faveur des naturalisations, mais le conflit politique aide à mobiliser et à organiser des communautés (...) en colère et qui ont peur», a expliqué Tara Raghuveer, directrice adjointe de l'association de protection des immigrants National Partnership for New Americans.

Juana Salinas, femme de chambre dans un hôtel de Las Vegas depuis près de vingt ans, a fait le premier pas vers la nationalité américaine, il y a quelques semaines. Elle est confrontée au premier obstacle: le coût. Chaque dossier revient à 680 dollars (autant de francs suisses), ce qui peut s'avérer prohibitif pour une famille.

«Voter pour le faire taire»

«C'est beaucoup d'argent pour nous, mais cette fois, on veut vraiment le trouver», a raconté cette femme de 58 ans, née dans l'Etat de Chihuahua au Mexique. «Ce que dit ce monsieur (Trump) de nous est terrible, et la seule manière de lui fermer le clapet, c'est de voter», a-t-elle assuré.

Longtemps, beaucoup ont traîné les pieds pour demander la naturalisation, à la fois par apathie et par manque d'informations. «Les gens ne savent pas que la citoyenneté est la seule chose qui protège d'une expulsion du pays et qu'elle peut ouvrir la porte à la légalisation des proches», a souligné Jorge-Mario Cabrera, porte-parole de l'association de Los Angeles Chirla.

Consciente du problème - et de son intérêt à avoir davantage de potentiels électeurs démocrates aux urnes - la Maison-Blanche s'est lancée depuis six mois dans une vaste campagne d'information.

Mais plus encore que la peur et le rejet de Donald Trump, ces messages ont réveillé chez beaucoup d'Hispaniques l'envie de revendiquer leur patriotisme. «J'aime vraiment ce pays», a confié Maria Orozco. «Je suis très bien ici et cela me rendrait infiniment triste de partir. C'est chez moi ici».

(ats)

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