La Russie n'est «pas un adversaire»

Sommet de l'OTANLe président français a estimé qu'il ne fallait pas stigmatiser la Russie, vendredi, lors d'une réunion de l'OTAN.

Barack Obama était notamment présent lors du Sommet de l'Otan, vendredi.

Barack Obama était notamment présent lors du Sommet de l'Otan, vendredi. Image: AFP

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Les tensions avec la Russie ont été relativisées vendredi lors du premier jour du sommet de l'OTAN à Varsovie. L'Alliance transatlantique va tout de même renforcer sa présence militaire en Europe orientale pour rassurer ses nouveaux membres.

«La guerre froide, c'est de l'histoire et cela doit rester de l'histoire», a martelé le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg, qui a annoncé une prochaine rencontre du conseil OTAN-Russie au niveau des ambassadeurs dès le 13 juillet.

Plusieurs Etats membres de l'Alliance, y compris les Etats-Unis, considèrent toutefois que l'Europe et l'OTAN sont confrontées à un défi sécuritaire sans précédent dû à la résurgence de la puissance russe. «Notre alliance transatlantique vit peut-être son moment le plus important depuis la fin de la guerre froide», a averti Barack Obama dans une tribune parue dans le quotidien Financial Times.

Face à Moscou, l'OTAN suit un double mot d'ordre: fermeté dans le dossier ukrainien et dialogue pour tenter de bloquer la spirale des tensions provoquées par l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014.

Dans ce contexte, l'Union européenne, potentiellement affaiblie par le Brexit, et l'OTAN ont annoncé vendredi à Varsovie un renforcement de leur coopération, notamment dans l'échange de renseignements.

Hollande se veut apaisant

Le président français François Hollande a insisté vendredi à son arrivée au sommet de l'OTAN sur le fait que la Russie n'était ni un «adversaire», ni une «menace». «L'OTAN n'a pas du tout vocation à peser sur les relations que l'Europe doit avoir avec la Russie; et pour la France la Russie n'est pas un adversaire, n'est pas une menace», a-t-il déclaré devant la presse.

Nombre de pays de l'OTAN, notamment ceux d'Europe orientale, estiment que la Russie, qui a annexé la Crimée et est accusée de soutenir la rébellion séparatiste dans l'est de l'Ukraine, ce qu'elle dément, constitue une menace directe pour leur sécurité.

«La France fera ce qu'elle doit»

Le président français a par ailleurs insisté sur la nécessité pour les autres pays européens de prendre leur part du fardeau dans la lutte contre le terrorisme. «La France fera ce qu'elle doit, mais pas davantage. C'est aux autres d'assurer cette sécurité», a-t-il insisté, alors que son pays a engagé 3500 soldats au Sahel et quasiment autant au Moyen-Orient contre les groupes djihadistes.

Après la vague d'attentats de 2015, la France a augmenté son effort de défense et continuera à le faire en 2017, a souligné François Hollande. «Il faut que les autres fassent un effort équivalent».

Quatre bataillons

Pour les hôtes polonais du sommet comme pour leurs voisins baltes, qui redoutent le précédent ukrainien, la décision la plus importante concerne le déploiement de 4 bataillons multinationaux, de 600 à 1000 soldats chacun, en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne. Devançant cette annonce, Washington a confirmé vendredi le déploiement prochain d'un millier de soldats américains en Pologne.

La Grande-Bretagne, pour sa part, s'est engagée à envoyer 650 soldats, 500 en Estonie et 150 en Pologne. La Belgique en dépêchera 150, comme la France. «L'OTAN n'a pas du tout vocation à peser sur les relations que l'Europe doit avoir avec la Russie, et, pour la France, la Russie n'est pas un adversaire, n'est pas une menace», a tenu à relativiser François Hollande dès son arrivée à la réunion.

Ces bataillons devraient mener souvent des missions d'entraînement et seront «mécanisés». Ils apporteront autrement dit avec eux des équipements pouvant comprendre des transports de troupes blindés. Ces unités seront appuyées par la force dite «fer de lance», une force de réaction très rapide comptant quelque 5000 hommes et capable d'arriver sur les zones de conflit en quelques jours.

L'objectif de l'OTAN est de prévenir la répétition du scénario ukrainien et une hypothétique annexion par la Russie d'une partie du territoire de l'une des anciennes républiques baltes soviétiques. (ats/nxp)

Créé: 08.07.2016, 16h57

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