La Russie complote-t-elle pour faire élire Donald Trump?

Etats-UnisEtrange affaire. Le camp démocrate, embarrassé par la diffusion vendredi de 20'000 e-mails volés, dit soupçonner Moscou.

Robby Mook, le directeur de campagne de la candidate Hillary Clinton.

Robby Mook, le directeur de campagne de la candidate Hillary Clinton. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump serait-il de mèche avec Vladimir Poutine? C’est ce qu’a laissé entendre ce week-end Robby Mook, directeur de campagne de Hillary Clinton. Selon lui, la diffusion vendredi par WikiLeaks de 20 000 e-mails embarrassants volés aux instances dirigeantes du Parti démocrate aurait été orchestrée «par les Russes dans l’objectif d’aider Donald Trump», le candidat républicain, à remporter la présidentielle en divisant le camp de l’ex-cheffe de la diplomatie de Barack Obama.

Curieuse théorie du complot. Le fils homonyme du milliardaire new-yorkais n’a d’ailleurs pas manqué de ridiculiser sur CNN les «mensonges» fantaisistes de Robby Mook, suggérant qu’ils lui ont été soufflés par… «son chat domestique».

L'ombre des services de renseignement

Cela dit, selon le New York Times, le directeur de campagne de Hillary Clinton s’est basé sur les conclusions de CrowdStrike, une société spécialisée dans la cybersécurité, qui a été engagée par le leadership démocrate pour enquêter sur un possible piratage de ses serveurs. Le 14 juin, la firme annonçait avoir trouvé des traces de deux intrusions, l’une depuis un an par un groupe nommé Cozy Bear ou APT 29, l’autre depuis avril par Fancy Bear, alias APT 28.

Or, ce dernier serait dirigé par le GRU, le renseignement militaire russe. Et le premier serait connu par le FBI et la CIA depuis des années à cause de ses intrusions dans les systèmes informatiques de la Maison-Blanche. Par ailleurs, avant d’être transmis à WikiLeaks, les e-mails volés au Parti démocrate auraient transité par des ordinateurs aux réglages russes.

Un timing «troublant»

Bien sûr, le cyberespionnage par la Russie n’a rien d’étonnant en soi. La Chine le pratique aussi et les Etats-Unis en font autant. C’est plutôt le timing de la diffusion qui est «troublant» pour Robby Mook: juste entre la convention des républicains et celle des démocrates. Et juste après que Donald Trump a déclaré que, sous sa présidence, les Etats-Unis n’interviendraient pas forcément pour protéger d’une agression les Etats baltes, pourtant membres de l’Alliance atlantique (OTAN)…

Le milliardaire ne cache pas qu’il aimerait s’entendre avec la Russie de Poutine, qu’il juge meilleur leader qu’Obama. Quant à Paul Manafort, le directeur de campagne du candidat républicain, il fut l’un des conseillers de Viktor Ianoukovitch, ancien président ukrainien épaulé par le Kremlin. Bref, largement de quoi instiller le doute.

Créé: 25.07.2016, 18h06

Articles en relation

Le «père charmant» affrontera Hillary Clinton

Etats-Unis Les républicains ont officialisé à Cleveland la candidature de Donald Trump à la présidentielle de novembre. Plus...

Trump: «Je suis le candidat qui défendra la loi et l’ordre»

Présidentielles américaines Le milliardaire new-yorkais a accepté jeudi à Cleveland l’investiture du parti républicain en se présentant comme le champion des «Américains abandonnés» dans un discours sombre. Plus...

Trump en apôtre du protectionnisme

Convention de Cleveland Les républicains ont adopté un programme antilibéral et l’arrêt de la lutte contre le réchauffement. Plus...

«Trump ne se soucie pas des Afro-Américains»

Cleveland Tara Lee, 30 ans, a été victime de la violence des armes à Cleveland. Elle jette un regard sans concession sur Donald Trump. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.