La Russie va développer le parc nucléaire iranien

Moyen Orient Alors que les négociations sur le programme nucléaire iranien piétinent, Moscou va construire huit nouveaux réacteurs à usage civil.

Les principales installations nucléaires en Iran.

Les principales installations nucléaires en Iran. Image: DR

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D’abord deux, puis encore deux, puis encore quatre, soit huit. C’est le nombre de réacteurs nucléaires à usage civil que la Russie s’est engagée à construire en Iran ces prochaines années. Faite mardi, alors que Téhéran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France + Allemagne) n’ont toujours pas trouvé d’accord sur le programme nucléaire iranien – suspecté par les Occidentaux d’avoir un caractère militaire – cette annonce a de quoi surprendre.

L’accord russo-iranien prévoit la livraison de deux réacteurs, avec deux autres en option, pour la centrale nucléaire de Buchehr, déjà équipée d’un réacteur de 1000 mégawatts fourni par Moscou. Les deux pays ont par ailleurs signé un protocole d’accord sur la construction de quatre autres réacteurs sur «un autre site» dont la localisation doit encore être déterminée.

Selon Rosatom, l’agence publique russe de l’énergie atomique, ce vaste programme «sera mis en œuvre sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et respectera totalement le régime de non-prolifération nucléaire». Précision importante: le combustible destiné à ces nouveaux réacteurs sera produit en Russie, où il sera rapatrié après usage pour y être traité et stocké. Rappelons que l’Iran affirme vouloir se doter dans les années à venir de 20 réacteurs de 1000 mégawatts pour diminuer sa dépendance à l’égard des énergies fossiles.

Toutefois, relèvent certains spécialistes, un point du protocole d’accord russo-iranien pourrait raviver les craintes des Occidentaux sur le «détournement à des fins militaires» de ces installations. Moscou et Téhéran étudient en effet «la faisabilité et la viabilité économique de produire des composants de barres de combustible en Iran». «Je ne crois pas qu’il y ait un lien entre l’annonce de mardi et le 24 novembre, date limite fixée par les Américains pour trouver un accord sur le programme nucléaire de Téhéran», commente Mohammed-Reza Djalili, professeur honoraire à l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

«Cela dit, poursuit-il, l’accord de mardi démontre combien la Russie – pourtant membre du groupe 5+1 – et l’Iran (principaux alliés du régime de Damas dans le conflit syrien) sont proches. Et puis, si l’on veut autoriser l’Iran à recourir à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, il faut bien lui accorder le droit d’avoir des réacteurs nucléaires», dit encore le professeur genevois.

Créé: 12.11.2014, 19h29

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