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BombardementsLa Russie lance ses premières frappes aériennes en Syrie

L'aviation russe, en coopération avec les forces de Bachar el-Assad, a effectué des bombardements contre «des positions terroristes». L'opposition syrienne conteste les objectifs visés.

Le centre de Talbisseh, dans la province de Homs, a été bombardé.
Le centre de Talbisseh, dans la province de Homs, a été bombardé.
AFP

L'aviation russe a mené mercredi ses premiers bombardements en Syrie à la demande du président Bachar el-Assad. Alors que Moscou assure avoir frappé le groupe Etat islamique (EI) dans plusieurs régions, l'opposition syrienne et même Paris affirment que ce sont d'autres objectifs qui ont été visés.

Ces frappes sont intervenues avant le début d'une réunion au Conseil de sécurité des Nations unies, présidée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, sur la «menace terroriste», en premier lieu celle de l'EI en Irak et en Syrie. Moscou devait y présenter un projet de résolution antiterroriste.

L'aviation russe a effectué vingt sorties aériennes et touché «huit cibles de l'EI» en Syrie, a annoncé le ministère russe de la Défense. «Les cibles, notamment un centre de commandement des terroristes» de l'EI, «ont été entièrement détruites», a indiqué le ministère en soirée dans un communiqué.

La télévision syrienne a affirmé elle aussi que c'étaient des «repaires terroristes» de l'EI qui avaient été pilonnés. Une source de sécurité syrienne a précisé que l'aviation russe, en coopération avec l'armée syrienne, a frappé «des positions terroristes» situées dans trois provinces de Syrie, à Hama, Homs et Lattaquié, dans le nord-ouest et le centre du pays.

Des zones sans terroristes?

Mais plusieurs sources ont mis en doute la version de Moscou. A commencer par l'opposition syrienne: les frappes menées par des avions russes ont tué au moins 36 civils et visé des zones dont l'EI et le Front al-Nosra, lié à Al-Qaïda, sont absents, a déclaré son chef.

Khaled Khodja, chef de la Coalition nationale syrienne basée en Turquie, a assuré depuis l'ONU à New York que des civils avaient été bombardés dans cinq endroits différents. «Les zones visées par les opérations russes d'aujourd'hui étaient celles qui avaient combattu et battu l'EI voici un an», a-t-il expliqué.

Des habitants et des insurgés ont déclaré que les zones de la province d'Homs bombardées par les Russes étaient contrôlées par différents groupes rebelles, dont plusieurs opèrent sous la bannière de l'Armée syrienne libre. Aucune des sources interrogées n'a cité l'EI parmi les organisations présentes dans la région visée.

Et selon le commandant de l'Armée syrienne libre, soutenue par l'Occident, les raids russes ont en fait frappé des positions de l'ASL, blessant huit de ses membres.

Washington mécontent

Même scepticisme à Washington et surtout Paris. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré que les forces russes n'avaient pas frappé l'EI, laissant entendre que des positions de l'opposition modérée à Bachar el-Assad avaient été visées. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a exprimé les mêmes doutes devant la presse à New York.

Mécontent, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est, lui, plaint auprès de Sergueï Lavrov. Il a jugé ces bombardements contre-productifs. Washington a toutefois estimé que l'intervention russe ne changerait rien aux missions anti-EI de la coalition. Les Etats-Unis ont d'ailleurs mené mercredi une frappe aérienne contre des objectifs de l'EI, dans le secteur d'Alep, dans le nord du pays.

La Maison Blanche a estimé en soirée qu'il était trop tôt pour savoir quelles cibles avaient été visées par Moscou. Peu après, le secrétaire à la Défense américain Ashton Carter a toutefois évoqué des zones où il n'y avait «probablement» pas de forces de l'EI.

Une première depuis 36 ans

La Russie, qui s'est replacée de manière spectaculaire au centre du conflit syrien et du jeu diplomatique, intervient pour la première fois depuis 36 ans aussi loin de son territoire: à l'époque, en 1979, il s'agissait pour les troupes soviétiques d'envahir l'Afghanistan.

Dans la matinée, les sénateurs russes avaient approuvé à l'unanimité la demande du Kremlin d'autoriser le recours à un «contingent militaire» à l'étranger. Un vote qui rappelle celui qui avait précédé l'envoi de forces spéciales russes dans la péninsule ukrainienne de Crimée peu avant son annexion en mars 2014.

Moscou s'est par ailleurs dit prêt à ouvrir «des canaux de communication» avec la coalition formée par les Etats-Unis pour améliorer l'efficacité de la lutte contre les «groupes terroristes» en Syrie, a aussi dit dans la journée M. Lavrov.

ats-afp

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