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Ce samedi sera un test pour le gouvernement

Après la 18e mobilisation des «gilets jaunes» qui fut un samedi noir. Samedi sera un test pour l'exécutif français qui affiche «sa fermeté» face aux casseurs.

Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)
AFP
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)
Keystone
(Samedi 17 novembre 2018)
(Samedi 17 novembre 2018)
AFP
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Nouveau préfet de police à Paris, renfort des militaires de Sentinelle, manifestations interdites dans certains quartiers: la 19e journée de manifestations des «gilets jaunes» samedi aura valeur de test pour l'exécutif après les violences et saccages commis samedi à Paris.

Manifestations interdites

Après un samedi noir sur les Champs-Elysées lors de l'acte 18 des «gilets jaunes», le Premier ministre Edouard Philippe a voulu une «réponse ferme» avec des annonces fortes applicables dès ce samedi.

Des secteurs comme les Champs-Elysées, la place de l'Etoile ou de la Concorde à Paris ou encore des quartiers de Bordeaux et Nice seront ainsi interdits de manifestations. «Dès que des attroupements sont constatés» dans ces zones, a précisé le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez sur BFMTV, «il y a interpellation et amende». Les contraventions encourues en cas de participation à une manifestation interdite sont passées depuis jeudi de 38 à 135 euros.

Les «casseurs» «peuvent se rassembler ailleurs (...) mais là, ça reste un attroupement d'individus susceptibles de commettre des violences. Et ça, après sommation, nous sommes en capacité de disperser ou d'interpeller les gens, et là ça devient un délit», a-t-il ajouté.

Moyens humains et techniques des forces de l'ordre

Mercredi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a annoncé que la mission antiterroriste Sentinelle serait mobilisée de manière «renforcée» pour protéger les bâtiments officiels. Une déclaration rapidement nuancée par plusieurs sources. Jeudi matin, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a de nouveau insisté lors de l'installation du nouveau préfet de police de Paris Didier Lallement: les militaires de Sentinelle «ne doivent en aucun cas participer au maintien de l'ordre».

Dans sa reprise en main, l'exécutif a choisi de décapiter la préfecture de police en limogeant le préfet Michel Delpuech, son directeur de cabinet Pierre Gaudin et le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne Frédéric Dupuch.

«Le rôle de Sentinelle n'est pas de faire du maintien de l'ordre (...) ils ne vont pas se mettre à arrêter les gilets jaunes», a réagi une source gouvernementale. «Les militaires de Sentinelle seront utilisés à la marge, pour remplacer quelques policiers sur des gardes statiques de bâtiments qui ne sont pas au centre de Paris et ne seront pas grandement exposés» aux «gilets jaunes», insiste une source proche du dossier.

L'utilisation de «marqueurs» indélébiles projetés sur les «émeutiers» a également été évoquée mais si l'idée est étudiée place Beauvau, elle ne pourra être mise en place dès ce samedi, selon plusieurs sources proches du dossier.

Quant à l'usage de drones, annoncé par le Premier ministre, rien n'est encore décidé jeudi, a affirmé une source policière.

Mobilisation incertaine des «gilets jaunes»

A Paris, un groupe qui avait pris l'habitude, à l'exception de la semaine dernière, de déclarer les marches lors des derniers samedis, a annoncé son intention de manifester sur les Champs-Elysées.

D'autres «gilets jaunes» veulent faire de Nice l'épicentre de la 19e journée. La préfecture des Alpes-Maritimes doit prendre un arrêté d'interdiction de manifester dans un «périmètre défini» alors que débutera d'une visite officielle du président chinois Xi Jinping sur la Côte d'Azur.

Cela n'empêchera pas Lucien Pons, professeur à la retraite, de «manifester dans la légalité». «On manifestera à Nice sans être des voyous, on veut simplement exercer notre droit», dit-il à l'AFP. Mais certains, dont Johnny Toulouse, figure du mouvement niçois, prévoit que cela «va chauffer à Nice».

Pour Stéphane Glenza, proche de Fly Rider, l'une des figures du mouvement, «Messieurs Ciotti et Estrosi jettent de l'huile sur le feu (...) ils font du buzz pour qu'on parle d'eux», dit-il.

«On voulait manifester sur la Prom' sous les fenêtres du président chinois. Maintenant, on veut manifester dans la ville et si c'est pas possible, on aura un souci (...) mais il n'y a jamais eu de débordements à Nice, et il n'y a pas de raisons que ça change», dit-il.

A Montpellier, un appel a été lancé: «Il y a des covoiturages et des hébergements prévus pour les personnes en provenance de Marseille et Toulouse. Notre appel a été relayé par Priscilla Ludovsky, nous attendons du monde», confirme un membre des «gilets jaunes» de Montpellier.

«La manifestation sera importante mais nous n'attendons pas de déferlement. Nous serons vigilants», assure la Préfecture de son côté.

Pour ce 19e samedi de mobilisation consécutif, Edouard Philippe a annulé son déplacement prévu en Guyane.

(AFP)

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