«La France pour la vie», les bonnes feuilles à la loupe

LivrePlusieurs médias français livrent leurs impressions et publient les «bonnes feuilles» de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy à paraître lundi.

Nicolas Sarkozy tente un retour en politique.

Nicolas Sarkozy tente un retour en politique. Image: Keystone

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Dans un ouvrage longtemps tenu secret à paraître le 25 janvier aux éditions Plon, Nicolas Sarkozy dresse, en 260 pages et 10 chapitres, un bilan de son quinquennat à la tête de l'Hexagone (de 2007 à 2012).

Le magazine Paris Match, le quotidien Le Figaro ou encore l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur livrent dans la nuit de jeudi à vendredi leur premières impressions de «La France pour la vie».

Pour «la grande explication», «mieux vaut tard que jamais»

«Ce livre n'est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle», écrit Nicolas Sarkozy. L'ouvrage est conçu comme une collection de ses erreurs et frustrations parsemée de quelques idées et mises au point, exercice qui peut paraître surprenant «de la part d’un homme qui n’avait jusqu’à présent pas donné dans le registre du regret ou de la repentance», souligne Paris Match.

Mais quoi qu'en dise l'auteur, il y a tout de même dans ces pages «l'esquisse d'un futur programme», selon Le Nouvel Obs. Nicolas Sarkozy attend seulement que «les vents lui redeviennent favorables». Car «c'est bien l'objectif de ce travail d'écriture et d'explications: purger, autant que faire se peut, le bilan du quinquennat, concéder quelques erreurs (pas toutes), pour tenter de ne parler ensuite que de l'avenir».

De «ce moment clé de la grande explication souvent annoncée, souvent différée, entre lui et les Français», découle un récit «sans complaisance» estime pour sa part Le Figaro. Il arrive certes «bien tard», mais «le résultat est authentique parce que globalement assez sincère» selon Paris Match: «Bien sûr, ce livre tourne à une gigantesque opération de mea culpa destiné à couper l’herbe sous les pieds de ses concurrents» et à se rapprocher des Français qui le boudent dans les sondages... «Mais mieux vaut tard que jamais», résume l'hebdomadaire.

Chez Bolloré pour sauver son mariage

Que souhaite raconter l'ex-hyper-président avant la primaire de la droite et les présidentielles de 2017? «Il repasse le film du Fouquet’s le soir de sa victoire ainsi que la croisière sur le yacht de Vincent Bolloré. Des erreurs qu’il attribue à sa volonté de vouloir coûte que coûte sauver son couple avec Cécilia Sarkozy. On apprend au passage qu’elle avait décidé de divorcer le matin du débat de l’entre-deux-tours avec Ségolène Royal» relate Paris Match.

Il dresse une liste de dix «erreurs», parmi lesquelles on retrouve la comparaison des juges à «des petits pois» ou le désormais célèbre «casse-toi, pauvre c…», «une bêtise que je regrette encore aujourd’hui». Sur le plan économique, il regrette notamment le fait de ne pas s'être attaqué aux 35 heures et de ne pas avoir supprimé l'Impôt sur la fortune (ISF).

«Je confesse une difficulté à déléguer. (...) J'aurais sans doute mieux fait de réserver une plus grande place à certains leaders de la droite et du centre. Essayer de mieux les associer. Je ne l'ai pas fait. Ce fut une erreur» écrit-il encore.

Aucune amertume envers Hollande, mais...

Entre deux règlements de compte qui ne disent pas leur nom, Nicolas Sarkozy dénonce les «mensonges» de François Hollande. «Contrairement à ce qui est quotidiennement dit et écrit (...) Je n'ai envers lui ni amertume, ni détestation. Je n'ai avec lui aucun compte à régler, aucune vengeance à assouvir. (...) Je connais son habileté à manipuler et à préparer des pièges. Je sais, comme ses amis au nombre desquels je ne suis pas, combien il sait dissimuler, masquer, parfois même travestir la vérité. Mais, je le répète, je n'ai aucune inimitié à son endroit. D'ailleurs, l'engagement politique, au plus haut niveau, exige que l'on sache se tenir, ou plutôt se contenir». A bon entendeur...

En revanche, il affirme avoir «une amitié avec Alain Juppé qui va au-delà de la politique». Ce qui ne l'empêche pas de critiquer l'«entourage» de celui qui lui vole actuellement la vedette au sein de sa famille politique: «la droite française a besoin de notre entente (...). Je sais aussi que les entourages ne nous faciliteront pas la tâche. J’ai observé que le "posé" Alain Juppé était souvent entouré d’une certaine agitation».

Sarkozy est-il le mieux placé pour incarner «l'espérance»?

«Il n'est pas un jour qui passe sans que je pense à la France. Je veux que la politique cesse d'incarner l'impuissance, cesse d'être synonyme de renoncement. Je veux qu'(elle) redevienne une espérance» écrit-il en fin d'ouvrage.

Bien que Nicolas Sarkozy se sente lié à la France «pour la vie», la France, elle, semble aller de l'avant. Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 63% des Français assurent ne pas regretter Nicolas Sarkozy comme président de la République.

Près de deux tiers des sondés estiment même qu'il «divise les Français» et qu'il est temps qu'il quitte définitivement la scène politique.

Créé: 22.01.2016, 02h11

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