Large victoire des socialistes en Espagne

EuropéennesComme attendu, les socialistes du chef du gouvernement Pedro Sanchez sont les grands gagnants du scrutin en Espagne.

Le socialiste Pedro Sanchez a appelé ses partisans à «finir le boulot» dimanche en Espagne.

Le socialiste Pedro Sanchez a appelé ses partisans à «finir le boulot» dimanche en Espagne. Image: AFP

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Les socialistes du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez ont remporté une large victoire lors des élections européennes de dimanche. Ils ont obtenu près de 33% des voix, a annoncé la porte-parole du gouvernement Isabel Celaa.

Les conservateurs du Parti Populaire (PP) n'obtiennent qu'environ 20% des voix, selon 85% des bulletins dépouillés, tandis que le parti Vox a obtenu environ 6%. La formation d'extrême droite a perdu du terrain par rapport aux 10% enregistrés fin avril lorsqu'elle avait fait son entrée en force au parlement espagnol.

Epargnée par la poussée eurosceptique attendue dans de nombreux pays, l'Espagne est le seul grand pays de l'UE où les socialistes avaient une chance d'arriver en tête. Principales figures de la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, les indépendantistes Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique, et Oriol Junqueras, incarcéré en Espagne, ont été élus dimanche au parlement européen.

Puigdemont pourra-t-il exercer ?

La grande question sera désormais de savoir s'ils pourront exercer leur mandat. Ancien président régional catalan, M. Puigdemont, qui s'est établi en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires en Espagne, était tête de la liste d'indépendantistes «Libres pour l'Europe» qui a obtenu 2 sièges et 4,6% des voix selon des résultats quasi définitifs.

Selon des sources au sein du parlement européen, son élection ne devrait toutefois être validée qu'après sa prestation de serment en personne devant la Commission électorale espagnole. Or, il serait immédiatement arrêté s'il rentrait en Espagne. M. Puigdemont affirme lui au contraire pouvoir disposer de l'immunité parlementaire dès son élection.

La participation a bondi de plus de quinze points par rapport aux dernières européennes de 2014, à plus de 49% à 18h00. Une hausse due à la concomitance de ce scrutin avec les municipales et les régionales, qui mobilisent davantage les électeurs. Ce triple scrutin intervient à peine un mois après les élections du 28 avril remportées par le Parti socialiste (PSOE) de M. Sanchez, qui ne dispose toutefois pas de la majorité absolue au parlement.

«Finir le boulot»

Grand espoir des sociaux-démocrates européens, M. Sanchez entend profiter de son succès probable pour placer un Espagnol à l'un des postes clés en jeu prochainement dans l'UE. Il pousse notamment la candidature au poste de chef de la diplomatie de l'UE du ministre des Affaires étrangères et tête de liste PSOE aux européennes Josep Borrell.

Sur le plan national, le paysage politique qui sortira des régionales et des municipales sera déterminant en vue de la formation du nouveau gouvernement qui interviendra après le vote d'investiture de M. Sanchez, prévu a priori début juillet.

Le socialiste a appelé ses partisans à «finir le boulot» et les Espagnols à un «vote cohérent le 26 mai avec celui du 28 avril». Son parti est donné en tête dans la plupart des douze régions en jeu. Mais la région clé sera celle de Madrid, qui pourrait basculer à gauche après avoir été gouvernée par la droite depuis 24 ans.

Exécutif minoritaire

En cas de nette victoire socialiste dimanche, M. Sanchez pourrait maintenir son «plan A» de former un exécutif minoritaire 100% socialiste et de passer des accords au cas par cas avec d'autres forces politiques pour faire voter ses réformes au parlement.

Le «plan B» serait d'accepter l'entrée au sein du gouvernement du parti de gauche radicale Podemos (10,1% des voix ce dimanche) pour gagner en stabilité. Même si les deux partis ne disposent pas de la majorité à la chambre des députés à eux seuls.

Aux municipales, l'ancienne juge de gauche Manuela Carmena, qui avait conquis la mairie de Madrid en 2015, semble être bien partie pour être réélue. A Barcelone, deuxième ville du pays, la maire sortante de gauche Ada Colau et l'indépendantiste catalan Ernest Maragall sont au coude-à-coude tandis que l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, soutenu par les libéraux de Ciudadanos, est donné loin derrière en quatrième position. (ats/nxp)

Créé: 26.05.2019, 17h11

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