«Rien d'assez sérieux» pour inquiéter le sommet

Procès UBSL'ex-numéro 3 d'UBS, Raoul Weil, a certifié au Tribunal correctionnel de Paris son ignorance de pratiques illicites.

Raoul Weil est apparu très calme devant le tribunal.

Raoul Weil est apparu très calme devant le tribunal. Image: Keystone

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L'ex-numéro 3 d'UBS a affirmé mercredi au Tribunal correctionnel de Paris qu'il n'avait eu connaissance d'aucune plainte ou alerte concernant un quelconque démarchage illicite de la part de commerciaux suisses en France.

«Il n'y avait rien d'assez sérieux pour être remonté à mon niveau», a déclaré Raoul Weil, 58 ans, qui fut responsable de la banque privée internationale chez UBS AG de 2004 à 2007, avant de devenir le numéro 3 du groupe.

La justice française accuse le poids lourd de la gestion de fortune UBS AG d'avoir, entre 2004 et 2012, illégalement envoyé ses commerciaux en France pour piocher dans la riche clientèle de sa filiale UBS France, repérée lors de réceptions, parties de chasse ou rencontres sportives, pour la convaincre d'ouvrir des comptes non déclarés en Suisse.

L'enjeu est énorme pour le groupe UBS AG: il encourt une amende pouvant atteindre la moitié des fonds présumés dissimulés, évalués par les enquêteurs à plus de 10 milliards d'euros.

Il l'est aussi pour Raoul Weil, qui comparaît, comme sa banque, pour «démarchage bancaire illicite» et «blanchiment aggravé de fraude fiscale». Il a déjà dû verser une caution de 200'000 euros et encourt jusqu'à 10 ans de prison.

Mais à la barre, il affiche une assurance un peu lasse, répétant son ignorance de pratiques parfois un peu «curieuses» («tricky») mais «toujours légales» à sa connaissance, buvant de petites gorgées de Coca-Cola entre deux questions.

En habitué, il revient sur le fonctionnement général de la banque, un immense paquebot avec 63'000 personnes sous son autorité, dont à peine une grosse centaine en France, où le géant suisse effectuait «moins de 1%» de son chiffre d'affaires.

Rien par rapport aux Etats-Unis

Car cette épreuve n'est rien au regard du calvaire qu'il a vécu il y a quelques années. Inculpé - déjà - aux Etats-Unis pour démarchage illicite au profit d'UBS AG, il avait été arrêté en Italie en 2013, été retenu deux mois dans une cellule «avec des membres de la mafia albanaise» avant d'être extradé aux Etats-Unis, se souvient-il.

Accusé d'avoir aidé des milliers d'Américains à dissimuler près de 20 milliards de dollars au fisc entre 2002 et 2007, il avait été acquitté, affirmant qu'il ne «savait rien» des malversations de ses banquiers. Pour UBS, l'affaire s'était soldée dès 2009 par une colossale amende de 780 millions de dollars et la rupture du sacro-saint secret bancaire suisse, avec la révélation des noms de milliers de fraudeurs.

Ces deux affaires, assure la défense, n'ont «aucun rapport». L'interrogatoire de Raoul Weil, qui fait désormais du conseil, se poursuivra jeudi. (ats/nxp)

Créé: 24.10.2018, 19h19

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