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Etats-UnisL'affaire des contacts avec Moscou gêne Trump

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a annoncé jeudi qu'il se récusait de toute enquête sur les ingérences russes.

Jeff Sessions a donné une conférence de presse à Washington après les révélations du Washington Post sur ses liens avec Moscou. (Jeudi 2 mars 2017)

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a tenté jeudi d'apaiser la tempête concernant les contacts supposés entre proches de Donald Trump et du Kremlin durant la campagne électorale de 2016.

Ce fidèle du président républicain, dont il a inspiré la politique anti-immigration, a reconnu avoir rencontré l'ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak, à deux reprises l'année dernière. Et ce en contradiction apparente avec des déclarations récentes, déclenchant de multiples appels à sa démission.

Le nouveau locataire de la Maison Blanche ne parvient pas à mettre un terme à cette affaire russe. Affaire qui l'a déjà conduit à se séparer de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, le 13 février.

Un nombre croissant de parlementaires de l'opposition démocrate mais aussi de la majorité républicaine appelaient à ce que «l'Attorney General» s'exclue de lui-même de l'enquête conduite par le FBI sur la campagne de piratage et de désinformation attribuée à Moscou. L'existence de cette enquête, rapportée par de multiples journaux américains, n'a pas été confirmée officiellement.

Son rôle

Jeff Sessions a finalement cédé, annonçant sa décision lors d'une conférence de presse à Washington: «J'ai maintenant décidé de me récuser de toute enquête en cours ou à venir qui concernerait la campagne présidentielle américaine», a-t-il déclaré. Il a toutefois expliqué que c'était son rôle de sénateur de rencontrer des diplomates, et que les deux hommes avaient parlé de «choses normales». Et d'affirmer ne pas se souvenir si le sujet de l'élection avait été abordé.

Peu auparavant, le commandant en chef avait déclaré avoir une confiance «totale» en son ministre, lors d'un déplacement sur le porte-avions Gerald Ford, en Virginie. Tout en ajoutant qu'il «n'était pas au courant» de ces contacts avec le diplomate russe. Cette affaire à tiroirs alimente les soupçons sur le rapprochement envisagé par le nouveau locataire de la Maison Blanche avec Vladimir Poutine.

Démission demandée

Sous l'administration Obama, Washington a accusé Moscou d'avoir mené en 2016 une campagne de piratage et de désinformation pour tenter de discréditer Hillary Clinton et aider son adversaire républicain.

Donald Trump a nié à plusieurs reprises toute collusion, bien que l'enquête ait mis en évidence des contacts entre des membres de son équipe et des proches du Kremlin, selon plusieurs médias.

La récusation de Jeff Sessions ne suffira pas à l'opposition. Les chefs démocrates ont appelé à sa démission. Ils ont aussi demandé la nomination d'un procureur indépendant pour conduire des investigations sans influence politique, et faire toute la lumière sur les ingérences russes et d'éventuelles collusions politiques américaines.

Parjure

La révélation des deux rencontres de Jeff Sessions et Sergueï Kisliak, en juillet et septembre dernier, est venue du Washington Post mercredi soir.

Selon le journal, les deux hommes se sont notamment parlé en privé le 8 septembre, dans le bureau du sénateur, alors que la campagne présumée de cyberattaques russes dénoncée par les services de renseignement américains battait son plein. L'autre rencontre a eu lieu en juillet à la Heritage Foundation où se trouvaient une cinquantaine d'ambassadeurs, pendant la Convention républicaine. Les entretiens ont été confirmés par le département de la Justice.

Or M. Sessions avait déclaré devant le Sénat, lors de son audition de confirmation en janvier, qu'il n'avait «pas eu de contacts avec les Russes», ce qui constitue pour les démocrates un mensonge, voire un parjure. Le ministre a expliqué jeudi qu'il avait été pris de court par la question et qu'il aurait dû évoquer les rencontres en cause.

Ses responsabilités actuelles sont au coeur du problème. L'Attorney General supervise en effet le FBI et a un pouvoir déterminant pour décider d'éventuelles poursuites pénales. Dans cette affaire, ce sera désormais Dana Boente, un de ses adjoints, qui aura autorité.

Sur la défensive

Politiquement, ce nouvel épisode place Donald Trump sur la défensive, au moment où il veut engager un train de réformes. Des membres de la majorité n'hésitent plus à demander, comme les démocrates, la nomination d'un procureur indépendant ou «spécial».

C'est un magistrat similaire qui avait été nommé sous la présidence de Bill Clinton pour enquêter sur l'affaire immobilière Whitewater. Après plusieurs années, ces investigations avaient donné naissance à l'affaire Monica Lewinsky et conduit à la mise en accusation du président démocrate par la Chambre des représentants en 1998.

ats

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