Sexe, cocaïne et corruption secouent les municipales en Hongrie

PolitiqueLe Fidesz de Viktor Orbán espère conserver Budapest dimanche, à l’issue d’une campagne électorale d’une brutalité inédite.

Le premier ministre Viktor Orban craint que la capitale ne lui échappe lors des élections de dimanche

Le premier ministre Viktor Orban craint que la capitale ne lui échappe lors des élections de dimanche Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Est-ce le résultat de trois décennies d’une «transition» durant laquelle la question démocratique a été passée par pertes et profits? D’une décennie de national-populisme qui a confisqué le débat public? Une chose est certaine, la Hongrie vit une campagne électorale calamiteuse, où chaque jour qui passe apporte son lot de scandales. C’est par exemple la vidéo qui a fuité dans un média pro-Orbán où l’on voit un représentant local du Parti socialiste (MSZP) du nom de Csaba Lackner qui, le nez dans une poudre blanche – probablement de la cocaïne –, vante le train de vie que permet la corruption locale. C’est encore la sex tape, tournée à son insu, où l’on voit Tamás Wittinghof, le maire de Budaörs, une ville de la banlieue aisée de Budapest, en compagnie d’une prostituée. Tous les habitants de sa commune, qu’il dirige depuis 1990 et où il se représente seul face au Fidesz, ont reçu un courrier dans leur boîte à lettres les invitant à la consulter sur internet.

Zsolt Borka, le maire Fidesz de Györ, la sixième plus grande ville du pays, fait lui aussi les frais de ces pratiques inédites en Hongrie. Vendredi, un blogueur anonyme a révélé une vidéo où on le voit en pleine partie de jambes en l’air sur un yacht dans l’Adriatique avec à son bord drogues et prostituées. Le blogueur décrit aussi le schéma de corruption locale qui permettrait à l’édile de se payer ces frasques, sans preuve à l’appui, mais avec une précision dans les allégations confondante.

Un Watergate hongrois

Mais il y a encore pire. Gergely Karácsony, le candidat de gauche qui est en situation de ravir la Mairie de Budapest au parti au pouvoir, estime avoir été potentiellement victime d’espionnage politique. Dans un enregistrement qui s’est répandu comme une traînée de poudre dans les médias pro-Fidesz, on l’entend prêter des pratiques mafieuses à ses propres partenaires de coalition, les socialistes: «Ils ont menacé ma famille à plusieurs reprises», dit-il. Les services secrets auraient-ils mis sur écoute le candidat ou «sonorisé» les locaux de son parti pour se procurer ces phrases embarrassantes? Si cela était avéré par l’enquête en cours, ce serait un Watergate hongrois, estime le parti écologiste Dialogue, dont il est issu.

«Le Fidesz est terrorisé à l’idée de perdre Budapest», explique Tímea Szabó, coprésidente de Dialogue. Alors tous les coups sont permis. Les locaux de campagne de l’opposition dans le VIIIe arrondissement ont été perquisitionnés par la police. Dans d’autres arrondissements, c’est le personnel de la Municipalité qui est chargé de retirer les affiches des opposants. Des faux candidats ont été lancés par le Fidesz partout où la compétition est serrée, afin de disperser les votes de l’opposition. Et les tabloïds locaux, sous le contrôle total du gouvernement, s’en donnent à cœur joie, en calomniant les adversaires, souvent accusés de harcèlement ou d’agression sexuelle.

Le premier ministre, Viktor Orbán, se tient à bonne distance de ce marigot. Son parti nationaliste et conservateur est assuré de rester – de loin – le premier parti du pays à l’issue de ces élections locales, mais il craint que plusieurs des grandes villes actuellement sous son contrôle ne lui échappent. À commencer par la capitale, Budapest, et ses deux millions d’habitants, qui représentent à eux seuls un cinquième du pays. Les partis d’opposition ligués contre lui en feraient bien leur base arrière pour entreprendre une reconquête du pays. Si d’autres coups bas ne viennent pas hypothéquer leurs chances d’ici là…

Créé: 08.10.2019, 18h58

Articles en relation

En Hongrie, une campagne européenne focalisée sur l'immigration

#EU4YOU Viktor Orban a mis la main sur les médias, qui agitent sans cesse le spectre des migrants. Sa dernière idée: une version hongroise du programme d’allocation familiale polonais «500 +». Plus...

La droite européenne inflige un carton jaune à Viktor Orbán

Hongrie Après les dérapages populistes et antieuropéens de son chef, le Fidesz a été suspendu mercredi par le Parti populaire européen. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.