Passer au contenu principal

FranceLa situation des Roms inquiète le Conseil de l'Europe

L'institution reproche à Paris les évacuations forcées sans relogement.

Des gendarmes français patrouillent dans un camp de Roms dans le 18e arrondissement de Paris après son évacuation, le 3 février 2016.
Des gendarmes français patrouillent dans un camp de Roms dans le 18e arrondissement de Paris après son évacuation, le 3 février 2016.
AFP

Le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe s'inquiète des évacuations forcées de Roms, non assorties de solutions de relogement, et du «climat d'antitsiganisme» qui règnerait en France, dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Dans cette lettre dont l'AFP a eu copie, Nils Muiznieks déplore que sur les 111 évacuations forcées de Roms effectuées en 2015 en France, seules 29 aient donné lieu à des propositions de relogement.

Il constate que ces évacuations forcées «interrompent les parcours scolaires des enfants Roms, compromettent le suivi médical et fragilisent le maintien dans l'emploi». Le commissaire fait également part de son inquiétude devant «le climat d'antitsiganisme qui existe de longue date en France et dans lequel ces opérations sont menées».

6 autres pays concernés

Nils Muiznieks a adressé des courriers similaires à six autres gouvernements européens, ceux de l'Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie, de l'Italie, de la Serbie et de la Suède.

Dans sa réponse, Bernard Cazeneuve souligne que ces expulsions «visent à faire respecter le droit de propriété, mais aussi à protéger les occupants de risques liés à leur santé, à leur sécurité, ou à d'autres périls que peut engendrer l'économie de la misère».

Tout en reconnaissant que dans des «situations d'urgence», les solutions proposées peuvent «relever davantage du court terme», il rappelle que la circulaire qui définit le cadre de ces expulsions prévoit qu'«un diagnostic précède chaque évacuation».

170 hébergements proposés, 80 acceptés

Le ministre de l'Intérieur précise également que lors de l'évacuation début février d'un important campement de Roms installé dans le nord de Paris, «170 hébergements ont été proposés et seuls 80 ont été acceptés».

Deux jours après l'évacuation de ce bidonville parisien qui avait compté jusqu'à 400 occupants, une centaine de Roms qui s'était installée sur un terrain militaire à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) avait à nouveau été expulsée.

Selon un rapport de la Ligue des droits de l'Homme et de l'European Roma Rights Center, plus de 11'000 Roms ont été évacués de leurs campements en France en 2015.

AFP

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.