Six cents élus vont présenter leurs doléances

FranceLe président français lance ce mardi en Normandie un «grand débat» pour tenter de répondre à la colère des «gilets jaunes».

La lettre aux Français adressée par le Chef de l'Etat à ses administrés dans laquelle il annonce «le grand débat».

La lettre aux Français adressée par le Chef de l'Etat à ses administrés dans laquelle il annonce «le grand débat». Image: AFP

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L'enjeu est crucial pour Emmanuel Macron qui compte relancer son quinquennat et reprendre l'initiative après deux mois de crise et d'effondrement dans les sondages. Cette première sortie du chef de l'Etat hors de Paris depuis un mois se déroulera sous haute sécurité, alors que des «gilets jaunes» et des syndicats ont appelé à manifester sur place.

Un arrêté préfectoral a interdit jusqu'à mercredi toute manifestation sur la commune de Grand Bourgtheroulde (ouest) où le président lancera ce débat.

A Rouen, à une trentaine de kilomètres de là, plus de 2500 «gilets jaunes» ont défilé samedi dans les rues du centre-ville, une mobilisation qui a donné lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre et des agressions de journalistes.

A partir de 14 heures, le chef de l'Etat compte écouter pendant plus de deux heures les maires de plusieurs villes de la région venus exposer les doléances de leurs administrés. 600 élus sont conviés au lancement de ce grand débat.

Mardi, ce bourg normand de 3500 habitants qu'aucun transport en commun ne dessert, sera la première étape d'un tour de France qui le conduira à écouter les maires de toutes les régions françaises, lors d'une dizaine de rencontres du même type.

Ira-t-il discuter avec des habitants lors d'un de ces bains de foule qu'il affectionne ? Tout dépendra de l'ambiance, indique l'Elysée.

Depuis qu'il a été violemment pris à partie par des manifestants début décembre au Puy-en-Velay (centre), Emmanuel Macron n'est plus retourné au contact des Français. Seule exception, une visite éclair sur le marché de Noël de Strasbourg (est) le 14 décembre, après l'attentat qui a fait cinq morts.

Ecoute

«Ce n'est pas le moment de se cacher, il faut sortir, les gens ne veulent pas d'un président planqué à l'Elysée», plaide une source gouvernementale.

Maître mot: l'écoute. «La parole sera laissée aux maires» afin qu'ils fassent «remonter les préoccupations de leurs concitoyens», selon l'Elysée.

Emmanuel Macron «nous a dit qu'il n'avait pas l'intention de parler, sauf de manière très ponctuelle. Il est plutôt dans une phase d'écoute», a confirmé Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF), après avoir été reçu lundi à l'Elysée.

Les questions de justice fiscale -plus précisément le rétablissement de l'ISF (impôt sur la fortune), un tabou pour le président-, de pouvoir d'achat des retraités et de mobilité arrivent en tête des préoccupations dans les doléances recueillies.

Risques de l'exercice

Pour ce déplacement, Emmanuel Macron sera accompagné de quatre ministres, dont les deux chargés lundi d'animer le grand débat: Sébastien Lecornu (Collectivités territoriales) et Emmanuelle Wargon (Transition écologique).

L'Elysée veut éviter que le grand débat apparaisse comme un exercice verrouillé par le gouvernement, comme l'en accusent une partie des «gilets jaunes» et de l'opposition. Il n'est donc pas question que le président tranche sur un sujet avant la fin du débat mi-mars.

Plusieurs éditorialistes soulignaient mardi dans la presse française les risques de l'exercice auquel le président va se livrer.

«S'il rate cette étape, les dégâts, pour lui comme pour le pays, seront considérables», s'inquiète Jean-Marcel Bouguereau de la République des Pyrénées. Mais comme beaucoup, Laurent Bodin, de l'Alsace, estime qu'«il est de l'intérêt général que ce débat aboutisse».

Le président aura fort à faire pour convaincre nombre d'habitants persuadés de l'inutilité du grand débat, qu'ils se disent pro-Macron ou en accord avec les «gilets jaunes».

Si près d'un Français sur deux a l'intention de participer au grand débat, seuls 31% pensent qu'il permettra de sortir de la crise des «gilets jaunes», selon un sondage OpinionWay de lundi. (afp/nxp)

Créé: 15.01.2019, 09h37

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