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DistinctionSnowden et le pape favoris pour le Nobel de la paix

Si la liste complète est tenue secrète, certains noms ont été révélés, comme celui d'Edward Snowden qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique des Etats-Unis et celui du pape François actif pour améliorer le sort des pauvres.

Edward Snowden et le pape François ont les faveurs des bookmakers pour le prochain Nobel de la paix.
Edward Snowden et le pape François ont les faveurs des bookmakers pour le prochain Nobel de la paix.
AFP

La saison des prix Nobel débute demain, lundi 6 octobre. L'Américain Edward Snowden, le pape François et la Pakistanaise Malala Yousafzai sont les noms avancés pour le Nobel de la paix, qui sera remis vendredi. Pour celui de littérature, les jeux restent ouverts comme souvent.

Pour la paix, des candidatures en nombre record, 278, ont été reçues. Si la liste complète est tenue secrète, certains noms ont été révélés par ceux qui les ont proposés, comme celui d'Edward Snowden, l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique menée par les Etats-Unis à travers le monde.

Kristian Berg Harpviken, directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), est l'un des rares experts à se mouiller en publiant une liste de favoris, même s'il n'a jamais deviné le vainqueur. Cette année, il place le pape en première place devant Snowden, dont il reconnaît qu'il serait un lauréat controversé.

Si les cinq membres du comité Nobel se mettaient d'accord sur le nom de ce dissident qui a trouvé refuge en Russie, ils en «souligneraient l'indépendance», estime de son côté Nobeliana.com, le site internet de plusieurs historiens norvégiens.

D'autres n'y croient pas. «Ce serait vraiment courageux», selon Robert Haardh, président de Civil Right Defenders, une ONG suédoise. «Mais si on se réfère au passé, je ne l'imagine pas. C'est trop polémique, et les Scandinaves sont trop attachés aux Etats-Unis.»

Un pape trop frais

Le pape François, qui est en tête des cotes du bookmaker Paddy Power, est également un candidat qui divise.

Certes, d'après Kristian Berg Harpviken, «la profondément injuste distribution mondiale des richesses fait du tort à la paix» et le pape «a tourné l'attention vers le sort des pauvres et le besoin d'une nouvelle logique de développement et de redistribution économiques». Mais d'autres experts imaginent que le comité Nobel ne veut pas recevoir les mêmes reproches qu'avec le choix de Barack Obama en 2009, couronné moins d'une année après son élection.

Des favoris qui étaient déjà cités en 2013 le sont encore cette année, à l'instar de Malala Yousafzai, la jeune militante pakistanaise, ou le médecin Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées dans l'est de la République démocratique du Congo.

Candidats à l'Est

Le Nobel pourrait se tourner aussi vers la Russie, avec par exemple le journal d'opposition Novaya Gazeta (cofondé par Mikhaïl Gorbatchev en 1993 avec de l'argent de son prix Nobel), ou vers le Bélarus, avec le militant des droits de l'Homme Ales Bialiatski.

«Cette année a été marquée par beaucoup de drames. Cela pourrait vouloir dire que la liste (des candidats) sera différente», a tenu à nuancer M. Berg Harpviken à l'agence de presse norvégienne NTB.

Pour lui, le Comité Nobel pourrait chercher à envoyer un message avec un lauréat impliqué dans un des nombreux conflits ou soulèvements de l'année écoulée, dans le monde arabe ou en Ukraine. «Mais cela ne veut pas dire qu'ils en trouveront forcément un».

Murakami pas assez profond

Prédire le vainqueur en littérature est aussi périlleux. Le célèbre romancier japonais Haruki Murakami est encore une fois le favori des parieurs, mais pas des critiques. «Il manque à ses oeuvres ce supplément de profondeur», tranche Elise Karlsson, critique littéraire du quotidien suédois Svenska Dagbladet.

Vu le maigre total de quatre lauréats africains depuis 1901, les noms du Kényan Ngugi wa Thiong'o ou de l'Algérienne Assia Djebar suscitent l'intérêt. Claes Wahlin, d'un autre quotidien suédois Aftonbladet, estime que le romancier somalien Nuruddin Farah, anglophone, est lui aussi dans «le genre de l'Académie suédoise».

Le lauréat doit être annoncé jeudi, sauf si l'Académie ne parvient pas à se mettre d'accord, auquel cas elle repousserait l'annonce d'une semaine.

Un million à la clé

Le bal des Nobel s'ouvre lundi avec la médecine, puis viendront la physique mardi, la chimie mercredi et l'économie le 13 octobre.

Une récompense de 8 millions de couronnes suédoises (un peu plus d'un million de francs) est attachée à chaque prix.

ats

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