«Ce soir-là» raconte les traumas des attentats

Attentats de ParisDiffusée sur France 2, la fiction controversée se concentre sur les survivants des attentats du Bataclan et ceux qui les ont secourus.

La fiction a bien failli ne jamais voir le jour, tant elle a fait débat chez les associations de victimes du terrorisme. (Photo d'illustration)

La fiction a bien failli ne jamais voir le jour, tant elle a fait débat chez les associations de victimes du terrorisme. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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C'est un téléfilm qui aurait pu ne jamais voir le jour, tant il a fait débat : «Ce soir-là et les jours d'après», mercredi soir sur France 2, met en lumière les multiples traumatismes des rescapés des attentats du 13 novembre et de ceux qui les ont secourus, professionnels ou anonymes.

Porté par Sandrine Bonnaire et Simon Abkarian, ce téléfilm programmé en première partie de soirée n'est pas une reconstitution des événements de novembre 2015. D'ailleurs, en 1H30, on ne voit ni le Bataclan, ni les terrasses de restaurants ou le Stade de France, principaux lieux des attentats qui ont fait 131 morts (dont 90 dans la salle de concerts) et des centaines de blessés.

Rencontre décisive

La fiction réalisée par Marion Laine se concentre sur les survivants des attentats et les «primo-intervenants», secouristes ou simples citoyens qui sont venus en aide aux victimes et qui tentent de se reconstruire, malgré bien des difficultés.

«Ce soir-là» commence donc le soir du 13 Novembre. Irène, une directrice de crèche jouée par Sandrine Bonnaire, habite une rue située juste derrière le Bataclan. En sortant de chez elle, elle va tomber sur des personnes qui fuient le bain de sang en cours tout près de là.

En leur administrant les premiers soins et en leur donnant refuge dans son immeuble, elle va faire une rencontre qui va changer sa vie : celle de Karan (Simon Abkarian), un Français d'origine afghane. Ce bel inconnu, héros d'un soir, qu'elle va retrouver grâce aux liens noués avec les survivants, va l'aider à tenter de surmonter les événements et de retrouver le goût de la vie.

Histoire tourmentée

«Ce dont ça parle, c'est de moments révélateurs d'une humanité ou d'une non humanité», et «c'est une histoire d'amour qui est un acte de courage», a expliqué Simon Abkarian, qui a lui même été témoin de l'enfer du terrorisme lorsqu'il vivait au Liban. Autour d'eux, on suit des parcours poignants, dont celui de Samira (Naydra Ayadi), une rescapée battante et éblouissante de courage, qui fait tout pour retrouver l'usage de ses jambes. Et celui nettement plus tourmenté de Céline, la fille d'Irène (Juliette Lamboley), une jeune urgentiste qui a elle aussi vu de très près l'inoubliable, et qui réprime son propre traumatisme jusqu'à en craquer.

Jouer dans un tel téléfilm, «ça va au-delà du travail d'acteur, c'est le coeur qui parle», a témoigné Sandrine Bonnaire, qui s'apprêtait à jouer dans un film sur l'emprise du djihadisme lorsque les terroristes ont frappé la capitale.

Vifs débats

Cette fiction a bien failli ne jamais voir le jour, tant elle a fait débat chez les associations de victimes du terrorisme. Celles-ci n'avaient pas apprécié d'avoir découvert ce projet lors du début du tournage, qui avait démarré fin 2017 en plein Paris, deux ans seulement après la tuerie du Bataclan.

Une pétition contre «Ce soir-là» avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de signatures. Sous la pression des associations, France 2 avait ajourné le projet, le temps de mener des consultations et de faire retomber un peu la pression. La chaîne a pris son temps pour diffuser le téléfilm, terminé dès l'an dernier, arguant (avec les producteurs Caminando et EndemolShine) de sa contribution au travail de mémoire.

Non sans l'avoir au préalable fait visionner à certains rescapés, et mis en place un dispositif revu et corrigé pour l'accompagner : au lieu d'un documentaire initialement envisagé mais qui avait été critiqué par certains rescapés, il sera suivi d'un débat en plateau à 22H40.

Animé par Julian Bugier, il permettra de faire le point sur le douloureux combat des victimes pour se réparer physiquement et psychologiquement. Des efforts qui ont été reconnus par plusieurs associations, mais qui n'ont pas convaincu la principale d'entre elles, Life for Paris, qui juge toujours que ce téléfilm «manque de tact» et que le service public aurait pu s'en passer. (afp/nxp)

Créé: 25.06.2019, 10h47

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