Un square à Bruxelles pour réfléchir à la colonisation

Belgique La capitale belge a inauguré un square Patrice Lumumba, du nom du jeune héros de l'indépendance congolaise assassiné en 1961.

Des centaines de personnes étaient présentes à l'inauguration du square.

Des centaines de personnes étaient présentes à l'inauguration du square. Image: AFP

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Bruxelles a inauguré samedi un square Patrice Lumumba, du nom d'un des héros de l'indépendance de l'ex-Congo belge, assassiné dans des conditions troubles en 1961. Ce geste a été présenté comme «symbolique» pour les Congolais de Belgique, sur fond de réflexion sur les stigmates de la colonisation.

«Écrire notre histoire»

Des centaines de personnes étaient présentes au moment où une plaque bleue portant le nom de Lumumba a été dévoilée. «Aujourd'hui, au coeur de la capitale, Bruxelles, en inaugurant cette place Patrice Lumumba, nous commencons à écrire notre histoire,» a déclaré Philippe Close, bourgmestre (maire) socialiste de Bruxelles.

Dans la capitale, un tel hommage à celui qui fut entre juin et septembre 1960 l'éphémère chef du gouvernement du jeune Congo indépendant (l'actuelle RDC, ex-Zaïre) était réclamé depuis des années par des associations de la diaspora congolaise. Le lieu choisi est situé à côté de l'entrée dans Matongé, le quartier congolais de Bruxelles. L'inauguration a eu lieu en présence de membres de la famille du leader assassiné.

Baptiser un lieu public du nom de Lumumba est inédit en Belgique. Le paysage urbain recèle davantage de statues du roi Léopold II ou d'autres sculptures célébrant les «héros» belges ayant «apporté la civilisation au Congo».

Patriote perçu comme prosoviétique par les Américains et désavoué par les milieux d'affaires belges, Patrice Lumumba fut assassiné le 17 janvier 1961 dans la province du Katanga, avec la complicité présumée de la CIA et du MI6 britannique.

Cinquante-huit ans après l'indépendance

La Belgique a présenté ses «excuses» en 2002, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Louis Michel, qui avait reconnu que «certains membres du gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba».

Une commission d'enquête du Parlement belge a tenté en 2000-2001 d'éclaircir cette zone d'ombre de la relation entre le Congo et son ex-puissance coloniale. Elle avait conclu en novembre 2001 que «certains ministres et autres acteurs» belges portaient une «responsabilité morale» dans cet assassinat.

L'inauguration, organisée 58 ans jour pour jour après la proclamation de l'indépendance du Congo, intervient au moment où la Belgique est traversée de débats sur le récit de son passé colonial avec la vaste transformation du Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren (banlieue de Bruxelles). (ats/nxp)

Créé: 30.06.2018, 17h47

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