Stratégie anti-EI: la coalition se réunit aux USA

SYRIE-IRAKAlors que les combats font rage à Kobané, le gratin militaire de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique se retrouve mardi à Washington.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les djihadistes du groupe Etat islamique ont pris position pour la première fois dans le centre de Kobané lundi 13 octobre, à la veille d'une réunion à Washington des chefs militaires d'une vingtaine des pays de la coalition anti-EI.

De violents combats entre les combattants de l'EI et les forces kurdes ont par ailleurs eu lieu lundi dans les faubourgs nord de Kobané, à moins d'un kilomètre de la frontière entre la Syrie et la Turquie.

Washington, leader de la coalition anti-EI, fait pression sur Ankara pour que la Turquie ouvre aux avions américains des bases aériennes depuis lesquelles ils pourraient mener des raids en Syrie et en Irak.

Le point en images avec cette vidéo d'Euronews:

Grande offensive sur cette région kurde de la Syrie

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les djihadistes ont pu s'emparer lundi du centre culturel de Kobané et s'installer pour la première fois dans le centre de cette localité qu'ils convoitent depuis le lancement le 16 septembre de leur grande offensive sur cette région kurde de la Syrie.

«Auparavant, ils venaient de l'est, avançaient puis reculaient mais cette fois ils se sont bien installés (au centre). Ils contrôlent désormais la moitié de la localité», a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Trois explosions déclenchées par des kamikazes

Dans la troisième ville kurde de Syrie, la journée a par ailleurs été marquée par trois explosions à la voiture piégée déclenchées par des kamikazes de l'EI, selon l'OSDH, qui n'était pas en mesure de fournir un bilan des victimes.

Deux de ces explosions ont eu lieu au nord de Kobané dans une zone où un journaliste de l'AFP présent à la frontière turque a pu constater que les djihadistes avaient lancé une offensive.

Ce secteur du poste-frontière de Mursitpinar est emprunté quotidiennement par des civils fuyant les combats et par des combattants kurdes évacués pour être soignés dans les hôpitaux de Suruç en Turquie.

«Ils pourront commencer leur massacre»

C'est devenu «un objectif stratégique» pour les djihadistes, a indiqué à l'AFP Feyza Abdi, élue au conseil municipal de Kobané et réfugiée en Turquie, selon qui l'EI cerne «déjà la ville de trois côtés différents».

«S'ils réussissent à prendre le contrôle de cette zone, ils fermeront tous les accès et pourront commencer leur massacre» à Kobané (Aïn al-Arab en arabe).

Si l'EI a pu installer une position au centre de la ville, une semaine après être entré à Kobané et trois jours après avoir délogé les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) de leur QG, ces derniers ont mené une contre-offensive dans le sud de Kobané et repris deux positions des djihadistes, selon l'OSDH.

La coalition fait le point à Washington

Près de trois mois après le déclenchement de la campagne aérienne contre l'EI en Irak et près de trois semaines après le début des raids visant les djihadistes en Syrie, les chefs militaires de 21 pays de la coalition vont faire le point mardi à Washington sur leur campagne.

Elle rassemblera notamment des représentants de tous les partenaires européens de la coalition ainsi que des cinq pays arabes --Bahreïn, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis-- qui jouent un rôle actif dans les frappes aériennes en Syrie.

Confusion entre Turquie et États-Unis

Des déclarations contradictoires de Washington et Ankara sur un accord concernant l'utilisation de bases aériennes turques par les avions américains pour effectuer des raids contre l'EI ont semé une certaine confusion.

Alors qu'un responsable américain indiquait dimanche que les Etats-Unis pourraient utiliser la grande base d'Incirlik (sud), où 1500 Américains sont stationnés, une source gouvernementale à Ankara a affirmé lundi qu'un tel accord n'avait pas été signé.

Les médias occidentaux - ici Euronews - affirment pourtant que l'accord est entré en vigueur.

Ankara refuse de se joindre à la coalition

Actuellement, les avions américains employés pour les bombardements contre l'EI décollent des bases aériennes, plus éloignées, d'Al-Dhafra aux Emirats arabes unis, d'Ali al-Salem au Koweït et d'Al-Udeid au Qatar.

Cette confusion illustre les relations difficiles entre la Turquie et les Etats-Unis, deux pays de l'Otan, sur le dossier syrien.

Ankara refuse pour l'instant de se joindre à la coalition militaire internationale au motif que les frappes aériennes dirigées contre les djihadistes pourraient renforcer par ricochet le camp du président syrien Bachar al-Assad, la bête noire de ses dirigeants islamo-conservateurs.

La création d'une zone-tampon, condition clé

Les autorités turques ont posé comme conditions préalables à leur participation la création d'une zone-tampon et d'une zone d'interdiction aérienne dans le nord de la Syrie, l'entraînement et l'armement des rebelles de l'opposition syrienne modérée et la réaffirmation de l'objectif de renverser l'actuel régime de Damas.

Les Kurdes ont dénoncé ces derniers jours la passivité turque face à la situation à Kobané, et des émeutes pro-Kurdes ont fait une trentaine de morts en Turquie.

En Irak, les Etats-Unis sont préoccupés par la situation dans la province occidentale d'Al Anbar, à majorité sunnite, qui risque de passer sous contrôle total de l'EI après une série de revers des forces irakiennes.

A Bagdad, au moins 22 personnes ont trouvé la mort dans trois attentats à la bombe qui ont eu lieu en moins d'une heure lundi dans des quartiers chiites. (afp/nxp)

Créé: 13.10.2014, 22h07

Dossiers

Galerie photo

La progression du groupe Etat islamique

La progression du groupe Etat islamique La fulgurante progression des djihadistes sunnites du groupe Etat islamique (EI) met en péril la sécurité de toute la région.

Galerie photo

Les musulmans se mobilisent pour dénoncer l'Etat islamique

Les musulmans se mobilisent pour dénoncer l'Etat islamique De jeunes Britanniques ont lancé le hashtag #NotInMyName (pas en mon nom) pour contrer la propagande des djihadistes. Un message relayé à Genève par le fondateur du collectif Jasmin.

Articles en relation

Violents combats à la frontière turque près de Kobané

Syrie Les forces armées kurdes ont repris deux postes stratégiques aux djihadistes de l'Etat islamique. L'offensive a fait des morts chez les extrémistes. Plus...

40 morts dans une triple attaque suicide de l'EI

Irak Les victimes sont des anciens peshmergas venus se réengager pour combattre l'EI. Quant aux kamikazes de l'Etat islamique, il s'agit d'un Allemand, d'un Saoudien et un Turc. Plus...

Les Britanniques forment les combattants kurdes en Irak

Etat islamique Selon la presse irakienne, une douzaine de militaires britanniques ont été envoyés dans la ville d'Erbil. Une porte-parole du MoD a souligné que les soldats britanniques ne menaient pas sur place d'opérations de combat. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.