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La Suisse a tout à gagner d'une Europe «plus forte»

Les politiciens suisses réagissent ce lundi à la victoire de Macron, et à ses conséquences sur les relations entre la Suisse et l'UE.

Selon Didier Burkhalter, «le signal européen» délivré par M. Macron est un fait «très important». (Lundi 8 mai 2017)
Selon Didier Burkhalter, «le signal européen» délivré par M. Macron est un fait «très important». (Lundi 8 mai 2017)
Archives, Keystone

L'accession d'Emmanuel Macron aux plus hautes fonctions de l'Etat français est vue d'un bon oeil en Suisse. Son envie de «plus d'Europe» devrait doper le tandem franco-allemand. Et faciliter a priori les tractations entre Berne et Bruxelles.

«Signal européen »

Les relations avec Paris «se sont intensifiées ces dernières années», a relevé lundi Didier Burkhalter sur la RTS. A Berne, «on entend poursuivre sur cette voie», notamment en matière de relations transfrontalières.

Et le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de citer la signature fin mars à Paris de l'accord sur l'aéroport de Bâle-Mulhouse, un élément «de développement important pour toute la région, autant du côté français, suisse mais aussi allemand».

Mais si l'accord a été signé, il faut encore le «concrétiser dans les faits», tempère le patron de la diplomatie suisse, pour qui «le signal européen» délivré par M. Macron est un fait «très important».

«Pour la stabilité et la paix en Europe, la contribution franco-allemande reste primodiale». Côté suisse, «notre contribution reste la voie des bilatérales qui permet la stabilité avec l'Union européenne. Je pense que l'on pourra travailler avec le nouveau président dans ce sens», dans l'attente de la nomination du nouveau gouvernement, qui «sera suivie avec beaucoup d'intérêt» à Berne.

Plus de souplesse

Pour le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE), «une Europe plus forte pourrait faire davantage de concessions sur les piliers de l'UE - dont fait partie la libre circulation des personnes - et donner lieu à plus de souplesse dans les relations avec la Suisse».

Même constat pour Claude Béglé (PDC/VD), qui espère la «fin du mur» qui se présente aux autorités suisses sur la question européenne. «On aura peut-être en face de nous des gens qui comprendont qu'il est nécessaire d'accomoder les principes fondamentaux à la réalité particulière des pays», sous-entendu la Suisse, estime le député.

Visite d'Etat souhaitée

Avec l'arrivée de M. Macron, «l'UE va presser sur la pédale d'accélération», prédit de son côté Gilbert Casasus, professeur d'études européennes à l'Université de Fribourg, interrogé par l'ats. Pour lui, cette nouvelle donne devrait avoir un effet positif pour toute l'Europe mais aussi pour la Suisse.

Il souhaite qu'Emmanuel Macron effectue rapidement une visite d'Etat à Berne afin de «soigner les bonnes relations» entre les deux pays.

Moins d'enthousiasme en revanche chez Roland Rino Büchel (UDC/SG), qui préside la commission de politique extérieure du Conseil national. «Je ne suis pas sûr que M. Macron est aussi fort que cela en matière d'expérience et de personnalité», a-t-il confié à la RTS, émettant des doutes sur sa faculté de donner du jour au lendemain davantage de poids à l'UE et dans les relations entre Paris et Berne.

«Gagner le peuple»

«Nous ne cherchons pas des facilitateurs» dans nos démêlés avec l'UE«, a nuancé Didier Burkhalter, car »nous avons déjà des négociations directes avec Bruxelles« et »des discussions directes avec tous les Etats membres«. Il faut privilégier une approche »pragmatique, constructive et ouverte« et »demeurer à l'écoute« sur la question de la libre circulation des personnes.

M. Macron, qui a parcouru la France de long en large et qui a, de ce fait, »entendu la colère et les difficultés des gens«, a été sensibilisé »par la réalité des peuples«. »On ne peut pas construire une Europe qui n'écoute plus les peuples sinon la montée du populisme sera inéluctable«, note encore le Neuchâtelois.

«Ouvert et respectueux»

Johann Schneider-Ammann, qui a côtoyé M. Macron lorsqu'il occupait le poste de ministre de l'Economie (2014-2016) dans le gouvernement de Manuel Valls, se rappelle pour sa part d'un interlocuteur »ouvert et respectueux«.

»Notre système libéral« en matière de marché du travail »l'a particulièrement intéressé«, a affirmé au Blick le patron du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR). Il se dit »convaincu« que les relations entre Berne et Paris »vont à l'avenir encore s'améliorer«, souhaitant plein succès à Emmanuel Macron dans sa »réforme" de la France.

(ats)

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