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Alpes françaisesDes Suisses arrêtés après l'entrée de migrants

Six personnes, dont deux Suisses, ont été placées en garde à vue. On leur reproche d'avoir aidé une trentaine de migrants à passer en France.

Ces personnes auraient «participé activement aux débordements survenus au col de Montgenèvre».
Ces personnes auraient «participé activement aux débordements survenus au col de Montgenèvre».
AFP

Quatre Italiens et deux Suisses ont été interpellés et placés en garde à vue dans les Alpes françaises après avoir pris part, dimanche, à l'entrée en France d'une trentaine de migrants venant d'Italie, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Le parquet de Gap a précisé lundi à l'AFP que «six personnes étaient en garde à vue, deux ressortissants suisses et quatre ressortissants italiens». Selon le parquet, ces personnes sont en garde à vue pour «aide à l'entrée d'étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée».

Une source proche de l'enquête a affirmé à l'AFP que les personnes interpellées «ont participé activement aux débordements survenus au col de Montgenèvre», à la frontière italienne, dimanche, quand une centaine de militants essentiellement français et italiens ont franchi la frontière avec une trentaine de migrants.

Empruntant les pistes de la station de ski de Montgenèvre, militants et migrants se sont brièvement heurtés aux forces de l'ordre avant de rejoindre la ville de Briançon (est) - où se trouve le «Refuge Solidaire», lieu d'accueil associatif pour ces migrants géré par des bénévoles - par la route, encadrés par la gendarmerie.

Col de l'Echelle bloqué

Cette action est intervenue après que des militants d'un groupuscule d'extrême droite, Génération identitaire, eurent bloqué de samedi à dimanche matin le col de l'Échelle, à six kilomètres de la frontière, qu'ils considèrent comme un «point stratégique de passage des clandestins». Ils y avaient matérialisé une «frontière symbolique» avec du grillage de chantier et déployé une banderole à flanc de montagne, relayant le message en anglais «no way» (accès fermé).

Dimanche, le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb a renvoyé dos à dos «ultra droite» et «ultra gauche» pour leurs «actions inacceptables», quelques heures avant l'adoption par les députés français en première lecture d'un projet de loi controversé sur l'immigration.

Le ministre avait annoncé l'envoi de renforts pour faire respecter le contrôle des frontières dans cette région. Dès dimanche, un escadron de gendarmerie mobile est arrivé, rejoint par une demi-compagnie de policiers lundi, soit une centaine d'hommes au total.

Associations mobilisées

«Pour nous, l'enjeu doit rester le respect des droits fondamentaux des migrants, dont les demandeurs d'asile. Et les pratiques des associations comme de la population doivent rester la fraternité, non la violence», a réagi auprès de l'AFP Michel Rousseau, trésorier de l'association Tous Migrants. «Les manifestations, ça nous inquiète. Ça nous fait peur», a confié Mamoud, accueilli au «Refuge Solidaire», entré en France par le col de l'Échelle (1.762 mètres) le 7 avril avec «une dizaine de garçons».

Selon les autorités françaises, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l'Italie en 2016 contre 1.900 en 2017. Entre juillet 2017 et février 2018, près de 3.000 migrants sont passés par le «Refuge»; parmi eux, au moins 1.185 Guinéens (dont 793 se déclarant mineurs) et 481 Ivoiriens (dont 209 se déclarant mineurs).

AFP

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