Valls et Hamon s'opposent sans élever le ton

FranceLe débat entre les deux finalistes de la primaire de gauche a été courtois et technique, loin des piques de ces derniers jours.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les deux finalistes de la primaire socialiste de dimanche, Manuel Valls et Benoît Hamon, ont exposé posément mercredi soir lors d'un débat télévisé leurs profondes divergences, autour du travail ou de la laïcité, à trois mois d'une présidentielle dominée par la droite et l'extrême droite.

Selon les sondages, le vainqueur, quel qu'il soit dimanche à l'issue du second tour, arriverait en queue de peloton au premier tour de l'élection présidentielle, loin derrière la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen et le conservateur François Fillon, mais aussi derrière l'ex-ministre de gauche repositionné au centre Emmanuel Macron et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Avantage Hamon

Pour la primaire, l'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui incarne l'aile droite du PS, part avec un net désavantage face à son ancien ministre de l'Education: cet outsider issu de l'aile gauche du parti, très critique sur sa politique libérale, l'a devancé de cinq points (36% contre 31% des voix) au premier tour de la primaire dimanche dernier. Son avance est confortée par des ralliements.

Entre les deux prétendants le débat a été courtois et technique mercredi soir alors que le ton n'avait cessé de monter ces derniers jours, aggravant la fracture au sein d'un parti qui sort affaibli du mandat de l'impopulaire François Hollande, avec un chômage endémique et un durcissement sécuritaire après une vague d'attentats sans précédent. Les deux hommes, qui se tutoyaient, se sont parlé avec respect, sans attaques personnelles. «Un débat pointu, pas un pugilat», a commenté l'éditorialiste Michaël Darmon.

Révélation de la campagne des primaires devenu favori, Benoît Hamon, 49 ans, a assuré qu'il souhaitait proposer aux Français un «futur désirable» et qu'il fallait que la gauche «tourne le dos à l'ordre ancien, à ces solutions qui ne marchaient pas hier et qui ne marcheront pas demain».

«Pas seulement faire rêver»

Manuel Valls, 54 ans, qui avait déjà appelé les électeurs à choisir entre «la défaite assurée» s'ils désignent son concurrent et «la victoire possible» avec lui, a demandé à «ne pas créer d'illusion». «Il ne s'agit pas seulement de faire rêver, il faut être crédible», a-t-il martelé.

L'ex-Premier ministre, qui met en avant son expérience du pouvoir, a de nouveau critiqué la proposition novatrice de son adversaire d'instaurer à terme un revenu universel de 750 euros, dans lequel il voit «un message de découragement et d'abdication» face au chômage, préférant défendre «la société de travail».

«L'option que je propose ne vend pas du rêve, elle ne vend rien du tout, elle propose de la justice», a répondu Benoît Hamon, qui veut «anticiper la raréfaction du travail» provoquée par la révolution numérique. Il a bénéficié mercredi du soutien d'une dizaine d'économistes français, dont l'influent Thomas Piketty, marqué à gauche, qui ont jugé que le revenu universel «peut être économiquement crédible et socialement audacieux», dans une tribune dans le journal «Le Monde».

La laïcité en question

Si Benoît Hamon a marqué des points sur les questions économiques, il s'est retrouvé sur la défensive sur les questions liées à l'islam et à la laïcité. «La laïcité est utilisée comme un glaive contre nos compatriotes musulmans», a-t-il jugé, estimant que «là où une femme décide librement de porter le foulard islamique (...), elle est libre de le faire et moi je veux lui assurer cette liberté».

«La laïcité n'est pas un glaive mais un bouclier (...), c'est une conviction», a répondu Manuel Valls, pour lequel «il ne peut y avoir le moindre accommodement» avec l'islamisme radical. Leurs différences de vue, qui reflètent deux gauches, l'une «hyperréaliste», l'autre «utopiste» selon la presse, rendent très aléatoire un rassemblement de leurs partisans à l'issue de la primaire, même si les deux candidats se sont engagés à soutenir le vainqueur du scrutin.

Certains socialistes ont déjà fait savoir qu'ils n'excluaient pas de voter pour l'un ou l'autre des candidats partis en cavalier seul à la présidentielle sans passer par la primaire: Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon. (AFP/nxp)

Créé: 25.01.2017, 20h48

Plus de 1,6 million de participants à la primaire de gauche

Le nombre des votants au premier tour de la primaire de gauche dimanche dernier s'est élevé à 1,655 million sur 7208 bureaux. Les deux finalistes, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont recueilli respectivement 36,03% et 31,48% des suffrages.

Articles en relation

Primaire : Valls et Hamon, chacun son style

France Les deux hommes s'affrontent en duel télévisé mercredi avant le second tour de la primaire dimanche. Plus...

Présidentielle: guerre ouverte Hamon-Valls

France Les deux finalistes de la primaire socialiste s'affrontent mercredi soir dans un débat télévisé qui s'annonce musclé. Plus...

Benoît Hamon et Manuel Valls au second tour

Primaire de gauche L'outsider Benoît Hamon et l'ex-Premier-ministre français passent au second tour de la primaire de gauche. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 22 août 2019
(Image: Bénédicte ) Plus...