Des supermarchés belges obligés de donner les invendus

GaspillageEn Belgique, des communes forcent les supermarchés à offrir aux œuvres caritatives les aliments encore consommables.

Dans certaines villes belges, les supermarchés n’ont plus le droit de jeter les surplus avant qu’ils ne soient périmés.

Dans certaines villes belges, les supermarchés n’ont plus le droit de jeter les surplus avant qu’ils ne soient périmés.

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Il a fait fort, Frédéric Daerden. Maire de Herstal, une ville de 40'000 habitants dans la banlieue de Liège, en Belgique, il a réussi à imposer que les supermarchés ne puissent plus jeter les invendus tant qu’ils n’ont pas atteint leur date de péremption. Les magasins alimentaires sont sommés de stocker ces denrées dans de parfaites conditions d’hygiène et de les mettre à disposition des œuvres caritatives. Gracieusement, cela va de soi. Faute de quoi, leur permis d’exploitation ne sera pas renouvelé.

Musclée, l’initiative répond à deux impératifs: lutter contre l’immense gaspillage alimentaire et assurer l’approvisionnement des soupes populaires au moment où la crise économique frappe de plein fouet la Belgique, comme le reste de l’Europe.

D’ailleurs, la démarche fait des émules. Une demi-douzaine de communes belges sont tentées par l’expérience, dont Namur et même Charleroi, la grande ville wallonne.

Un scandale planétaire

Enthousiaste, Frédéric Daerden compte porter sa cause, à terme, devant le Parlement européen, où il détient un siège. C’est qu’en matière de gaspillage, le Vieux-Continent prend le même chemin que les Etats-Unis, où près de la moitié des aliments finissent à la poubelle. Parce que, d’abord, l’industrie alimentaire écarte les produits biscornus ou laids. Les supermarchés, quant à eux, préfèrent avoir des surplus à jeter plutôt que d’être en rupture de stock. Enfin, les ménages ont tendance à jeter les aliments à la date de péremption, qui est fixée bien avant qu’ils ne soient plus consommables.

Exemple typique: les yoghourts. «Il faut encourager toute démarche susceptible de changer les mentalités. Car il y a urgence. Ce gaspillage est un véritable scandale planétaire. Chaque année, on détruit 1,3 milliard de tonnes d’aliments. En Europe, 100 kg par personne partent à la poubelle», dénonce Olivier de Schutter, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation.

«Ce serait une bonne mesure aussi ici, en Suisse. Aujourd’hui, il y a des gens qui cherchent dans les poubelles de quoi faire vivre leur famille», rappelle Ada Marra, conseillère nationale socialiste et présidente de la Fondation Mère Sofia, qui distribue notamment la soupe populaire à Lausanne. «Bien sûr, actuellement, certains commerces contribuent volontairement à une centrale lémanique chargée de redistribuer la nourriture aux œuvres caritatives. Mais les besoins sont énormes. Dans le canton de Vaud, il n’y a pas par exemple de soupe populaire à midi.»

Taxer les surplus

L’écologiste Antonio Hodgers est plus partagé. Pour ce conseiller national genevois, si l’on veut combattre le gaspillage, il faut plutôt taxer les surplus alimentaires des supermarchés. «Nous devons les inciter à acheter moins excessivement, quitte à prendre le risque d’être parfois en rupture de stock, ce que les clients ont du mal à accepter. Il le faudra bien pourtant, car ce gaspillage est une aberration écologique. Tout comme l’exigence d’avoir des fraises en hiver, malgré l’impact très négatif sur l’environnement.»

La mauvaise cible?

De son côté, Stéphane Montangero n’est pas sûr qu’il soit efficace de s’en prendre aux distributeurs. «Des études ont démontré que le gaspillage se produit surtout dans les ménages (45% des aliments jetés) et dans l’industrie agroalimentaire (30%)», note le secrétaire général de la Fourchette verte. «Ce sont les mentalités qu’il faut réussir à changer. Ne plus écarter des denrées juste parce qu’elles n’ont pas la forme parfaite ou l’aspect idéal. Ne plus se débarrasser d’un fruit dont une partie seulement a commencé à brunir. Ne pas jeter un yoghourt en se basant sur la date de péremption affichée, mais l’ouvrir pour vérifier s’il est encore bon. Un énorme travail d’information reste à faire.»

Créé: 05.02.2013, 07h03

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